Voyages

joyeux anniversaire TGV

Cette année le TGV fête ses 30 ans. A cette occasion quelques blogueuses organisent un concours pour gagner des billets de train. Forcément avec mes 150€ en moyenne de TGV par mois (ne fais pas le calcul annuel, tu vas te faire du mal…), tu penses bien que je me suis jetée sur le truc.

(et non ce post n’est pas sponsorisé du tout, en fait vu que je file par an à la SNCF ils devraient me payer pour parler d’eux !! :))

Mlle Gima nous demande de raconter une histoire avec le TGV. Le truc, c’est que je retourne le sujet dans tous les sens et je suis incapable de sortir UNE histoire. Il suffit de chercher TGV sur mon blog et de voir les kilomètres d’articles que j’ai pu écrire à ce sujet. Le TGV et moi, c’est un peu une histoire d’amour. Une histoire qui dure depuis presque 10 ans, avec une relation toute particulière à cette ligne Paris – Aix en Provence

carte 12-25 et iPod. mon nécessaire à voyage

Pour beaucoup, le TGV est synonyme de vacances. Ca n’est pas vraiment mon cas. Pour ma première rencontre avec le TGV j’étais bien jeune, et c’était pour un voyage à Paris avec ma mère, pour rendre visite à ma famille. A l’époque c’était un  train orange, et le Marseille – Paris durait bien plus que 3 heures. C’était malgré tout un beau changement par rapport au Corail (enfin je sais pas si ça s’appelait comme ça à l’époque).

Et puis j’ai grandi. Et à vrai dire le train était un moyen de transport que j’utilisais rarement, jusqu’à cet été de mes 15 ans, où j’ai rencontré mon premier amour. A 15 ans, on est jeune et innocent et surtout on tombe amoureux comme un rien, avec une préférence pour les histoires d’amour compliquées. Ma complication à moi, c’était un Aix en Provence – Paris une fois par mois, chacun son tour, histoire de combler avec de vrais baisers les heures passées au téléphone. Pendant deux ans le TGV est devenu mon lien avec lui, mon lien avec Paris (cette ville que je découvrais), mon lien avec « la vie » (oui à 16 ans on est très romantique, voire limite stupide…). Avec ce truc qui te serre le ventre quand tu arrives sur le quai, et les larmes aux yeux quand tu repars.

le jour où j’ai découvert qu’il pouvait faire beau à Paris

A 18 ans, Paris c’était comme un objectif. Plus à cause de l’amour devenu ex entre temps, mais pour tout ce que ça représentait. Le TGV est resté mon lien avec la capitale, pour de bref séjours chez des amis à base de gay pride, soirées, musées, et ballades interminables sur les quais.

20 ans. Je viens de passer mes épreuves d’école de commerce, et je pars faire le tour de France pour les oraux. Le TGV est un peu ma deuxième maison, entre cette nuit où on dort mal et on où décolle si tôt le lendemain, ces kilomètres parcourus à travers la France, d’Est en Ouest, vers Toulouse et Bordeaux, et puis du Sud au Nord, direction Lille, sous un orage comme j’en ai rarement vu. Là encore, le TGV est ma ligne directrice, mon point d’attache: je n’ai pas postulé à des écoles trop loin, et Lille, malgré sa situation géographique peu enviable pour la Sudiste que je suis n’est plus qu’à 4 heures de chez moi.

Ce sera Marseille, finalement. Et deux ans après, alors que je cherche un stage, je ne réfléchis pas: direction Paris. Le TGV, ce Paris – Aix en Provence toujours blindé, hors de prix, deviendra mon lien avec le Sud. Mon lien avec mes origines. Mon lien avec chez moi. Trois heures vingt pour rejoindre le Sud, mon Sud, ce trajet je le connais par coeur. Et l’arrivée à la gare, les portes qui s’ouvrent sur la Sainte Victoire, l’odeur du sol humide et des herbes emplit mes narines; ou à Marseille avec vue sur Notre Dame de la Garde et la mer… Ce bonheur de se retrouver chez soi.

elle est pas belle la vue depuis la Gare saint Charles ?

Depuis deux ans se sont ajoutées d’autres destinations pour suivre le Garçon. L’Alsace, la Savoie, car quand on est deux provinciaux, on en a des endroits où aller voir la famille.

Et parmi tous ces aller retours, des rencontres, des anecdotes, des retards, des grèves, des trains bondés, des bébés qui pleurent, des gens qui fument (oui il y a une 10 aine d’années on pouvait encore fumer en 1ere), des contrôleurs adorables, des chefs de trains qui font des blagues, des poinçons en forme de coeur, des gens célèbres, des vielles dames avec un iPhone, des jeunes cons, des familles, des solitaires, des polis et des gros cons, beaucoup de livres, de séries, de devoirs, un mémoire, des disputes, des demi sommeils, des réveils matinaux et des arrivées tardives, des conditions météo plus ou moins favorables, des arc en ciels, et surtout des milliers de vaches qui regardent passer les trains.

Alors non, je suis incapable de raconter UNE histoire. Juste l’histoire de morceaux de vie. De kilomètres emmagasinés, de trajets qu’on découvre ou qu’on connait par coeur. A trois cents kilomètres/heure, sur ces roues de TGV…

Ceci était donc ma contribution au concours de Mlle Gima et ses copines. Si vous voulez participer c’est sur son blog, ou peut être que vous pouvez juste me raconter vos histoires de TGV… ?

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5 Comments

  1. pour moi c’est pareil, le train c’est plein de belles histoires, de tranches de quotidien, de super, de moins bon, du plus euphorique au plus triste… la magie des transports en commun 🙂

  2. Waouh, en lisant ton article j’avais l’impression que c’était moi! Pareil, moi depuis l’âge d’environ 18 ans (j’en ai 25) je voyage à peu près toutes les semaines en train, ce sont des centaines d’heures, des milliers d’euros (et encore aucun geste commercial pour reconnaitre ma fidélité), des boulots et un chéri à retrouver, des weekends chez les parents et les beaux-parents. Et comme toi, je ne sais combien de nuits à mal dormir par peur de rater le train tôt le matin, des demi-sommeils dans le train avec des voisins qui te regardent (et je ne parle pas des bébés qui pleurent, des hommes d’affaire qui conduisent leurs réunions en 2e classe et des pimbêches qui racontent d’une voix stridente leur life dans leur Iphone. Ah la la, TGV quand tu nous tiens. Et le pire, c’est de sursauter chaque fois que tu entends le dum dum daaaaaaa da de la SNCF.

  3. Et les pannes, ceux qui se jettent sous la rame le jour où t’as un entretien crucial, le vieux qui a pris ta place mais ne veut pas en bouger car il n’y en a pas d’autre.

    Joli billet, le voyage est souvent aussi important que la destination et le TGV est un moyen de transport bien sympa.

    Sinon, la nuque blonde sur la première photo, rassure-moi, c’est pas ton premier amour ?
    (Jean Pierre François, c’est toi ?)

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