Au quotidien

entre nos doigts

fatigue

J’ai pas le temps, je répète souvent, le temps passe à une vitesse folle, merde on est déjà en juin, dans un mois c’est mon anniversaire, mais dans ma tête j’ai déjà 29 ans. C’est ma manière à moi de me préparer à vieillir parce que malgré ce que dit mon certificat de naissance – celui où j’ai découvert que je m’appelle E(u)lodie et non Élodie parce qu’en France on met pas d’accent sur les majuscules et que peut être que mon papa était un peu trop ému quand il a déclaré mon arrivée – on me donne toujours quelque part entre 18 et 25 ans, je trouve ça plutôt cool finalement si l’âge des PVTs de ce monde était pas limité à 30 ans et que je commençais pas à avoir une bizarre envie d’enfant qui se réveille (oui, c’est dit, et j’assume cette phrase).

Le temps passe trop vite et j’ai tellement de choses à dire, écrire, raconter. Je prends plus le bus ou le métro, je suis sur mon vélo tout le temps pour me déplacer et à la maison j’avoue que je délaisse un peu les internets pour les rares moments où je me pose derrière un clavier (faut que je termine Tropico 4 pour acheter le 5 mais mon cher laptop en a décidé autrement, ce qui lui a valu 3 jours chez le chinois-docteur-IT sur Beaubien, et moi de perdre 50$), faque j’ai pas trop d’occasions d’écrire ici. J’ai environ 12000 brouillons de trucs que j’arrive pas à finaliser, parce que je trouve pas les mots justes, parce que j’ai déjà de nouvelles idées avant même d’avoir terminé mon billet, parce qu’il se passe tellement de choses que je n’arrive plus à suivre, à réfléchir, à me poser pour mettre tout ça à plat.

Alors c’est presque l’été, à Montréal, on se noie sous la pluie trois jours semaine et le reste du temps on se laisse bronzer. Je bois trop de bières, pas ma faute si le quartier regorge de bars de microbrasseries incroyables et que j’ai fait de l’Isle de Garde mon QG. J’ai mal à la tête, le lendemain, une vrille sur la tempe droite, c’est pas normal je sais, je travaille là-dessus, ou bien j’ai une cirrhose du foie à pas-encore-trente-ans. YOLO.

J’ai mal au dos aussi, c’est le comble quand on étudie en massothérapie mais on se fait tellement tripoter, effleurer, pétrir, percuter, frictionner, fouler, drainer qu’à un moment ça bouge là-dedans. Je vous parle même pas des cours de « communication » qui ressemblent de près à une grosse psychothérapie collective, on est beaux tous à ouvrir nos blessures et exprimer nos ressentis, ya des jours on sort de là vidés, brûlés, malmenés par les souvenirs qui remontent et les émotions lourdes des autres. C’est beau, d’un côté, cette énergie, on est tous à notre manière des marginaux de nos vies, autant de raisons d’être là que de parcours et de personnalités, et le tout se mêle en un superbe pot-pourri. Je vais le répéter une énième fois : j’aime ça, elle est magnifique cette énergie collective, cette passion qui nous unit.

J’ai pas le temps, alors je me recentre sur le présent, sur ceux qui sont là, ceux qui sont proches. C’est pas loin des yeux loin du coeur mais on est tous tellement occupés ici et là-bas. Il ya des amis à qui j’ai pas parlé depuis des mois, doucement je me détache de l’immédiateté qui a fondé notre relation, et c’est correct, j’accepte que la vie continue là-bas comme pour moi ici, j’observe le peu de leurs vies que me laisse entrevoir le prisme étrange des réseaux sociaux, en attendant qu’on se serre à nouveau dans nos bras, qu’on puisse se passer de mots pour se dire tu m’as manqué, et tu comptes toujours autant dans ma vie.

Le temps file à une vitesse folle, pourtant on dirait qu’on a encore toute une vie à vivre, ressentir, rêver. Jusqu’ici tout va bien, on est pas vraiment pressés. Il reste tellement à voir. Alors j’apprends à respirer.

(et puis Foals va sortir un nouvel album en août – et ça c’est <3 <3 <3)

Au quotidien

parmi vous

aborted-beginingsJ’ai environ trois ou quatre brouillons de cet article où j’essaye de raconter, d’expliquer, le pourquoi du comment, les derniers changements, le bordel continu qui se stabilise aussi d’une certaine façon, le où je suis, où je m’en vais, je fais quoi. J’ai tenté de faire simple, et puis ça ne s’explique pas – enfin, si, j’ai un tas de mots rationnels à poser pour justifier le chemin que j’ai pris, la vérité c’est que c’est une fois de plus un choix par « fait accompli », une issue de secours qui se transforme doucement mais sûrement en une nouvelle voie, la vérité se résume en quelques mots sans équivalent en français : life happens.
« La vie arrive ». On pourrait dire ça. J’ai évoqué tellement de fois le bordel de ma vie, les changements incessants, le flou, les décisions qui n’en sont pas vraiment – parce que si j’avais tracé ma vie il y a quelques mois je ne m’imaginais pas là – et je ne cesse de répéter cette phrase – si j’avais pensé que.

Mais voilà. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai la sensation que dans tout ce flou, dans toutes ces incertitudes, cette instabilité, j’ai commencé à me trouver. J’ai eu un million de prises de conscience, d’épiphanies plus ou moins heureuses, parfois simplement en réalisant que ce truc que je vivais « par défaut », comme « solution temporaire », était peut être quelque chose qui me convenait. Et par la force des choses, l’impossibilité de continuer la route que je voulais suivre à la base, j’ai fini par prendre tout ça sous un autre angle, et au delà de l’acceptation, m’approprier ce qui se passe. Je pense qu’on passe tous par là à un moment, si on se retrouve privé d’une capacité qui jusqu’ici nous semblait normale, ou bien les choses arrivent, et on change de direction. Je pense à Laura qui a décidé de devenir prof de yoga et dont l’histoire résonne étrangement avec la mienne. Lucie et Thibault qui sont partis s’installer au fond de la Bretagne dans un moulin qui prend l’eau. Fanny qui a découvert il ya quelques mois qu’elle avait un problème à la hanche qui sera un handicap à vie. On fait quoi dans ces cas là ? On apprend à vivre différemment, je crois.

J’ai pas perdu de hanche, ni eu d’accident, je suis en santé ; mon seul « handicap » temporaire, c’est les joies des visa, c’est de ne plus pouvoir travailler. C’est d’avoir décidé de rester ici malgré tout, de m’accrocher, accepter les aléas.

Life happens. Ces derniers mois, après une énième décision arbitraire de l’immigration, j’ai donc perdu une opportunité de job, je me suis mariée, et j’ai repris des études – pour occuper ces longs mois d’attente. Une formation courte (je peux pas étudier plus de 6 mois sans permis d’études) en massothérapie, encore une décision sur un semi-coup de tête, qui mûrit quand même depuis presque un an. Je reviendrais plus en détails dans un autre post sur la massothérapie au Québec, et plus spécifiquement ma formation (c’est très différent de ce qui existe en France, et oui c’est fascinant). Le fait est que, partie à la base pour faire ça « pour m’occuper » et « pour ma culture générale », et « on verra bien ce que j’en ferais quand j’aurais ma RP », je commence doucement à me poser réellement la question d’en faire mon métier, à temps plein, ou en partageant mon temps en freelance avec ce que j’appelle encore mon « vrai » métier, le webmarketing. Il y a aussi ce cap à passer qui m’éloigne définitivement de la France, de ma vie d’avant, le lien qui s’affaiblit, la distance. Suis-je encore parmi eux… ?

masso

Je suis loin d’avoir une réponse. Là encore il y a des listes qui s’écrivent dans ma tête tous les jours, des pros et des cons, des questionnements, des doutes, des envies, des projets, et tout ça qui se mélange. J’ai toujours pensé qu’un jour je changerais de voie, reconversion, autre, mais pas là, pas à 29 ans, pas avec si peu d’expérience dans mon domaine. Je m’éclate aujourd’hui dans ma formation, mais c’est nouveau, qu’en sera-t-il si j’en fais mon métier ? De l’autre côté, je m’éloigne de plus en plus d’internet, de la comm, j’observe les opés et les événements d’un oeil blasé, qui se dit « à quoi bon ? » (et je te parle pas de ce que je pense des « tendances », des magazines féminins et du bullshit général bien pensant…). C’est pas le cas pour tout, bien sûr, il y a encore des projets qui me font vibrer comme ceux auxquels j’ai participé – trop brièvement – l’été dernier et cet hiver ; et je suis certaine que je retrouverais la « flamme » si je replongeais pour de bon dedans.

Mais.

L’année est loin d’être terminée. Les questionnements se posent, doucement. J’accepte moi aussi ce changement qui s’est fait, dans ma vie, en moi. Je cherche l’équilibre. J’ai la chance de n’avoir aucune obligation, aucune responsabilité, aucun engagement, et des gens qui me soutiennent sans me juger. J’ai l’impression d’avoir fait les choses dans le désordre, d’avoir agi en réaction à des événements, presque dans l’urgence, et maintenant que cette urgence n’est plus, je réfléchis enfin à ce que je vais faire de tout ça. Peut être que c’est ça la vie, finalement. Une succession de réactions qui finissent par s’ancrer définitivement, tout ça parce qu’un jour, on a décidé de sortir du chemin. 

La suite, au prochain épisode…

 

Au quotidien

homéostasie

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De quand datent vos dernières vacances ?

C’était écrit dans le questionnaire. J’ai répondu « Euh…« . Mes dernières vacances. Tu veux dire plus de 4 jours où je décroche complètement ? Sans compter les retours en France qui ressemblent surtout à un marathon pour voir tout le monde ? Et puis c’est quoi, des vacances, quand ça fait plus d’un qu’on travaille plus vraiment régulièrement ? Alors je sais plus. Ma vie est un sacré bordel depuis que j’ai quitté Paris il y a 3 ans – résumons le comme ça.

Elle a souri. On a continué les questions. Elle me dit « pourquoi tu ne consultes pas pour tes problèmes de sommeil ?« . Je réfléchis. Ça ne m’embête pas, de mettre du temps à m’endormir. C’est rare que je passe des nuits blanches à tourner dans mon lit, finalement. Depuis que je suis toute petite, j’ai du mal à m’endormir. C’est devenu normal.

Elle sourit encore. On parle de mes problèmes de digestion, elle dit, le ventre c’est le deuxième cerveau, et c’est pas la première fois que je l’entends dire. Et puis du chemin qui m’a amenée ici, de ces périodes de fatigue intense qui me prennent, parfois, des journées incapable de faire quoi que ce soit car mon corps ne suit plus – pourtant, je suis très rarement vraiment malade. Des vaginites, tendinites, de mes problèmes de dos. Elle demande, es-tu stressée ?

Non. Jamais. Je ne me sens pas stressée, je gère.

Mais mon corps, lui, dit le contraire. Mon corps somatise, fragilisé par le manque de sommeil, il ya ces semaines où je me sens lourde, le foie chargé comme si j’avais trop bu, ces soirs où je m’écroule, et ces tensions dans la nuque et les trapèzes qui ne se relâchent jamais. J’ai tatoué cette épaule pourtant, comme un mantra, lâcher-prise. J’apprends. J’essaye. Il y a tant de choses sur lesquelles je n’ai pas d’emprise, aucun contrôle, à quoi bon s’énerver, chercher à comprendre. Et puis il y a le reste, ces trucs du quotidien qui doivent être faits d’une certaine manière, ces matins où le moindre défaut et manquement me contrarie. Des oeufs mal cuits, un gâteau raté, un plan de travail pas nettoyé, et j’explose.

Je sais que c’est stupide, de s’accrocher sur ces détails quand il y a beaucoup plus en jeu, que la propreté d’une baignoire ne changera rien à ma vie, que cet oeuf sera aussi bon qu’un autre, qu’on a voulu me faire plaisir. Alors que je me débats à peine face à une administration qui me fait tourner en rond et bloque ma vie depuis des mois, je m’énerve pour l’insignifiant, je renvoie mon stress et ma frustration sur ce que je peux atteindre facilement.

J’aimerais expliquer, c’est pas si facile. Le lien, il n’existe pas. J’ai une maman maniaque, sûrement que ça vient un peu de là. J’ai ces sautes d’humeur, les matins où tout semble aller mal, quoiqu’on fasse, où le seul fait de sociabiliser est un effort. Je ne contrôle pas ça. Parfois, je préfère ne plus parler, parce que je sais que si j’ouvre la bouche, ce sera pour blesser, renvoyer à l’autre cette énergie négative inexplicable qui brûle en moi. Parfois, je préfère couper toute communication, parce que je ne suis pas capable de gérer les problèmes des autres – ceux qui se trouvaient habituellement en moi une oreille attentive et des conseils. Parfois, il suffit d’une étincelle, et plus rien ne tient.

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C’est dur de lâcher-prise. Dur de lâcher le contrôle, de laisser faire, laisser glisser. La vie, ses averses, ses pluies torrentielles, elles coulent sur ma peau sans que je frémisse. Le reste, ces petites choses du quotidien sur lesquelles pour une fois j’ai une emprise, je les retiens, je m’y accroche, je les chéris et les protège, exagérément, je voudrais parfois que tout soit parfait.

Mais ça l’est pas, parfait, la vie, en vrai. C’est pas possible, et ça voudrait dire que quelque part on sait ce que ce mot veut dire. C’est difficile d’accepter de lâcher-prise sur des détails insignifiants lorsque tout nous file entre les doigts et qu’on peut juste regarder aller.

J’apprends. Doucement, je cherche l’équilibre. Le juste milieu, entre ce que j’accepte avec parfois un peu trop de facilité, et ces choses mineures que j’ai tant de mal à laisser passer. La balance, entre la motivation d’avancer et ces matins vides. Apprendre à dégager ce stress que je ne ressens pas mais qui me ronge en dedans. Chaque jour un peu plus, apprendre à (m’)écouter.

Juste le temps de battre des cils

Un souffle, un éclat bleu, un instant qui dit mieux

L’équilibre est fragile…

Au quotidien

la maladresse

jean coutu

Ya des gens dans la vie, qui sont doués de leurs mains.

Spoiler : c’est pas mon cas.

Comme le disait si bien la grande philosophe Florence Foresti, « dans la vie, on peut pas être doué en tout : ya des gens qui sont doués en amour, moi je suis douée en orthographe ». Je sais pas en quoi je suis douée (je veux dire, à part pour corriger les fautes d’orthographe des autres, procrastiner, adopter des chats et avoir des emmerdes de visa), mais je sais pour sûr que je suis pas douée avec mes dix doigts (et les autres extrémités qui viennent avec mon corps) (dit comme ça, j’ai de la chance de pas être un mec…). Je suis ce qu’on appelle maladroite. Dans d’autres termes, mon père parle plutôt de ma « délicatesse légendaire », référence à ma façon (délicate, donc) de servir un plat ou de l’eau ou autre truc relativement lourd qui me donne l’air d’une une vache en train d’essayer de se servir de couverts. Je casse rien, notez, je suis plutôt bonne à ça, ma spécialité à moi, c’est les (faux) mouvements, et me blesser sans faire exprès.

Je suis le genre qui se penche pour attraper un truc de l’autre côté de la table et paf, le mug de thé et la tasse de café ont repeint la cuisine (encore une fois, pas de casse). Le genre qui essaye de changer de position dans un câlin qui a un peu dérapé et merde, l’autre se retrouve avec un oeil en moins (j’ai encore émasculé personne, mais c’est parfois pas passé loin). Le genre qui a régulièrement des bleus sortis de nulle part, des égratignures, griffures, blessures, hématomes, et autres joyeusetés dont je suis bien souvent incapable d’expliquer comment elles sont arrivées là.

Cette semaine, j’étais pas mal dans mon genre. Je sais plus exactement comment j’en suis arrivée là, mais je me suis retrouvée vendredi avec quelques bleus sur les jambes (mon vélo), des égratignures (porter des briques ça grafigne), deux pansements au pied (je me suis ouvert un orteil en me cognant contre une valise – ça coupe ces bêtes là, et j’ai marché sur un marteau – merci mon chum bricoleur), une coupure à la main (les barbecues, c’est chiant à monter), une brûlure sur le poignet (l’huile chaude, ça saute), un hématome au creux du coude (pas ma faute celui ci, je réagis mal aux prises de sang) et une belle bosse sur le front (c’est à dire que la porte du placard au dessus de la laveuse était ouverte, et ça fait mal).

bleu

Je trouvais ça drôle. Je faisais des petites jokes sur Twitter, et sur Facebook je m’amusais à faire la liste de tous les trucs qui s’étaient passés dans les jours précédents.

fb

Mon chum m’a dit que je m’étais jinxée moi-même, pis je crois qu’il a raison. Samedi soir, je rentre et je me mets à cuisiner (rappelez vous, j’ai un blog cuisine – quand je prends le temps d’y poster mes recettes). Un filet mignon de porc, grillé à la poêle, puis finir la cuisson au four. Je grille, j’enfourne, je ressors la poêle. Je gère. Je prépare une planche à découper, un couteau, je me retourne et j’attrape la poêle pour sortir la viande.

J’attrape la poêle. Qui sort du four. À main nue.

Voilà.

Trois minutes plus tard Dany entre dans la cuisine et me voit la main sous le robinet, comprend pas (j’ai pas crié ni rien tsé, les soirs où t’as juste envie de pleurer tellement tu te sens ridicule et nulle et pas douée), et se fait envoyer chier (le pauvre) (je suis horrible dans la douleur) (pas seulement dans la douleur, en fait, c’est un garçon courageux) (sûrement une qualité qui se développe après avoir survécu à 28 hivers québécois). Une heure trente plus tard j’ai toujours ma main dans un saladier d’eau, mon chum adorable et pas rancunier est allé jusqu’à une pharmacie d’urgence me chercher des bandes spéciales brûlures, et on improvise un bandage de fortune.

Faque. Pour la fin de semaine, j’ai gagné une main de Mickey.

main bandage

(note : le bandage sur la photo a été réalisé par une professionnelle. ne tentez pas de reproduire ça chez vous)

Ça s’arrêterait là si ça pouvait. Sauf que non. L’ironie dans l’histoire, c’est que le lundi matin, je commençais une formation. En massothérapie.

(note : si tu comprends rien c’est normal, j’ai beaucoup trop d’articles en retard, je sais.)

Bah tu sais quoi ? Je me suis pas pire débrouillée avec une seule main pendant trois jours. Mais masser avec un gant, c’est VRAIMENT pas pratique.

Au quotidien

quelque chose de bleu

bouquet

La semaine dernière, je me suis mariée.

Je fais les choses un peu à l’envers, je sais. Dans la vraie vie, on annonce son mariage avant. Genre vraiment avant (un jour faudra qu’on m’explique #lesgens qui préparent leur mariage 2-3 ans à l’avance) (genre même les concerts de Madonna sont pas bookés aussi en amont) (tsé, c’est un mariage, pas l’organisation de la Coupe du Monde, les gens vont être contents malgré leur nuit au Formule 1…) (bref je m’égare). À l’avance, donc. On prépare. On fait un budget, un plan de match. On envoie des faire-parts, on partage sa préparation, les indécisions de robes, le traiteur, la couleur des macarons, le discours du curé, les Power Point, le DJ. On fait des rencontres de familles, le plan de table, une liste de mariage. Et puis on stresse un peu, aussi, ou beaucoup. Enfin, je crois.

C’est à dire que je suis pas spécialiste, c’est ma première fois.

J’ai pas vraiment annoncé que je me mariais. J’ai trouvé ma robe chez Urban Outfitters, un coup de coeur, un essai, 80$, et j’ai finalisé ma tenue le jour J. Ya pas eu de cérémonie, ni de discours, encore moins de Power Point de photos embarrassantes de nous petits ni d’enterrement de vie quelconque, et pour la bouffe et le plan de table, c’était plutôt ambiance potluck que Moët&Chandon – venez comme vous êtes, mettez une chemise, et apportez un tupp ou un brownie. Avec tout ça, on a même pas eu le temps de stresser.

Si on regarde ça sous cet angle, soit c’était pas un « vrai » mariage, soit je suis une mauvaise mariée. Je penche pas mal pour la deuxième option, vu que la signature sur le papier, elle dit bien que ça y est, on est époux pour la vie, qu’on se doit respect-fidélité-soutien et que si je meurs, t’as la moitié de toute ma fortune, et la responsabilité de Dora. C’est pour vrai qu’on a des alliances avec pas-vraiment-nos-noms gravés dedans. Pour vrai qu’on s’aime comme on s’aime, avec des jokes débiles et sans modération. Pour vrai qu’on a dit « oui, je le veux » devant un notaire Breton et le Code Civil Québécois (cherchez l’erreur), même si j’ai éclaté de rire à ce moment parce que this shit has become real. Pour vrai qu’on aimerait très fort que ça dure, pour un bout, pour longtemps, pour toujours, qui sait. Alors une signature, ça change pas grand chose là-dedans, et puis ça change beaucoup, pourtant.

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C’était un soir de Février, je savais plus si je devais pleurer, faire mes valises ou sauter du balcon, et puis il m’a fabriqué une bague de fiançailles avec le machin en fer qui tient les bouchons de cidre. Alors j’ai souri parce que c’était la plus belle preuve d’amour qu’il pouvait me faire. C’était un vendredi d’Avril, il pleuvait, je portais une robe bleue et des escarpins, et lui des Vans et un noeud papillon, on a pris la voiture pour faire 300 mètres parce que ma témoin avait pas le goût de marcher en talons, on a mangé des crêpes avant, et bu du cidre après, et puis a célébré l’amitié franco-québécoise avec des mojitos et beaucoup de bière.

J’avais dit que j’écrirais pas là dessus. J’avais dit que j’en parlerai pas, c’était pas si important, ou un peu trop intime. Mais ya eu tout le reste. Ya eu tous ces gens réunis et tout cet amour, et ce moment où tu réalises à quel point tu es aussi amoureuse de ce pays que de ce barbu là, à quel point c’est beau, toute cette bienveillance. Ya eu des ballons, des gâteaux, un bouquet, des photos, une enveloppe surprise, un chat traumatisé, moins de ménage que prévu, 5$ de bouteilles consignées. Ya ce moment où je réalise que j’ai pas hésité. À aucun moment. J’ai dit oui. J’ai sauté. Sans douter. Ce moment où j’ai pris conscience qu’avec lui, j’ai plus peur de l’avenir.

Faque. C’était peut être pas le plus beau jour de ma vie, mais c’était assurément le premier jour du reste de ma vie. De ceux qui donnent un sourire et de la lumière dans le coeur, de quoi s’accrocher aux belles journées qui s’en viennent, et avoir le goût de recommencer, un de ces jours, avec  la famille et tous ceux qui manquaient.

Montréal, Québec · Voyages

immigrante

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Quand j’étais à l’école, en cours d’histoire-géo, on a appris la différence entre émigrer et immigrer. Émigrer : quitter son pays. Immigrer : arriver dans un nouveau pays. On notait les flux migratoires avec des grosses flèches de couleurs, et on apprenait l’histoire de tous ces peuples qui s’étaient baladés d’un continent à l’autre. Plus tard, j’ai étudié l’histoire des États-Unis, les différentes couches de population européennes, le commerce triangulaire, et l’hispanisation de cet immense pays via cette frontière poreuse avec le Mexique.

Pendant des années, en France, j’ai entendu parler de l’immigration. Des immigrants, ces méchants étrangers qui volaient le travail des gentils Français. L’immigration, avec la question de l’intégration, les plombiers polonais, les musulmans, et les discours radicalisés. La question des sans-papiers, des sans-abris, les arrestations, les extraditions. Les migrants qui traversaient la Méditerranée au péril de leur vie pour s’installer en France, ce pays où ils vivaient avec presque rien et trouvaient malgré tout de quoi pour envoyer une partie à leur famille, là-bas, en Afrique.

J’ai grandi à quelques kilomètres de Marseille. Dans ma classe il y avait Annaëlle, qui parlait Espagnol dans sa famille et qui avait une maison en Catalogne. Il y avait Idriss et Yanis, les beaux gosses à la peau bronzée. Il y avait Thomas, dont j’ai appris plus tard qu’il était juif et petit-fils de déportés polonais. Il y avait Maëva, métisse d’une maman vietnamienne, et d’un père espagnol. Et Myriam, qui faisait du scoutisme avec moi. Plus tard, j’ai travaillé avec Farah, qui rentrait au bled pendant les vacances. Malanto, au nom de famille imprononçable, dont on aimait à dire pour l’embêter qu’elle venait de Malgachie. Pelin, Turque. Dounia, Marocaine. Joseph, Libanais catholique dont la barbe et les cheveux l’auraient aisément fait passer pour un terroriste (ou, dans d’autres temps, un révolutionnaire Cubain). J’ai grandi au milieu de tous ces noms Italiens qui ne m’ont jamais semblé plus étrangers que les Espagnols, Arabes, Portugais, Asiatiques, Europe de l’Est, Juifs, et autres. Je n’ai réalisé le métissage dans lequel j’évoluais qu’en voyageant – l’Allemagne d’abord, puis  le reste de l’Europe, et bien sûr, le Québec. Ma mère s’appelait Venturini. Elle a du sang Italien, et Belge. Mon père est Français, de l’Est de la France – ce coin qui a changé de langue et de nationalité un bon nombre de fois au siècle dernier. J’ai fait des études où m’a parlé de la mondialisation, où on m’a formée à travailler dans un contexte multi-national, j’ai étudié en Allemagne, et c’était normal, et mes amis sont partis faire des stages au Panama, au Pérou, à Londres, en Chine.

Pour moi, l’immigration, c’était ces migrants d’Afrique qui se dépensaient toutes leurs économies pour traverser le détroit de Gibraltar dans un canot de sauvetage en espérant trouver une vie meilleure. Pour moi, les étrangers, c’étaient ceux qui ne parlaient pas ma langue, qui n’avaient pas ma culture. C’étaient pas mes camarades de classe, mes collègues de travail, ou mes voisins.

Et puis je suis partie. J’ai Émigré depuis la France pour Immigrer au Canada.

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Quand tu pars, dans ces conditions – faire un PVT sur un coup de tête, pour t’installer dans un pays occidental, aisé, où on parle français et anglais – à aucun moment tu t’imagines comme ces migrants entassés dans un camion avec un sac et un jean pour tout bagage. Quand t’arrives au Québec (à Montréal), on t’accueille les bras ouverts. Bienvenue ! te dit le douanier. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, on est là, dit la dame d’Emploi Canada qui te donne ton NAS (numéro d’assurance sociale – requis pour travailler). On réalise pourtant bien qu’en effet, malgré une langue à peu près commune, et une certaine culture partagée, on est dans un autre pays, à l’étranger. Et c’est normal, après tout – on a traversé l’Atlantique, on a beau partager quelques ancêtres (ces fous qui avaient décidé de quitter leur Normandie humide pour ce pays gelé la moitié de l’année), on est loin d’être en France. Et c’est bien.

Doucement, on s’acclimate. On découvre, on apprivoise. Ya plein de Français, ici, et le Québec voue une forme d’amour-haine au Vieux Continent, alors on se sent à la fois chez soi, et pas trop dépaysés, et à la fois dans une nouvelle vie. C’est grisant. On découvre cette terre d’immigration, à Montréal, ces quartiers multi-ethniques, où Latinos, Italiens, Vietnamiens, Maghrebins, Indiens et Haïtiens se côtoient. On discute avec les chauffeurs de taxi qui racontent que là bas (ie en Haïti ou au Maghreb), ils étaient profs, médecins, ingénieurs. Que ça prend 6 ans, d’avoir une résidence permanente. Qu’ils avaient jamais posé le pied ici avant, qu’ils ont tout quitté là bas, qu’ils ne sont pas rentrés depuis.

On se trouve chanceux, à ce moment, d’être Française. De parler cette belle langue, d’avoir des diplômes reconnus ici, et des facilités pour avoir un visa, et trouver du boulot. On dit à nos amis « venez, c’est cool ici, c’est simple de venir s’installer ».

Puis les galères avec l’immigration commencent. En 2 ans, j’ai cumulé des « malchances », des décisions qui m’ont semblé très arbitraires et qui m’ont amenées récemment à perdre un boulot qui me plaisait, et pour lequel j’étais pourtant qualifiée. Je ne rentrerai pas dans les détails, ça n’est pas le but de ce billet. Deux ans après être arrivée au Québec, et malgré un « plan de match » bien planifié au départ (je vois souvent des gens qui, arrivés à la fin de leur visa, commencent à se poser la question de comment rester – ce n’est pas mon cas), je n’ai toujours pas de statut permanent ici – et en fait je n’ai pas vraiment de statut tout court.

Ces derniers mois, j’ai passé beaucoup de temps à évaluer les différentes options, parcourir le site de Citoyenneté Immigration Canada, les forums, etc. Le fait est que des décrets sont passés, des changements ont été mis en place, les délais de traitement des dossiers sont devenus extrêmement longs par rapport à quelques années en arrière. Parallèlement à ça, le Canada et le Québec traversent comme le reste du monde une « crise » économique, et des mesures d’austérité sont mises en place. Qui dit austérité dit coupes de personnel, ce qui peut expliquer l’augmentation des délais de traitement et la complexification des critères – pour limiter les demandes peut être. Des discours émergent ça et là, particulièrement au Québec, reprochant doucement à l’immigration son influence sur la situation socio-politique (notamment par rapport à la souveraineté du Québec). Réaction humaine face à l’adversité, et similaire à ce qu’on observe depuis un moment en France : on pointe du doigt les étrangers. Ici, pourtant, l’immigration est choisie, quantifiée, qualifiée. Ici pourtant, la tolérance est une réalité. Mais on a peur.

Ces dernières semaines, malgré 2 ans ici, malgré ma volonté d’intégration (que je pense réussie, même si j’apprends tous les jours et que je me sens toujours Française, je pense faire ce qu’il faut pour m’adapter à la culture et la mentalité Québécoise), malgré un accueil toujours chaleureux et des bras grands ouverts, malgré la possibilité de trouver du travail, je me sens comme une immigrante – dans le sens péjoratif qu’on donne en France. Je n’ai aucune possibilité d’influer sur ce qui décidera de ma situation ici. Je n’ai pas le droit de vote. Je n’ai pas la possibilité de contacter directement les bureaux d’immigration – seulement envoyer des dossiers. Je dois attendre. Attendre sans avoir le droit de travailler, sans couverture santé, sans savoir combien de temps ça prendra pour régulariser ma situation – et sans pouvoir quitter le Canada, sous réserve de prendre le risque qu’on me refuse de rentrer à nouveau.

Autour de moi, plusieurs personnes sont dans des cas similaires – complications par rapport à leurs demandes, délais de traitements indécents, changements au niveau des conditions pour obtenir un permis de travail qui compliquent leurs recherches… Entre Français, on en parle, on sait, mais la plupart des Québécois ne comprennent pas. Tu as un boulot, tu es qualifiée, tu parles français, alors pourquoi ?

quebequisationphoto Urbania

Je n’ai pas de réponse, je ne veux pas chercher à comprendre. Mais je veux rester. Le pire, c’est que notre situation de Français immigrants au Canada est relativement enviable par rapport à la plupart des situations d’immigration dans le monde (je ne parle même pas de la France…). Certains s’accrochent. D’autres doutent. Comment aimer un pays qui nous met des bâtons dans les roues ?

J’ai le « malheur » d’être tombée en amour avec le Québec. Avec ses gens. Sa météo. Sa culture. Avec ce barbu Québécois. Avec Montréal. Il va falloir plus que ça pour me décourager de rester, mais j’aurais aimé que le chemin soit plus facile.

Je voulais simplement témoigner de mon expérience – oui, le Canada est une terre d’accueil, mais ce n’est pas l’Eldorado que la télé française nous décrit. Avoir un permis de travail temporaire est – sur le papier – facile, mais ne garantit rien par la suite. Être francophone ne donne finalement que peu d’avantages, à moins d’avoir un métier très en demande ici (ingénieurs, développeurs, réseau, infirmiers, médecin). Et surtout, on reste des immigrants. Des étrangers. En sursis.

Je rêve d’un monde sans frontières – celui dans lequel j’ai grandi -, je rêve de n’avoir à justifier mon envie de vivre ici que par l’amour que je porte à ce pays, même si je n’oublie pas d’où je viens. Je rêve du jour où j’aurais enfin la reconnaissance légale, et la liberté à durée indéterminée de me sentir pour de bon chez moi.

Intime & Réflexions

and so it is (meant to be)

charlevoix-2La vie c’est comme une boite de chocolats.

J’en aurais plein, des phrases toutes faites qui veulent tout et surtout rien dire, des citations à la con sur comment on trouve le bonheur, et let it go – ta gueule – parce que carpe diem. Ya des mecs qui ont écrit des livres sur comment on voyage pour se trouver soi-même, et pour réaliser finalement qu’on est bien dans son jardin, sous son arbre, whatever. Je suis pas philosophe, ni écrivain, ni ce genre de fille qui poste sur son mur Facebook des quotes inspirées pour faire semblant qu’elles ont trouvé une solution à la vie. J’ai pas de solution. Ya pourtant quelque chose que je peux dire, et tant pis si ça sonne quétaine – comme ce genre de vérité évidente qu’on t’assène dans les bouquins de développement personnel : le bonheur il est pas toujours là où tu l’attends ; ça fait parfois du bien de sortir de sa zone de confort pour se (re)trouver ; et enfin, une fois que t’es sorti du chemin tout tracé, ça peut vite devenir hors de contrôle – alors accroche-toi.

Tu sais pas dire quand tout a basculé – la vérité c’est que ça « bascule » pas d’un coup – on vous ment dans les films et les histoires. Dans la vraie vie, c’est comme un glissement imperceptible. Ce moment où tu sors du tout-tracé, et ça a l’air cool, et facile, et évident. T’avances, un pas, deux, jusqu’à t’enfoncer jusqu’au cou dans cette nouvelle expérience, en croyant encore contrôler la dérive, persuadé qu’au bout, ya une sortie facile.

Sauf que c’est pas comme ça. L’objectif, il change pas, mais c’est les étapes pour y arriver qui commencent à faillir. Ça commence par un premier choc, puis un deuxième, mais tu comprends pas encore ce qui t’arrive – parce que ça n’a aucun sens, aucune logique, ça ne peut pas se produire. Puis tu tombes, une fois, tu te relèves, tu avances à tâtons jusqu’à la prochaine passerelle, tu penses que c’est bon t’es sorti d’affaire là, tu vas rejoindre ce chemin que tu voulais prendre, mais non, ça ne tenait pas assez fort, ça s’effondre sous tes pieds. Alors tu repars, t’embarque sur une autre, comme un plan B, puis C, puis tu vois à chaque fois cette lumière, ton objectif qui se rapproche, et puis le mur. À nouveau. Et puis surtout, tu peux plus revenir en arrière.

Plusieurs personnes m’ont dit, à ta place, je sais pas ce que j’aurais fait. J’aurais abandonné, sûrement. T’as du courage.

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Je sais pas si j’ai du courage, je sais pas non plus toujours si je sais ce que je fais. Ya quelque chose en moi de l’ordre de la rage, de la volonté obstinée d’atteindre cet objectif, de pouvoir enfin souffler. Ya quelque chose qui me pousse en dedans, peut être aussi une forme de déni, mais dans le fond je veux y arriver, parce que ça ne peut pas être autrement. Alors j’emprunte une passerelle, puis une autre, puis la suivante, jusqu’à qu’on y arrive. Pendant ce temps ya des milliers de choses qui se passent en moi, qui bougent, mûrissent, explosent. Ya ce désir immense d’être là, d’arriver au bout.  Ya toute cette énergie qui me mobilise, ya tout cet amour qui m’inonde et cette bienveillance, et tout ce que j’ai le goût de donner en retour. Et c’est merveilleux.

Ya pas de moment où tout bascule. C’est faux. Ya des portes qui s’ouvrent, d’autres qui se ferment, des chemins à prendre, beaucoup de choses qu’on peut pas contrôler. Puis ya le reste. Ya ce qu’on croyait être des certitudes qui volent en éclats, et qui laissent la place à une réalité, une vérité, une évidence si claire et si concrète qu’on peut juste pas la nier. On désapprend la peur. On réévalue notre approche de la vie. On accepte l’injuste, l’irrationnel, la part de semi-hasard sur laquelle on n’a pas de prise.

Un jour, tu décides de sortir du chemin tout tracé, puis si t’oses et que tu pousses un peu ta chance, ça peut aller loin. Ta vie, ça devient ce gros labyrinthe, ce manège incessant, ça secoue dans les coins mais au centre, ça rend juste encore plus évidentes tes certitudes. Tu exploses pour mieux te reconstruire. Tu rejettes pour mieux ré-apprivoiser. Tu croyais savoir et tu sais plus rien, et puis à nouveau, tu sais.

Ya pas de destin, mais des milliers d’épiphanies. Ya ce chemin sinueux, tortueux, et tout ce bonheur à côté. Puis ya ce soir où tu te retrouves à magasiner des anneaux d’argent, et à vouloir y graver des mots d’enfants, des mots d’amour, des mots dont personne ne peut garantir qu’ils seront pour la vie, mais c’est pas ce qui compte. À ce moment précis, c’est simplement ce qui semble être la chose la plus évidente à faire – parce que quelque part, après avoir oublié la peur, après avoir occis les doutes, on peut enfin accepter l’idée d’être adultes. Parce que quelque part dans cette tourmente, il y a une île, un port, une ancre. Parce qu’on veut croire que ces mots là dureront toujours.

– and so it is  (meant to be).

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