2/12/1992 – 16/10/2011

Au moment où j’écris ce post, elle est allongée, enroulée dans une couverture, la tête posée sur un oreiller. Mon frère m’a prévenue cet après midi, elle refuse de boire ou manger, elle ne tient plus debout. C’est la fin, et même si ça fait plusieurs jours, même si on l’a vu venir, même si elle a atteint un âge très vénérable, ça fait comme une boule dans mon ventre lorsque je réalise que ça y est, c’est la fin.

Alors on est rentrés. Elle tremblait, les yeux mi-clos, la respiration difficile. Au fond, on espère tous qu’elle ne passe pas la nuit, qu’elle « s’endorme dans son sommeil », comme dirait ma mère, qu’elle cesse de souffrir.

Elle, c’est Indie, Didou, Didie, Doudou, Chien, Canin, Dou, et tous ces noms qu’on a pu lui donner depuis qu’on est petits. Elle c’est ma peluche, un cadeau d’anniversaire pour mes 8 ans, après la mort tragique d’Amande, un Sacré de Birmanie de 6 mois passé sous une voiture, après mes larmes de petite fille à mes parents « Maman, pourquoi on n’a plus d’animal, c’est triste… ». Elle, c’est mon chien, un caniche abricot, une boule de poils qui a grandit avec nous, nous a suivi jusque dans nos vacances dans tous les coins de France, a couru des marathons avec mon père, fait des kilomètres à vélo dans les Landes, passé des sommets à 3000m, grimpé la Sainte Victoire à moitié accrochée sur un sac à dos, traversé la Corse de long en large, la Provence dans ses chemins les plus reculés, les Alpes, les Pyrénées, l’Alsace. Elle, c’était mon nounours, mon doudou lorsque j’étais triste, à mettre mon nez dans ses poils pour me rassurer, celle à qui j’ai raconté mes histoires de petite fille, puis d’ado. Elle ne savait pas rapporter la balle mais faisait un chien de cirque merveilleux, un compagnon de jeu tout fou, une bête fidèle qui nous aurait suivi n’importe où.

En Décembre, ma chienne aurait eu 19 ans. Demain matin, si elle est encore avec nous, ma mère l’amènera chez le vétérinaire pour l’aider à s’en aller.

J’ai beau me dire que 19 ans c’est un âge vénérable pour un petit chien, qu’elle était malade et plus du tout en forme depuis des mois, ce soir, je suis triste de devoir lui dire au revoir. Triste et heureuse en même temps, car j’ai la chance d’être rentrée chez moi ce week end et de la voir, car elle aura vécu une longue et belle vie, car elle nous laissera des tonnes de souvenirs. Car au travers de toutes ces années avec nous, elle nous aura rendus heureux.

Ce soir, je voudrais dire au revoir à cette petite chienne aux poils fous qui aura partagé 17 ans de notre vie et fait partie de la famille. Et même s’il y a des choses bien plus importantes et bien plus graves, et même si ça peut choquer certains qu’on pleure la perte d’un animal, j’avais envie de me souvenir, le temps de quelques mots, ce qu’elle a été pour nous. Avant de la laisser partir. Avant de retourner à ma vie…

Au revoir Indie.

– Edit –

Indie nous a quitté vers 23h30 ce dimanche 16 octobre. Elle n’aura pas attendu le lendemain, et c’est sûrement mieux ainsi. Je suis triste, mais soulagée qu’elle n’ait pas tenu la nuit, qu’elle soit morte dans les bras de ma mère, et pas dans la salle aseptisée d’un véto.

Voilà, c’est fini…

12 Comments

  1. Je t’envoie du courage, et quelques caresses à ta chienne. Je crois que je te comprends, que j’ai déjà vécu ça. Et je sais aussi que cela peut être dur à vivre, malgré que beaucoup pensent que cela n’est « qu’un chien ».

    Bon courage.

  2. Je sais comme c’est dur la perte d’un animal… et tu as mon soutien dans cette épreuve.

    Me dire que mes chiens et mon chat ne sont pas éternels me remplit d’angoisse. L’idée que quelqu’un puisse leur faire du mal, ou que la maladie vienne les prendre sournoisement me donne une boule aux ventre. Qu’on soit préparé ou non, c’est toujours la même angoisse.

    Ces petits êtres si fidèles, dévoués, câlins, qui donnent leur amour inconditionnel, on ne peut que les aimer de tout notre cœur en retour.

    Ils sont toujours là quand on a besoin d’eux. Dans les moments difficiles comme les moments heureux… J’espère pouvoir leur procurer le même bonheur qu’ils me procurent.

    Ces mots ne vont surement pas t’apporter du réconfort, mais sache que je partage ta peine.

    Courage.

  3. J’ai les larmes aux yeux. Et ton edit en a fait couler quelques unes…
    Je sais que, malheureusement, les mots ne servent à rien dans ce genre de situation. Mais malgré tout (et même si on ne se connait pas) je t’envoie via ce message plein de tendresse et de courage.
    J’espère de tout coeur qu’il y a beaucoup d’os et que les croquettes sont bonnes au paradis des chiens.

    Bisous

  4. moooow ma pauvre petite Lane 🙁 C’est très très triste 🙁
    Pour avoir connu cette situation, où j’avais appris une nouvelle similaire alors que j’étais au boulot (pas facile au milieu des ordis et des collègues… ) je partage ta tristesse et t’embrasse fort…

  5. Elle t’a suivie une bonne partie de ta vie, normal que tu sois attristée de sa disparition. En tout cas, c’est une bonne chose qu’elle soit partie paisiblement, entourée des gens qui l’aimait.

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