Intime & Réflexions

de loin

Il y a des jours où j’ai un peu envie de m’éloigner de la « ligne éditoriale » de ce blog – si ligne éditoriale il y a. J’ai toujours des mots qui se promènent dans ma tête, des mots orphelins que je n’ai nulle part où poser pour qu’ils retrouvent les phrases auxquels ils appartiennent. Parfois, je pense à prendre mon clavier et écrire, ici, là bas, ailleurs. Ca ferait comme des histoires hors contexte, un peu, juste laisser les mots prendre le contrôle, sans savoir où je vais ni vraiment s’il y a un sens à ces phrases que je dépose.

C’est pas vraiment le lieu de ce blog. Ici, je raconte ma vie – ma réponse quand on me demande « et tu parles de quoi sur ton blog ? ». Ma vie. Un point de vue complètement subjectif sur un tas de choses, des photos vue de mon objectif, iPhone ou G12, des impressions, des relents de mon quotidien.

le nouvel amour de ma vie, et objet de la moitié de mon compte Instagram

Il est loin le blog où je racontais mes histoires de rencontres sur Adopte un Mec, ou ces posts pour raconter les soirées parisiennes. J’aimerais raconter plus de voyages, plus de chroniques, plus de choses drôles, mais le temps et les mots ne suivent pas toujours – ça demande un effort, là où les mots mélancoliques sortent si naturellement. Et puis il y a ces soirs où je me retrouve, tardivement, au bureau passé les heures de pointe – la nuit dehors est tombée, l’open space est vide, entre deux bouclages et rattrapage de flux je laisse venir les mots sur le clavier. Ca sort sans réfléchir, sans savoir où on va, c’est juste des mots tapés à trois doigts sur un clavier immigré (j’ai toujours pas adopté le qwerty) – parfois mon index gauche vient appuyer sur la touche Majuscule – point. C’est juste des phrases sans queue ni tête qui se glissent à demi-mots. Un enchaînement d’idées. C’est.

The Stage Door va avoir 5 ans. Qu’est ce que ça signifie, 5 ans de blogging. La vérité c’est que ça fait bien plus longtemps – sous d’autres identités, d’autres pseudos, d’autres plateformes, je blogue depuis plus de 10 ans. Cet endroit est juste un record de longévité – sûrement parce que j’ai mis des barrières pour ne pas qu’il empiète trop sur mon intimité, sûrement parce que je « connais » une bonne partie de mes lecteurs (coucou, et merci <3), sûrement parce que l’exercice d’écriture est passé du besoin à quelque chose de plus réfléchi, plus en recul, plus travaillé.

Pourtant, ici loin, je m’épanouis. Sur cette ville-île au milieu d’un fleuve, sur l’autre rive de l’Atlantique, c’est comme si plus grand chose ne pouvait juger – toucher – atteindre. Comme si je prenais finalement la conscience tangible de ce que je veux être, comme si j’affirmais enfin des positions instables depuis des années. C’est peut être ça grandir, ou autre chose – et cette année 2013 fût très belle, en tous points, et tellement enrichissante. Alors j’ai envie d’écouter, de laisser couler ces mots qui sont peut être en décalage avec une éventuelle « ligne éditoriale », de suivre mes émotions. Ce blog suivra, ou non, il ne s’agit pas d’un changement – juste d’une continuation, d’une évolution, d’une acceptation.

Pour le reste, on verra.

 

8 Comments

  1. Oh <3 J'ai hate de lire ces mots qui ne suivent pas la ligne editoriale, ces mots venus de nulle part mais je suis sure, qu'ils seront beaux,beaux parce que ca l'est toujours un peu par ici 😉

  2. Moi je m’en tape de la ligne éditoriale, ce que j’aime c’est lire tes mots ! Donc qu’ils viennent de nulle part ou pas, c’est tout pareil, et comme moi, tes lecteurs resteront 🙂

  3. Moi je suis d’accord avec les filles d’abord. La ligne éditoriale de ton blog, c’est toi !
    Peu importe le sujet abordé, je lirai toujours tes mots avec plaisir (et avec un petit pincement au cœur parce que Montréal quoi !)

  4. Salut,

    J’ai découvert ton blog il y à quelques semaines par je ne sais plus quel biais (bon référencement donc :)), je viens de temps en temps par ici et j’aime beaucoup.
    Je suis aussi arrivée à Montréal il y a environ 3 mois et c’est agréable de lire tes impressions. C’est simple et très juste, percutant même.
    C’est marrant, je tiens aussi un blog sur Montréal et j’ai l’impression comme toi d’avoir deux styles complètement différents, une véritable schizophrénie de la plume. Quand j’écris pour moi, c’est mélancolique et carrément narcissique : je n’aime pas du tout le résultat en réalité, c’est comme tu dis plus un besoin qu’un accomplissement alors que quand je m’attelle à mon blog, j’opte pour un style plus humoristique agissant comme une sorte de thérapie. Ce n’est pas vraiment moi, mais ça me fait du bien parce que j’aime l’énergie et l’image positive que ça renvoie.

    Enfin, bref, je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, mais j’aime beaucoup ton blog et je me suis reconnue quelque part dans ton article.
    Et puis, si l’anonymat controversé du web ne servirait pas à raconter des bêtises pseudos intimes à de parfaits inconnus, à quoi servirait-il 🙂

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