Intime & Réflexions

des milliers d’étoiles

Je me considère comme une fille chanceuse. Je veux dire, globalement, dans ma vie, je n’ai jamais été confrontée à des situations graves, je suis née et j’ai grandi dans une famille aimante, avec des parents qui m’ont entourée et soutenue, qui m’ont donné une certaine qualité de vie et qui m’ont permis de faire de bonnes études. Je n’ai jamais eu de problèmes d’argent, je gagne plutôt bien ma vie, j’ai un job intéressant. Je n’ai pas non plus eu de problème de santé graves, pas de maladie incurable, d’os cassés, ou d’accident. J’ai vécu de belles histoires, j’ai aimé, j’ai été aimée, et si ça n’a pas toujours marché mes histoires se sont en général pas trop mal finies.

Et puis il y a ces autres trucs, ces petites choses « en plus » qui font que j’estime avoir une bonne étoile. J’ai parfois fait des choix qui auraient pu être des grosses erreurs, mener à des situations pourries, ou me mettre en danger. Il ne m’est jamais rien arrivé. Les choses ont pour la plupart du temps tourné en ma faveur, même si ça n’était pas gagné au départ, même si ça n’était pas un choix – par exemple, je suis arrivée en école de commerce par hasard, partie pour faire Science po, je n’ai pas été prises en prépa BL (hypokhâgne pour les S) et j’ai atterri en prépa ECS. Au final, je me suis éclatée dans mes études, et j’ai (encore une fois) eu la chance de trouver ma « voie » en faisant mon stage dans un boite de comm’ web.

Des histoires comme ça, de mauvaises décisions, de chemins que j’ai pris un peu par hasard et qui m’ont mené à quelque chose de bien, j’en aurais des tas à raconter. Comme le disait Camille dans ses mondes paralèlles, il y a toujours cette idée de « et si ». Oui, je pense que j’aurais été heureuse dans un autre domaine professionnel, j’aurais aussi trouvé quelque chose qui me plait si j’avais fait d’autres études, qui sait. C’est là que je me dis que finalement, la « chance » est aussi une question d’attitude vis à vis de ce qui nous arrive. Les choses nous tombent parfois dessus sans qu’on s’y attende, mais on peut provoquer les occasions – ou du moins les prendre, transformer ces imprévus, ces hasards et ces non choix en quelque chose de positif.

J’avais envie de rebondir sur l’article d’Anne So à ce sujet, car il y a cette phrase qui m’a complètement parlé: « je me suis rendue compte également que je percevais tout ce qui arrivait comme une opportunité ». Voilà.

Si je suis aujourd’hui à Montréal, avec cette vie, ce job, c’est suite à un événement malheureux – ma séparation avec l’ExGarçon. Si j’ai fait ces études qui m’ont menée à bosser dans la comm, c’est qu’à un moment j’ai choisi de continuer sur la voie où j’étais arrivée « par hasard », même si c’était dur, même si je me demandais vraiment ce que je faisais là. Comme tout le monde, j’ai eu mes moments de bas, des moments de doutes, des moments où j’en ai pris plein la figure, où j’ai perdu pied. A chaque fois, j’ai essayé de voir ces épreuves comme quelque chose dont je suis sortie grandie, dont j’ai tiré une expérience qui me permettra de mieux avancer la prochaine fois, et qui m’auront permis de mieux me connaitre aussi.

C’est pas toujours si facile à faire, c’est vrai. On a beau se croire protégé parce que « on en a chié » et qu’on pense savoir à quoi s’attendre, être capable de garder le contrôle, la vérité c’est qu’on peut jamais prévoir ce qui va nous tomber dessus. Et puis parfois on a beau essayer de voir le bon côté, ce qui se passe est bien trop huge pour réussir à le surmonter. Laisser la porte ouverte aux opportunités que nous offre la vie, c’est aussi être plus vulnérable – car prendre les occasions qui se présentent, se laisser emporter par la force des choses, c’est aussi prendre des risques, le risque de l’inconnu (on sait ce qu’on perd, jamais ce qu’on gagne), le risque de tomber de plus haut encore parce qu’on se sera lancé à fond dans quelque chose sans trop savoir où ça mènera, et que ça mène parfois nulle part. Au final, même lorsque la chute est rude, je garde toujours l’idée que j’aurais essayé, et que j’aurais vécu les choses pour de bon – comme un grand bain vivifiant, pas un trempage d’orteil prudent qui nous empêche de ressentir.

La vie promet de si belles surprises – que ce soit pour le plus grand bonheur ou pour une douleur profonde, tout ça nous fait nous sentir vivant je crois, et mieux apprécier les moments de répit – parce qu’on a beau vouloir vivre à fond, ça fait aussi parfois du bien de se poser, de savoir où va, pourquoi on est là.

Je suis une optimiste chronique, parce que je refuse d’avoir des regrets, je refuse la fatalité, je suis persuadée qu’on peut tous aboutir un projet si on s’en donne les moyens. Je préfère voir le verre à moitié plein parce qu’à se lamenter sur ce qui déconne, on avance pas. Je crois en mes rêves, et surtout j’essaye de ne pas avoir trop d’attentes, pour ne pas être trop déçue.

Peut être qu’un jour je regarderai derrière moi et je me dirai que j’ai merdé, que j’aurais dû appréhender les choses autrement. Peut être que c’est plus facile aussi de voir the bright side of life lorsqu’on a une base déjà établie – pas de vrais problèmes d’argent, de santé, un toit au dessus de sa tête, ça aide. Mais je vois des gens qui ont tout ça et qui se morfondent qu’ils sont malheureux, et des gens qui n’ont rien et qui se félicitent de chaque petit bonheur de la vie. Alors oui, je crois que la chance (ou la malchance) se provoque, un peu. Qu’il faut entretenir et nourrir notre bonne étoile pour qu’elle continue à veiller sur nous.


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6 Comments

  1. Amen !
    Totalement d’accord avec l’idée générale : toujours voir le côté positif dans toute situation.
    P.S : j’aime beaucoup l’image du début avec le verre 😉

  2. Sur le fond je suis absolument d’accord. Par contre perso, des grosses claques, j’en ai pris un paquet, j’aurais pu mal tourner, revoir mes ambitions à la baisse… et non. J’ai toujours encaissé, relevé, et avancé. J’ai un projet (tout le temps, c’est la vie les projets), peu importe ce qu’on me dit, j’y vais et je m’en donne les moyens. Mais quelques fois, y’a des choses fatigantes, une poisse que t’as pas cherché et sur laquelle tu n’as aucune prise (genre mon second mois sans revenu suite à une erreur comptable et un pole emploi un peu débile. Souvent ça tombe quand soudainement les choses te paraissent enfin fluides d’ailleurs 😉 Peut-être que mon étoile me teste, parce que malgré tout, même les choses les plus graves,le reste, rien ne m’a jamais arrêté. (>> Wonderwoman ****).

    Et quand tu parles d’emprunter un chemin plus ou moins par hasard, où tu ne sais pas où ça va te mener, et qui t’ouvre plein d’opportunités ensuite, en partie parce que tu as choisi de continuer, je crois que je comprends tout à fait actuellement 😉

    Mais curieusement, je me considère comme assez chanceuse également, oui. Peut importe la facilité avec laquelle on peut obtenir les choses, si on ne fait rien, on a rien.

    Bises!

  3. Toujours suivre son objectif, même si il est inconscient.
    Le bonheur c’est de croire. Dans ma famille certaines personnes me croient
    pessimiste, car je dis que la vie est difficile pour les trois car des hommes sur le terre,
    ce n’est pas du pessimisme mais une façon de connaître sa chance et de l’utiliser à
    boone ecient et d’essayer de vivre pleinement ses désirs…

  4. Ca fait du bien de lire une bonne dose d’optimisme ! Comme toi j’essaie de voir le meilleur dans la vie et je pense sincèrement que chaque chose négative n’arrive pas par hasard, elles nous font grandir, progresser et nous mettent sur la voie d’un plus grand bonheur !

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