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28 jours plus tard

28jours

Souvenez-vous : au début du mois de Février, je commençais le Défi #28jours, un mois sans alcool pour soutenir la Fondation Jean Lapointe. Nous sommes en Mars, petit résumé de mon mois « sans alcool »…

20 Janvier. Je commence à raconter à mes amis que je vais faire un mois sans alcool. Réactions étonnées, parfois moqueuses, souvent peu convaincues : « ahah t’es folle, moi je pourrais jamais« ; ou à l’inverse « mais c’est facile !! » (la personne ayant écrit ces mots et à qui j’ai proposé de relever le défi s’est complètement ratée dans son mois… « facile » hein ?). Autour de moi, quelques soutiens, personnes qui veulent aussi relever le défi.

24 Janvier. A une semaine du début du défi, je choppe une (2e de l’hiver) pharyngite, qui m’offrira presque une semaine de plus sans alcool (parce que bon, outre mon état de crève avancée, le régime antibios-binouze est plutôt déconseillé).

1er Février. Ca y est, c’est le grand jour. Avec Maryne, on s’envoie des messages de motivation « vas y sois forte » « on peut le faire » « la binouze ne passera pas par moi ». L’après midi, j’ai RDV avec une copine à qui j’explique que je ne bois pas d’alcool ce mois-ci. Après une légère tentative de me niaiser (se moquer de moi), on vote pour se retrouver dans un café. Je découvre le chaï latte. La vie. Le soir, mission burger au Nouveau Palais avec Maryne. Puisqu’on peut pas boire, on va manger cochon ! Au moment de commander un coca, Maryne a une tête bien frustrée…

burger

2 Février. Soirée chez une copine qui m’offre de goûter à une super bière de micro brasserie brassée par un bon ami à elle. Comment te dire. Bon. J’ai trempé mes lèvres pour le goût. Ca compte pas. Et bu un chaï latte.

3 Février. SMS échangé avec Maryne – c’est durrrr !!

4 Février. Un ami vient souper chez moi. Il me demande ce qu’il doit apporter, je dis « je bois pas d’alcool donc prends ce qui te tente de boire ». Et lui annonce le menu (poisson, légumes). Il me texte en me demandant si je vais bien (pas d’alcool et bouffe santé, tout va bien ?). Finalement, il n’apportera rien à boire (mais on trinquera au jus de fruits).

6 Février. Encore un souper sans binouze et sans vin. Je réalise le nombre d’occasions pour lesquelles j’aurais eu envie de boire de l’alcool, en si peu de temps. C’est assez flippant quand on y réfléchit – ou alors il faut que je limite ma vie sociale et les bons repas.

7 Février. Une semaine sans boire. Le rythme se met doucement en place, finalement, on survit en soirée sans consommer d’alcool, même si les copains se moquent un peu de nous.

8 Février. Soirée boulot à Igloofest et fin d’un gros projet pour moi, j’avoue que j’aurais pas dit non à une binouze pour fêter ça – mais ça se passe finalement très bien sans. Ceci dit, Igloofest en étant net, c’est assez étrange 🙂

14 Février. Départ pour un week-end en chalet à Mont Sainte Anne. Sur les 9 présents, on est 5 à faire le défi 28 jours. Les autres nous annoncent qu’ils boiront pour nous.  Au final, seulement 3 personnes sur les 9 ont bu, et on s’est tous vraiment marrés – le Times Up sans alcool, ça marche aussi, et la raclette à l’eau bah… ça se vaut. (NB: au passage on a dévalisé le rayon « cidre sans alcool » de la supérette du coin :P)

raclette

18 Février. Jour très merdique, vraiment. Je romps mon abstinence, entraînant la copine Maryne dans la foulée – parce qu’il y a des jours où, vraiment, on peut pas faire autrement, et que les vraies amies, c’est aussi celles qui t’accompagnent dans l’alcoolisme quand ça va pas.

21 Février. J’avoue qu’à ce stade, j’ai un peu oublié le mois sans alcool – et pas du tout la tête à ça. C’est l’anniversaire d’un ami, j’ai juste besoin de me défouler et de sortir le stress qui me ronge, je profite de la soirée sans me poser de questions.

28 jours fail

Je vous passe la fin du mois, j’ai arrêté le Défi #28jours et repris une consommation régulière d’alcool… J’aurais quand même tenu 18 jours (aller, on peut dire un peu plus si on compte la semaine où j’ai été malade), et j’aurais sûrement terminé le mois si je n’avais pas eu cette « nouvelle » du 18 Février qui m’a un peu sapé le moral. Et non, l’alcool n’est pas nécessairement un anti-dépresseur (au contraire), mais j’avoue que j’avais pas la tête à refuser un verre de vin !

Mis de côté cet abandon en fin de parcours, je suis contente d’avoir relevé le défi. Ce qui est assez intéressant c’est que ce soit pour moi ou pour les réactions et commentaires mon entourage, j’ai vu une évolution plutôt positive. Au début, tout le monde est étonné, nous niaise et nous dit qu’on ne tiendra pas. Et puis avec les semaines on reçoit moins ce genre de remarques. En ce qui me concerne, si la première semaine a été pleine de tentations j’ai eu moins de soucis pour les semaines suivantes. C’est vrai aussi que je suis un peu moins sortie dans des bars, préférant des cafés (et que j’ai découvert le chai latte). Deux semaines après, je n’ai pas du tout eu l’impression que c’était long / chiant. Et surtout, ça fait du BIEN de ne pas m’être payée de gueule de bois depuis 2 mois !!

Pour la suite, je vais essayer de me limiter un peu plus dans ma consommation en général. Et préférer la qualité (du bon vin) à la quantité (de la bière pas chère qui tape). On verra si mes bonnes résolutions tiennent ! 🙂

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7 Comments

  1. Cela m’arrive souvent se ne pas vouloir boire (des périodes qui correspondent plutôt à des périodes de régime, ou du moins des périodes pendant lesquelles j’essaye de faire attention en limitant gras et alcool). Et c’est là où tu t’aperçois que c’est vraiment difficile de na pas boire car c’est vraiment culturel. A chaque occasion on te sort une bouteille, (apéro, dîner, soirée).

  2. Je trouve que tu t’en sors très bien ^^
    Et la raclette avec du coca, ça passe très bien.
    Commander un truc sans alcool dans un bar également
    Faire un anniversaire au jus de fruit aussi
    Etc…

    Non parce que durant toutes ces années où je n’ai pas bu d’alcool, c’est limite si on ne me plaignait pas de passer des soirées pourries, monotones etc… Maintenant que je bois de l’alcool (sans en avoir une gueule de bois au réveil), je le dis haut et fort : ce n’est pas l’alcool qui fait la qualité d’une très bonne soirée.

  3. Je ne veux pas du tout que ce com soit pris comme moralisateur mais le récit de tes premiers jours me fait peur. Vraiment, sortir et ne pas pouvoir prendre de l’alcool c’est si difficile ? J’aime bien boire un verre, prendre des cocktails, mais si je sors et que je ne bois pas, je m’en contre fiche… Hier j’ai pris un coca, je passe des semaines sans boire une goute et personne ne m’a jamais fait de remarque… J’ai jamais eu la gueule de bois, j’ai jamais bu jusqu’à en vomir ( je trouvais ça ridicule au lycée, je trouve ça triste maintenant)… Oui si je bois deux verres, je serai plus « cool », mais si je bois deux verres c’est parce que je suis en bonne compagnie et que je passe déjà une bonne soirée avec un bon vin ( la bière c’est pas mon truc)… Je rejoins donc le com d’Ingrid, pas besoin d’alcool pour s’amuser même si ça déshinibe…
    Vraiment… Tiens entre le 7 janvier et le 6 mars, j’ai pas bu d’alcool et ça ne m’a pas du tout manqué. Alors que Dieu sait qu’un bon verre de vin ça déchire… ( Bon j’arrête avant de passer pour Mme Ligue de vertu, je suis surtout très étonnée ( et un peu peinée et inquiétée) de découvrir que pour des gens absolument pas alcoolique, ce soit difficile de ne pas commander une bière… parce que vraiment le chaï latte, c’est hyper meilleur^^)

  4. J’avoue que j’ai mis assez longtemps à oublier que boire un peu c’est un échappatoire, une façon de se détendre. Au début j’avais l’impression d’être scotchée à la réalité, sans porte de sortie, sans « pause ». Et puis avec le temps on s’y fait ! et la non-gueule de bois les lendemains de sortie/diner entre potes c’est top ! j’en suis à 14 mois sans alcool (8,5 de grossesse + 5,5 d’allaitement), quand je reprendrai ce sera en changeant mes habitudes d’avant ! ‘mais avec un GRAND plaisir ah ah ! vive le bon vin et les cocktails !!)

  5. Quand tu attends un bébé et puis ensuite que tu allaites, ça motive vraiment. Tu penses au bien de ton enfant! Je trempe ou j ai trempé quelque fois mes lèvres dans un verre de bon vin, mais pas plus et pas de regret. Essaye, tu relèveras le défi haut la main!

  6. Bonjour, je suis tombée totalement par hasard sur ton blog 🙂
    C’est bien ce que tu as fait, mais je peux t’assure qu’étant alcoolique dépendante depuis l’age de 20 ans j’en ai 39.
    C’est moins simple que cela . Enfin chacun à son passé dernier soit … le miens est lourd et il y a pourtant pire …
    Par contre une chose que je tiens à souligner l’alcool agit comme un anti-dépresseur !
    Moi c’est le défit de ma vie j’ai tenue même 2 ans et un décès + une opération lourde et j’ai rechuté ! Voilà c’est pas si simple mais si ton poste à pu aider certaines personnes à se rendre compte que pour elle c’était difficile et à les faire réfléchir c’est bien 🙂
    Cordialement

    1. Bonjour Fabulette, et merci pour ton message !
      C’est clair que mon expérience n’a rien de comparable à qqn de vraiment alcoolique (malade), à la base ce projet a vocation à faire réfléchir les gens sur leur consommation d’alcool, ce qui est vraiment intéressant je crois 🙂 J’ai réitéré l’expérience à nouveau cette année, j’ai vraiment fait un mois et c’était finalement beaucoup plus facile que l’an dernier où j’ai écrit ce billet.
      Je te souhaite bon courage en tous cas, et merci d’avoir partagé ton ressenti 🙂

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