Chroniques · Culture

le syndrome de la groupie

Quand on va à un concert, généralement, on rencontre un tas de personnes tous unis par un même intérêt pour le chanteur/le groupe. Tout ce monde se retrouve dans une salle bondée/un stade/un festival, et pendant quelques heures, une sorte d’union sacrée lie ces esprits aux existences pourtant complètement indépendantes. On sourit, on crie, on chante, on danse. On applaudit. On rappelle. On a les larmes aux yeux d’émotions mêlées. On porte les couleurs de sa star. On a le coeur qui bat quand ça commence, et des étoiles plein les yeux quand ça finit.

Les matches de foot c’est un peu pareil, sauf que les spectateurs d’un concert n’apportent pas leur vuvuzéla.

Mais à un concert, il y a un type de personnage qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

La groupie.

La groupie est généralement une fille, plus encline au déploiement d’hormones provoqué par l’apparition de son idole sur scène. Non que les mecs ne soient pas capables d’être groupies, mais dans un autre style

fan-johnny (comment ça ya aussi une fille sur la photo ? oussa ?)

La groupie se rend donc au concert de son idole, grâce à de la menue monnaie économisée au fil des mois en prévision dudit concert. Les places achetées par la groupie ne sont pas forcément les plus chères: en effet, la groupie est toujours en pelouse/fosse. Car la groupie n’a qu’un rêve: toucher du doigt la star de ses rêves.

Ayant un ‘placement libre’, la groupie est donc capable de camper devant la salle de concert/le stade pour avoir les meilleures places: juste devant la scène. Elle peut, du haut de son mètre 56 et ses 50 kilos, se laisser écraser par une foule en délire durant de longues heures, dans l’espoir secret d’apercevoir un cheveux blanc de l’être adulé. Une résistance à des situations extrêmes, donc.

Le concert commence. Aux premières notes de guitare (NDLA: c’est un concert de rock, mais on peut adapter ça à la groupie d’André Rieu qui frissonnera aux premières notes de violon), elle se met à hurler: Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii et serre très fort la main de sa copine.

Car la groupie est une hiiiiiiiiii girl. Et les Hiiiiii Girl se promènent toujours en groupe.

Au fur et à mesure du concert, la groupie passera par des états seconds. Des larmes aux cris, elles connait toutes les paroles par coeur (même des morceaux sortis avant sa naissance). Ou du moins, elle fait super bien le playback. Ballotée entre deux pogos, la groupie s’accrochera coûte que coûte à sa barrière, et résistera à l’écrasement des 20 000 spectateurs dans son dos. Tant pis si tout le monde voit ses seins. Tant pis si une quinzaine d’autres groupies moins chanceuses passent la barrière de sécurité, emportées par les vigiles suite à un malaise.

La groupie est imperturbable. Noyée de bonheur, son visage exprime un plaisir si profond qu’elle en jouirait presque… voire pour de bon, lorsqu’après un rappel où la groupie s’est esquinté les mains et la voix, la star entonne les premières notes de son morceau préféré.

groupie-muse

S’affiche alors sur le visage de la groupie un air de béatitude totale. Comblée, des larmes coulent sans qu’elle y prenne garde, toute absorbée dans le bonheur pur de voir son héros là, à quelques mètres. Il chante pour elle…

Elle peut enfin mourir tranquille. Seule dans sa tête, la groupie a touché du doigt la quasi perfection.

Ce post est dédicacé à la groupie sans nom qui nous a montré ses seins tout le long du concert de Muse. A sa copine qui essayait de prendre des photos. A Playmobil, qui n’a pas cillé. Et au nuage de Fée Lait.
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