Montréal, Québec · Voyages

expatriée

Ca fait longtemps que je voulais écrire ce post. Non pas pour ternir l’atmosphère, mais pour partager avec vous certaines réalités, car j’ai souvent l’impression de ne vous donner qu’une partie (idéale) de ma vie ici, et d’omettre ce qui n’est pas parfait (et qui est pourtant vrai). Je me rends compte qu’on donne souvent une vision « idyllique » de l’expatriation parce qu’on est bien ici (j’englobe tous les Français qui comme moi se plaisent à Montréal), et aussi parce que c’est chiant de parler des trucs qui fâchent (et que c’est tellement Français de râler quand on peut se concentrer sur the bright side of life). C’est pourtant la réalité.

Alors voilà, je le dis : la vie à Montréal n’est pas toujours aussi douce et facile que je la décris.

Malgré les nombreux reportages qui semblent pulluler sur la télé française pour vous dire que le Québec, c’est le nouvel eldorado; malgré mon expérience pour le moment extrêmement positive; et tous ces Français expatriés qui s’éclatent ici (et bien que tout ça soit en grande partie vrai), je pense sincèrement que non, Montréal n’est pas le paradis, et surtout que la décision de venir ici n’est pas à prendre à la légère. Et si je peux vous parler principalement de mon expérience, je crois que les points qui suivent sont valables pour pas mal d’expatriations, qu’on parte à Montréal, au Québec ou ailleurs dans le monde. J’espère donc – sans refroidir les plus motivés – vous amener à y réfléchir avant de prendre une décision, ou simplement vous aider à partir mieux « armés ».

tiré de l’excellent post d’Odieux Connard sur le Québec

Depuis que je suis à Montréal, je n’arrête pas de répéter à quel point je suis épanouie, que tout est génial, et comment tout se passe bien pour moi.

Pour moi.

C’est ce point là que j’aimerais souligner. Chaque expérience est unique. Tout comme chacun a ses raisons de partir, rester, revenir. Si ça marche pour moi, c’est aussi parce que je suis ici dans de bonnes conditions, et les choses ont plutôt bien tourné. Des opportunités qui se sont présentées. Des gens géniaux que j’ai rencontrés, retrouvés, qui m’ont entourée. Que je gagne bien ma vie. Que j’ai un esprit (plutôt très) optimiste, et une certaine ouverture d’esprit. Et que je sais ce que j’ai quitté et pourquoi je l’ai fait, et que je peux revenir. Je sais aussi ce que je trouve ici qui me rend heureuse, et bizarrement, je peux vous dire que c’est en grande partie quelque chose qui était déjà en moi et s’est juste révélé.

On emporte le positif, mais surtout on emporte aussi le négatif. Je sais, c’est une phrase toute faite et bien pensante, mais tellement vraie. Partir pour espérer recommencer à zéro, oublier ses soucis, laisser derrière soi quelque chose qui n’a pas fonctionné, qu’on a pas encore digéré, et espérer que ça passera en s’éloignant, c’est du bullshit. On ne repart jamais de zéro. On emporte avec soi ses doutes, ses expériences, son passé. Penser que tout ira mieux parce qu’on sera « ailleurs », « loin » est une énorme connerie. Ce sera pire. Et ça s’applique où que vous alliez – à moins que le problème ne soit lié directement à l’endroit où vous vivez mais dans ce cas ya peut être pas besoin de traverser l’Atlantique pour régler ça…

Partir doit être un choix, pas une contrainte. Pas une option secondaire. Pas le choix du chéri, de ton employeur, de je ne sais qui qui dira « ah oui c’est trop bien Montréal vas-y!« . Alors oui, ça peut bien se passer malgré tout, mais je vois mal comment on peut se sentir bien ailleurs si on n’a pas décidé soi-même de quitter sa vie – et tout le monde n’est pas prêt à ça.

Montréal, c’est loin. On est vite charmé – et embrouillés – par la sensation de familiarité qui émane de cette ville. C’est vrai qu’on se sent très vite un peu comme chez soi. Ca parle français, et puis c’est PLEIN de Français, partout. Les Québécois comprennent notre second degré, ont vu les mêmes films, mangent du fromage et boivent du vin. On s’y croirait. Sauf que voilà, la vérité, c’est qu’on est outre-Atlantique. La culture, malgré l’influence européenne très importante chez les Québécois, est différente. C’est une bonne chose à mon sens, mais on peut parfois se sentir trop en confiance, et merder. Une chose que d’ailleurs les Québécois reprochent parfois aux Français – se sentir comme chez eux, trop vite, trop facilement, et se permettre des choses qu’ils jugeront déplacées.

Montréal c’est loin. Loin de chez soi. Loin des amis, de la famille. Six heures de décalage horaire, ça a pour conséquence de limiter vachement les échanges. Les coups de fil ou Skype qui bloquent ton week-end. Parce que quand tu sors du bureau à 17h30 (si tu es chanceux), il est déjà 23h30 à Paris. Que tu peux pas prendre ton cell pour passer un coucou rapide à ta copine quand t’as pas le moral, parce que ça coûte un bras.

  

Depuis neuf mois, je vis avec deux fuseaux horaires. Je sais, je pourrais complètement lâcher la France, mais j’y arrive pas. Je vis avec toujours un bout de moi là bas, ou plutôt, avec mes amis. Les quelques personnes qui supportent bien la distance – avec qui je réussis à entretenir une relation à base de iMessages, What’sapp, Skype et Free(box ou mobile) (tiens d’ailleurs vous saviez que les appels depuis les Box sont illimités au Canada vers fixes ET mobiles ?). Les amis qui savent que même si on se parle pas tous les jours, on est là. Qu’on revoit comme si on s’était quittés hier. Et puis il y a ceux qui sautent. Ces amis qu’on voyait toutes les semaines, et qui s’effacent doucement. Parce que la distance, c’est pas envisageable, pas gérable pour eux. Il faut se voir. Se parler. Et une fois tous les six mois si on a cette chance), c’est pas suffisant.

Montréal, c’est loin. C’est 7 heures d’avion, quand t’as pas de correspondance. 1000 euros pour un aller/retour en été ou à Noël, si tu te démerdes bien. Plus si tu t’y prends trop tard. Autour de 500 euros « hors saison » – Février, Mars, Avril, Octobre, Novembre – hors vacances scolaires. Ici, on a que 2 semaines de congés payés. Plus quelques jours « flottants » avec de la chance. Ca limite les périodes pour rentrer. Encore plus si on a envie d’aller voir ailleurs si c’est joli…

Montréal, c’est cher. Mis de côté les loyers (quoique sur le Plateau / Mile End on tape vite haut…), le coût de la vie moyen est plus élevé qu’à Paris. Je parle en dollars, mais c’est en dollars qu’on est payés, et il n’y a rien de « cheap ». On paye Internet au Go (limité) et ya pas de forfait tel avec de la data en dessous de 50$/mois (et pourtant, ici, on a de la VRAIE 4G/LTE). Même Zara et IKEA sont plus chers. Comme tous les produits importés. Comme tous les produits laitiers. Comme l’électronique.  Les livres. La bouffe, et l’alcool, et les transports en commun, et, et, et. Alors oui, on peut vivre avec un SMIC (environ 1200$/mois pour qui fait un temps plein – 37h/semaine) grâce aux loyers raisonnables, mais pour le reste, tout monte très vite si on veut se faire un peu plaisir.

  

La santé aussi. En tant que PVTiste, je n’adhère pas à la RAMQ et n’ai donc pas droit à la Carte Soleil (l’équivalent de notre carte d’assurance maladie) qui exonère des frais « de base » (consultation chez le médecin et médicaments sur ordonnance). A chaque consultation, c’est minium 150$. A payer d’avance. Et là tu remercies l’assurance obligatoire pour le PVT (qui te rembourse plus tard bien sûr…). Pour le reste, je vous envoie lire l’article de Claire sur son expérience à l’hôpital. Et je vous épargne les frais dentaires/ophtalmo/etc, j’ai pas encore testé (je peux par contre vous dire que le véto, c’est hors de prix).

On vend souvent Montréal comme un paradis de l’emploi. Si le Québec jouit d’un pourcentage de chômage très faible, et qu’il y a une vraie demande pour certains domaines au Canada (en informatique, ingénierie et dans le secteur de la santé, par exemple), ne vous attendez pas à trouver une job dans votre branche en tendant la main. Encore une fois je suis tombée sur une réelle opportunité, mais j’ai plusieurs exemples autour de moi de personnes (avec un Master et une expérience significative) qui ont mis plusieurs mois à trouver quelque chose d’intéressant. Et si (comme moi et comme les milliers d’autres français comme vous ici) vous êtes « dans le web / la comm /le marketing », bon courage. Je ne peux que conseiller un bon niveau d’anglais… malheureusement obligatoire ici, puisqu’on aborde un marché Canadien – à 80% anglophone, donc.

L’hiver Canadien est une réalité. Une réalité rude. En ce moment (début Novembre), les températures oscillent entre -3 et 10°C. Avec de la pluie. Du vent. Et des couchers de soleil superbes… à 16h30 (on vient de changer d’heure nous aussi ;)). Dans un mois, un  mois et demi, on atteindra la température de croisière de l’hiver, à -10/-15°C. Pour descendre à -20/-30°C durant les jours les plus frettes de Janvier et Février. Fin Mars, avec le redoux, on sortira presque en t-shirt lorsqu’on retrouvera 0°C – en alternant les journées à 20 et les nuits à 0, en Avril. Pour attendre Mai, que les arbres retrouvent enfin leurs feuilles. Et l’été. Les 35/40°C humides et lourds, qui te clouent sur place. L’air qui colle. Le sol qui dégage sa chaleur. Les moustiques dès qu’on sort de la ville. Bref, l’été Montréalais.

  

Septembre – Octobre : un mois depuis ma fenêtre.

A tout ça, bien sûr, je peux encore ajouter un tas de points « négatifs », et je peux surtout t’opposer deux millions de trucs géniaux. Cette météo brutale, ici, on ne la subit pas, on la vit. On sort tout l’hiver, on fait du sport, on profite. Oui, la vie a un coût, mais la qualité de vie/vs les opportunités pro valent tellement mieux que Paris, et les salaires sont généralement plus élevés. Il n’est pas si facile de trouver un bon boulot (toujours mieux qu’en France si j’ai bien compris), mais j’aimerais dire qu’ici, on vous donnera plus de responsabilités pour une expérience équivalente. Qu’on a que 2 semaines de CPs, mais une vie après le bureau. Que les gens sont gentils. Que le transport est cher, mais le métro n’est pas bondé et que les bus circulent toute la nuit. Que les taxis sont sympas. Qu’on peut entrer en boite en jean baskets (sauf au Rachel-Rachel, mais c’est des cons). Que le vin est cher (et souvent mauvais) mais que la bière (locale) est bien meilleure que chez nous – y a plus qu’à changer.

Que. Que. Que.

J’aime ce pays. J’aime cette ville. Je voudrais le crier ici tous les jours, mais il fallait juste rappeler que non, tout n’est pas parfait. C’est pas un Paradis. La vie est ce qu’elle est, les été sont brûlants et lourds, l’hiver est froid et long. Montréal est une île au milieu d’un pays immense, dans lequel je doute qu’on retrouve la familiarité et l’ouverture d’esprit qu’on trouve ici. Alors voilà, il faut venir avec toutes ces choses en tête. Ce ne sera pas facile. Ce n’est jamais facile. Mais le jour où ça n’ira (vraiment) plus, vous avez toujours cette option: rentrer. Repartir. C’est ça, la chance de l’expatrié.

 A lire aussi:

L’expérience de l’amitié au Canada, chez Jasmin (Toronto)

Pourquoi je ne veux plus rester ? Parce que ça ne me fait plus rêver, chez Claire (Montréal)

De comment c’est quand on revient (en vacances) et la réaction de ceux qui sont restés, chez Alice, et son article sur qu’est ce qui lui manque (ou pas) en Québécie (Québec)

Le blogue de The Brune, qui a galéré pendant 5 mois pour trouver une job à Montréal (mais qui s’éclate depuis)

Le côté obscur du PVT, chez Béné (qui a aussi fait un « bilan » de ses 9 mois passés à Toronto et donne quelques feedbacks sur les villes où s’installer)

La « vérité » sur l’immigration au Québec, chez Elsa (un an à Montréal, et de retour en France)

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38 Comments

  1. Aurais-tu l’adresse des sites type cadremploi/apec/monster pour le canada ? Ca semble un bon complément à ton article pour avoir la photo précise de l’état du marché du travail là bas.

    A part ça, je te suis en continu depuis des plombes et ça reste toujours un plaisir à lire. 🙂

  2. Merci pour cet article sincère !
    Je suis allée plusieurs fois au Québec car mon papa a travaillé là bas, et depuis mes 12 ans (la 1ère fois), je me suis toujours dit que je vivrais à Montréal. Je ne me suis toujours pas lancée et plus les années passent, moins j’ai envie de sauter le pas.
    Ce n’est pas le 1er article que je lis sur les blogs d’expats qui expliquent bien que ce n’est pas le paradis, et une amie à moi est là bas en ce moment et vis la même chose que toi…
    Finalement, ce n’est pas qu’à Montréal que ce n’est pas le paradis, c’est un peu partout… On en fait tout un fromage idyllique de cette ville à cause,comme tu le dis, de la télé française…

    Mais, sortir de la France un moment est une chance et une belle opportunité, c’est sur qu’il faut en profiter. Mais il faut aussi savoir rentrer à temps, avant d’en être dégoûté !

    Bonne journée et bon courage ! 😉

    1. Tu as bien résumé! Je voulais juste rappeler que malgré tout ce qu’on entend sur Montréal/le Québec (et qui est pour la plupart vrai) il faut prendre en compte ses inconvénients aussi 🙂

      Je te souhaite de venir découvrir la vie ici quand même, ça reste une expérience extraordinaire (ici, ou ailleurs ;))

  3. Bonjour, Très intéressant ton article ! Je reçois pas mal de témoignages d’expat d’un peu partout dans le monde qui rejoignent tes constats. Mon fils est aussi à Montréal depuis août et il a déjà froid ! Est-ce que ça te dirait d’être interviewée sur mon blog ?

  4. Super article ! Je lis de plus en plus d’articles comme le tien et je t’avoue que ça fait du bien ! On m’a tellement prise pour une frustrée après mon article que je n’ose plus rien dire ! 😛 (alors que ce n’est pas le cas, je ne m’attendais à rien en faisant un PVT et n’avais pas particulièrement envie de m’installer, donc je ne peux pas être déçue ;))

    A Toronto comme tu le sais la situation est encore différente. Il même difficile pour un RP complètement bilingue de trouver un emploi (hors call center) alors pour les PVT je te laisse imaginer…

    Enfin bref, réfléchissez bien à pourquoi vous partez et ce que vous voulez trouver en partant avant de venir au Canada car même si le pays est GÉ-NIAL et que la vie y est formidable (même lorsque l’on a des jobs pourris, oui oui), ce n’est pas l’Eldorado et dans un premier temps vous avez plus de chance de faire des jobs en bas de l’échelle que de trouver un job dans votre domaine ! (et c’est normal…)

    1. Oui je me souviens des réactions sur ton post 🙂 j’étais d’ailleurs ravie de lire ton post « bilan » plutôt très positif malgré tout… J’espère que le retour en France se passe bien pour vous deux.
      Je sais que Montréal est un cas à part au Canada (et même au Québec), on est très bien accueillis globalement en tant que Français, mais on a aussi nos désavantages.

      Merci pour tes posts témoignages en tous cas 🙂

  5. C’est illimité et gratuit moi aussi depuis ma box vers les fixe ET les mobiles 🙂
    Merci pour ce bel article. Là où tu es me donne envie d’y venir en vacances, mais pas d’y vivre ça c’est sur. Trop froid pour moi ! Je préfère l’expatriation à Singapour, mon rêve ultime !!!

    1. Oui pour toutes les box normalement, c’est cool mais les gens le savent pas toujours…

      Ah tu vois moi Singapour ça me fait pas du tout rêver, j’y passerai sûrement un jour en route vers l’Asie du Sud Est ou l’Australie mais je me vois pas y rester 🙂 Et heureusement qu’on se rue pas tous au Québec :P!

  6. Une lecture saine et enrichissante.
    La simple évocation de Montréal rend hystérique, c’est normal : c’est beau, cool, loin de Paris … oui mais ! Mais tu as raison de dire qu’il faut savoir à quoi s’attendre. Montréal n’est pas l’American Dream du français.
    Je me faisais une joie de venir travailler en psy (après 11 ans d’expérience en France)sauf que je dois faire un stage (validé par examen) de 75 jours en … chirurgie ! Je vais droit au carton.
    Du coup nous repoussons notre départ afin de préparer sainement notre départ (pas notre fuite) car nous aimons Montréal et nous aimons Paris, le plus simple serait de travailler à cheval entre les deux.
    Bises à Harry

    1. Pour la situation des infirmiers en effet c’est pas vraiment facile. J’ai rencontré 3 infirmiers pas plus tard que le WE derniers, qui avaient vraiment du mal avec le mode de fonctionnement ici… et mieux vaut s’y préparer que se retrouver face aux faits :/
      (miaou d’harry ;))

  7. Tout est dit! Nous avons eu l’opportunité de rester mais on préfère rentrer.
    Ce qui nous a le plus motivé dans cette décision??
    L’école ne commence qu’à 5 ans ici, et le prix pour une place en crèche est trop élevé! En janvier, il fera sa rentrée et je pourrais (re)travailler. Par contre, je sais que cette ville m’a beaucoup nous manquer (bien plus qu’on ne croit!).
    Un article à partager!!! Tellement réaliste!

    1. Comme tu dis, il y a encore d’autres points qui peuvent pousser à rentrer… et puis rien ne vous empêche de revenir plus tard 🙂
      Profite bien de ton séjour ici alors!

  8. Bravo pour cet article remplit de vérités … C’est vrai que dans un blog, on partage bien plus souvent le positif que le négatif avec ses lecteurs … Je reçois de nombreux messages de personnes désirant s’installer à Québec et souvent dans mes réponses je précise ce que tu viens d’écrire, que chacun a sa propre aventure, qu’il y a des réussites comme des échecs ! Partir c’est simple mais l’étape suivante est bien plus difficile car il faut s’intégrer !

    1. Je crois aussi qu’il est important de rappeler certaines choses, juste en « préventif », car on est nombreux à arriver et aussi nombreux à rentrer… autant s’y préparer 🙂

  9. C’est très intéressant de te lire. J’ai parfois pensé la même chose quand j’étais en Nouvelle-Zélande (j’te bats au niveau décalage horaire :p ). J’ai eu parfois le sentiment, quand je me « plaignais » ou faisait remarquer que tout n’était pas forcément rose tous les jours (même si cette expérience a été la plus belle de ma vie), certaines personnes me le reprochaient. Comme si on n’avait pas le droit de se plaindre ; « Bon, ok, tu trouves pas de job. Mais t’es en Nouvelle-Zélande quoi, alors arrête de râler ».
    Euh, ok… mais je n’ai quand-même pas de job 😀 heureusement, ces « gens » étaient une minorité donc ça va 🙂

    On ne se connaît pas mais j’ai vraiment l’impression de te comprendre, même si je n’ai jamais mis les pieds à Montreal (pour l’instant !)

    1. En général je préfère vraiment focaliser sir les trucs qui me plaisent ici, et je suis partisane du « tu as choisi d’être ici donc essaye d’en profiter au maximum plutôt que de te concentrer sur ce qui manque/ne va pas », mais j’ai eu tellement de commentaires de gens qui disaient « oh ça a l’air génial je veux venir », et souvent l’impression que les gens ne réalisent pas toujours ce que c’est que j’ai voulu rappeler qq « bases »…
      Tu es courageuse pour la Nouvelle Zélande, j’adorerais y aller… en touriste 🙂 ça me parait vraiment le bout du monde pour y vivre à 100%! Peut être à un de ces jours à Montréal 🙂

  10. Très juste Lane! A chaque fois que j’ai vécu à l’étranger, ma règle essentielle était de ne surtout pas idéaliser. Se laisser aller avec le flot en tentant de ne pas oublier qui on est.

    PS: Merci pour la référence 😉 D’ailleurs il y’ a une jeune fille (franco québécoise) qui n’a pas du tout aimé mon article (voir son commentaire)… je faisais MON constat et celui de quelques amis mais bien sûr à chacun son histoire!

    Bises

    1. Rester humble est un point qui me semble important quand on est pas « chez soi » (même si on devrait aussi y penser en France ;)). on est pas en terrain conquis, on est des immigrés, même si on parle la même langue !

      (j’attends des commentaires pour me contredire ici aussi mais pour le moment ça a l’air d’aller…)

  11. Ah LaNe, commme je te comprends… Je suis moi-même expatriée à Buenos Aires depuis 5 ans, sans le froid comme toi mais avec le décalage horaire, Skype, les amis qui s’effacent et ceux qui restent. L’expatriation est un thème que j’aborde beaucoup dans mon blog justement, je pense que tu t’y reconnaîtras
    http://destinobuenosaires.blogspot.com.ar/search/label/expatriation

    J’espère en tout cas que tu profiteras encore du Canada, même consciente de ses faiblesses. Moi je rêve d’y aller !

    1. Je profite à fond oui ! L’Argentine a aussi l’air d’une destination agréable… je vais aller voir ton blog pour m’inspirer un peu 🙂

  12. Je suis ton blog depuis un petit moment déjà et c’est seulement maintenant que je réagis face à un de tes posts, anyway!

    Je le fais aujourd’hui car je suis tout à fait en accord (si ce n’est plus que d’habitude) avec ce qui tu as écris. J’entame ma deuxième année à Montréal et mon entourage croient toujours qu’il est facile de vivre à l’étranger (comme tu l’as très bien décrit, tout le monde n’en n’est pas capable, il faut que ce soit fait, voulu de notre propre initiative), que c’est H24 super bien, que non NOUS on n’a pas le droit de se plaindre parce que bon « TOI, tu vis au Canada »… Mais ils ont tendance à oublier qu’ici je rencontre aussi des problèmes, que ça fait bien longtemps que mes parents ne s’occupent plus de mes papiers administratifs autant universitaires qu’au niveau des assurances etc…, ou que même si tu n’as pas beaucoup d’heure de cours et ça peut paraître génial.Le « Oh mais tu fous rien, travailles jamais » est souvent utilisé. Et bah à côté tu as un petit boulot pour payer tes dépenses, parce que bon tu as aussi des besoins et l’argent ne tombe pas du ciel. Mais à côté de ça, je ne changerai en rien dans mon choix, d’avoir une fois de plus quitter famille, amis parce qu’ici je me sens bien avec des milliers de choses différentes chaque jour qui m’apportent beaucoup.

    Merci pour cet article 🙂

  13. Merci pour les liens. <3 Et tout à fait d'accord avec toi, depuis quelques mois ça me gosse un peu d'entendre parler du Canada comme de l'Eldorado car oui c'est un pays formidable, mais c'est aussi parce qu'on a bien voulu s'en donner la peine et qu'on a eu la chance d'avoir eu les bonnes opportunités qu'on a pu réussir à se construire cette petite vie qu'on aime bien ici… du moins pour un temps en ce qui me concerne! 😉

    1. J’imagine que tu as dû aussi avoir des commentaires de gens qui arrivent sans préparation ou quoi, c’est bien de le rappeler oui 🙂 (et de comprendre pourquoi certains partent…)

  14. Très beau texte !
    J’adhère à tout ce que tu as dit.
    Je trouve ça particulièrement intéressant ta vision, c’est assez rare, je trouve pour une personne en PVT qui a tendance a voir tout en rose 😉

    Pour le travail, c’est nettement + difficile à cause justement du nb de PVT et autres permis qui ne cesse d’augmenter ! Quand je suis arrivée en 2008, c’était TRÈS facile de trouver une bonne job… les temps changent !

    1. Comme je dis dans mon post ça m’agace les gens qui passent leur temps à se plaindre mais je reste réaliste sur ma situation ici ! et puis je compte pas rester juste pour mon PVT, donc autant me faire tout de suite à ces « désagréments « …

      Pour le travail il y a aussi peut être le marché qui a évolué, en 5 ans ça a aussi bien changé en France… mais c’est vrai que la concurrence inter français devient plus « rude »

    1. Je crois que j’ai pas mal de gens autour de moi qui sont là depuis suffisamment longtemps pour me montrer aussi les « défauts » de cette vie ici. J’ai pas tout mentionné mais bon.

      Merci pour le post! Je vais l’ajouter à la liste 🙂

  15. Interessant a lire, mais pas mal de trucs faux notamment sur le coup de la vie.
    Non ce n’est pas plus cher qu’a Paris, tout juste le contraire je dirais.
    IKEA n’est pas plus cher si on ramene tout en Euros (ou en Dollars pour le coup) et ce meme en rajoutant les taxes (d’un montant de 15%)
    Rapide exemple avec un canape (j’ai pris ca comme exemple parce que j’en ai achete un de la meme « marque »)
    http://www.ikea.com/fr/fr/catalog/products/S99904698/ = 2113 CAD (1509 EUR)
    http://www.ikea.com/ca/en/catalog/products/S59904704/ = 1729 CAD + 15% = 1988 CAD

    Bon apres tu prends un autre du meme catalogue et tu aura un resultat inverse et j’ai pas le temps de faire un rapport 🙂

    Le vin plus cher et souvent mauvais ?? Plus cher je suis d’accord mais tu trouves de tres bonnes bouteilles a la SAQ pour 16-18$ il faut juste bien choisir.

    Apres pour certaines choses je suis d’accord notamment sur les forfaits de portable qui sont abuses et aussi sur Internet – mais il y a des facons de payer moins cher avec Radioactif par exemple – qui offre un forfait illimite – au lieu de prendre Bell/Videotron.

    Bon apres le reste c’est plutot ca surtout pour ce qui est de la meteo qui n’est pas le truc le plus stable qu’on puisse trouver ici.

    Mais bon a cote de ca j’avais un salaire pratiquement 2 fois superieur a ce que j’aurais pu avoir en France et vivre dans appartement qui, a Paris, aurait coute des milliers d’euros par mois contre tout juste 1000$ Montreal.
    Pour le marche du travail c’est vraiment en fonction de ce qu’on fait et il est vrai que les PVT sont souvent moins bien paye que ceux qui ont une RP ou meme un visa de travailleur temporaire.

    Apres n’allez pas croire que je suis un defenseur du Quebec ! Je viens tout juste de partir apres y avoir vecu pour 4 ans (je ne suis pas retourne en France, je suis alle au sud-ouest ou on fait encore plus de sous !).

    Pour terminer je dirais juste que partir un Quebec est un choix de vie auquel il faut reflechir et ne pas prendre a la legere et surtout se renseigner avant de partir (chose que je n’avais absolument pas faite).

    Ben

    1. Bonsoir Ben, et bienvenue ici 🙂

      Je l’attendais ce commentaire là qui allait me dire « mais pas du tout! » , alors merci 😉 la première chose, c’est que j’aime énormément ma vie ici. Cet article était surtout là pour pointer les points « négatifs » auxquels les gens ne pensent pas toujours en décidant de venir et contrebalancer le « tout est génial » que je répète tout le temps sur mon blog. Alors oui on peut tout à faire argumenter et contredire/justifier mes points (je suis la première à le faire d’habitude), mais l’exercice était un peu inverse : trouver ce qui n’est pas parfait.

      Pour le coût de la vie, j’ai parlé en dollars, car on est payé en dollars. Passer les prix en euros me semble un peu « bizarre » du coup. pour ce qui est d’IKEA, j’ai pas vérifié sur tout le catalogue mais par exemple cette pauvre Billy qui existe à 39€ en France est vendue à 69$ + taxes ici (d’ailleurs, on a pas accès à tous les produits proposés en France…).
      Pour le vin j’ai un peu exagéré mais pour le moment pas de folie gustative, même à 25$ la bouteille. J’attends de découvrir encore, en attendant, je me suis (re)mise à la bière!
      Enfin pour la plupart des biens de consommation habituels, et sans passer les prix en euros, une fois rajoutée les taxes (et le tip pour les bars/restos), ça monte vite je trouve.

      Comme tu le soulignes, oui on est mieux payés (dans certains domaines), mais si on compare le salaire minimum FR et CA, ya pas une grande différence au final. Je trouve donc que le coût de la vie reste relativement élevé hors loyers (là ya rien de comparable à Paris ;)). J’étais même étonnée de réaliser que New York est moins cher (hors loyers encore une fois) pour manger, s’habiller, l’électronique…

      Enfin c’est sûr qu’on peut toujours trouver à discuter, au final on fait ce choix en connaissance de cause. Je trouve qu’on vit toujours mieux ici qu’à Paris, ne serait ce que parce qu’on peut se payer un appart décent sans devoir sortir caution et garant 😉

      Merci pour ton commentaire et bonne continuation dans ta nouvelle vie en tous cas!

  16. Je crois que c’est la distance qui m’a découragée et aussi le fait que je me plais beaucoup à Bordeaux pour y renoncer (pour le moment). Mais je viens en mai, ça c’est sûr !!!

  17. J’ai adore ton article! Mon frere vit a Montreal depuis presque 5 ans maintenant et je le vois presque trois fois par an puisque je vis a Philadelphie mais on a le meme genre de discussion. Je rajouterais aussi que on donne l’envie au gens de partir mais on oublie de leur parler de la galere administrative, le job a trouver, l’installation, les obstacles, les allers-retours quand un papier est mal fait etc… S’expatrier c’est pas facile et etre francais ne suffit pas pour etre embauche dans une entreprise francaise! Je fais tourner ton article a mon frere!

  18. Hello,

    Merci pour ce bel article !

    J’ai trouvé ton article très intéressant car il semble livrer une vision réaliste de l’expatriation à Montréal.
    Je commençais à trouver tous les reportages TV un peu trop « Bisounours ».

    J’aurai juste une question à te poser. Je travaille également dans le web en tant que chef de projet Web (En agences digitales à Paris).
    Je vois passer des offres mais pas autant qu’en technique comme t’as pu le souligner.
    Tu indiques que tu as eu de la chance et une opportunité que tu as su saisir cela dit, est-il si difficile de trouver un job dans le web?

    Merci pour ton retour,

    Rija

  19. Bonjour,
    je viens de lire ton article, très interessant d’ailleurs.
    Pour moi qui idéalise beaucoup ce pays et qui aimerais venir le conquérir dans quelques années, je découvre des côtés négatifs dont je n’avais pas idée.
    Tu parles de choses qu’on ne nous dit pas et c’est bien.
    Il est vrai que l’on nous vend le Canada comme étant un pays super agréable où il fait bon vivre et quelque part ça doit être vrai sur certains points.
    On est habitué à vivre en France, et s’expatrier demande une grande facilité d’adaptation et une ouverture d’esprit quand il faut mettre de côté notre culture et us de vie Française.
    Ça ne doit pas être facile je le conçois.
    Je pense que si l’on part avec l’idée de vivre à la Française dans un autre pays, on ne s’adaptera pas aussi facilement que si l’on est prêt à mettre sa culture entre parenthèse.
    Bien sur il ne faut pas oublier ses racines, ça paraît même impensable, mais vivre une expérience de ce genre sans la vivre pleinement ne sert à rien.
    Oui des choses vont manquer, la famille en premier lieu, la nourriture et bien d’autres, mais avant de partir on sait ce genre de choses.
    Je ne sais pas si tu sortiras grandis de cette expérience, mais ce qui est certain c’est que tu reviendras en France avec une vue différente sur ce Pays.
    Je te souhaite bon courage et profite du temps qu’il te reste à vivre au Canada.
    Bien à toi, Isabelle

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