paris by night

paris by night

Il y a des jours – souvent – j’oublie que je vis à Paris.

A Paris, je veux dire, cette ville lumière que le monde nous envie, cette ville d’Arts, cette ville romantique, cette ville magnifique. Paris des films et Paris des Américains. Paris du Louvre, de la Seine et de Saint Germain.

CE Paris.

Comme toute ville dans laquelle on s’installe, il arrive un temps au bout duquel on se sent « chez soi ». Chez soi, comme un trajet familier chaque matin, comme des noms de rues qu’on reconnait, comme un quartier qu’on habite, avec son quotidien. La boulangerie. Le Monop’. La ligne de bus. On prend des habitudes, on sait quel wagon prendre pour arriver en face de la sortie, combien de temps pour faire Châtelet – Place de Clichy .

Il arrive un moment où la ville nous a apprivoisé.

Paris, pour moi, ça a toujours été une forme de fantasme. Depuis mes dix huit ans, Paris et ses mystères, Paris et sa liberté. Le symbole de la ville capitale par excellence, la ville des excès, aussi.

J’y venais chaque année. Une semaine, promener mes baskets dans les musées, les rues, me laisser emmener par l’inspiration. Paris comme une touriste, Paris avec le temps de s’y perdre, d’y rêver. Saint Germain, le Louvre étaient mes quartiers. Et les mystères de derrière les murs.

J’ai oublié que je vivais à Paris depuis que j’y habite. Je ne sors plus tellement de mon quartier, trajet boulot – dodo – ciné, musées le week end, parc Monceau l’été.

Mais certains soirs, lorsque je sors, il arrive que je traverse Paris. De mon 17e vers le Sud, rive gauche. C’est là que la magie opère à nouveau, lorsque de nuit, je traverse la Seine. Lorsque la ville est calme. Lorsque les lumières  des ponts se reflètent sur l’eau. A pieds, à vélo. En scooter. Lever la tête pour regarder les Invalides. La pyramide de la Cour Carrée. Le bitume humide et les reflets.

Alors je me souviens. Paris et ses nuits blanches, à traverser la ville. Paris et ses lumières. Les nuits de printemps en sortie de soirée, les journées à marcher sans savoir. Ces lieux qui me sont aujourd’hui familiers reprennent tout à coup l’ombre du mystère, le goût des découvertes et de l’inconnu.

Alors, Paris reprend de sa superbe, et alors que les touristes et la foule sont rentrés, lors de balades nocturnes, je peux à nouveau dire que Paris nous appartient.

Photo trouvée ici

les cartons dans le placard

De retour chez moi, le week end dernier. Chez moi, dans mon Sud natal, une maison dans laquelle j’ai grandi, et que j’ai quittée depuis près de cinq ans.

Cinq ans, c’est court, mais ça laisse le temps d’oublier certaines choses. Entre les déménagements consécutifs, les 6 (bientôt 7) apparts, les aller retours entre Sud et Nord… j’abandonne au fur et à mesure des vêtements, livres, objets et souvenirs. Contenus dans des cartons.

A chaque visite, je trie. Ca, je ne porte plus. Ca je ne lis plus. Ca je remonte à Paris, ça peut servir. Ce bouquin, je l’avais oublié. Des découvertes et des souvenirs, à chaque ouverture de cartons. Des cartes postales accrochées sur les murs. Des photos oubliées.

Et puis il y a ces cartons, trois boites, pour être précise. Des boites à souvenirs, dans lesquelles j’ai rangé au fur et à mesure mes bouts de vie, histoires d’amour et d’amitiés. Agendas du collège, lycée, remplis de petits mots des copines, et de photos. Lettres d’une correspondante que je n’aurais jamais rencontrée. Paroles de chansons imprimées et collées dans un grand cahier vert. Et d’autres. La première rose qu’un amoureux m’a offerte. J’avais 15 ans. Des lettres, encore, des cartes postales de pays lointains, des boites remplies d’objets qui – à une époque – avaient une signification. Un emballage cadeau fait main. Mes nounours, complètement usés par les années passées à les trainer partout. Encore des lettres.

Etrange de retomber sur ces souvenirs. Je ne sais pas ce que j’en ferai. Ces petits bouts de vie, des choses qui ont comptées, à un moment, pour moi. Pour la plupart, ces lettres je ne veux pas les relire, ces photos je ne veux plus les regarder. Et pourtant, je suis incapable de m’en séparer.

Alors ça reste là, dans ces cartons, au fond d’un placard. Un jour peut être, en version Fight Club (oui j’ai regardé ça hier soir, bon), tout cramera. Et ça ne me fera sûrement rien. Mais voilà, je suis une bloquée de ce genre de choses, infoutue de jeter ce qui a eu une valeur sentimentale. Les gens qui brûlent les affaires de leurs exs pour mettre fin à une histoire, je ne comprends pas.

Non, chez moi le passé est bien enfoui, enfermé dans des boites souvenir, ma manière de respecter la mémoire de ces moments passés, de refermer un pan d’une époque. Comme un journal intime qu’on garde mais qu’on ne lit plus. Les couvercles sont restent fermés, mais parfois, un retour at home, alors que ma chambre d’enfant, et celle de mon adolescence n’existent plus, il suffit d’ouvrir la boite de Pandore pour replonger dans ces souvenirs qui ont fait de moi ce que je suis.

Il faudrait juste mettre un gros autocollant dessus, avec écrit

FRAGILE

NE PAS DERANGER

qu’est ce que tu veux pour noël ?

Noël, c’est dans dix jours. Une semaine, en fait. Je sais pas pourquoi j’ai absolument envie qu’on soit le 15, mais on est bel et bien le 17.

Comme tous les noëls, et j’imagine comme dans la plupart des couples et familles, on m’a demandé ce que je voulais pour Noël. Le Garçon, MonFrère, mes parents… le problème c’est que…

… je ne sais pas ce que je veux pour Noël.

Et j’ai soudain la nostalgie de l’enfance, cette époque bénie où on n’avait pas les moyens de s’acheter ce dont on rêvait, où on bavait pendant des semaines sur les catalogues de cadeaux, les vitrines avec leurs camions des Barbie et les Toy’r’Us aux rayons remplis de Playmobils.

A l’époque, c’était simple, on écrivait une lettre au Père Noël, un truc du style « cher Père Noël, je voudrais le cheval de Barbie, et le coffret PollyPocket avec le vernis à ongles dedans, et puis aussi un Lego StarWars pour jouer avec mon frère, et un Monopoly ». On était polis. Sages. On se lavait les dents matin et soir, et parfois même le midi et on jouait à chat dans la cour de récré. Oui, les envies étaient simples…

Plus tard, on n’a plus cru au Père Noël, et la liste est devenue quelque chose comme « Papa Maman, je veux (envolée la politesse) une paire de Doc Martens, un parfum Lolita Lempicka et un DiscMan« . Le scooter, c’était pour l’anniversaire.

Aujourd’hui je gagne ma vie. J’ai un peu d’argent de côté, je me paye un voyage à New York et on m’offre des supers week ends en amoureux. Mon placard est rempli mais je bosse derrière un ordi et ne sors plus vraiment en boite le soir, et puis il fait trop froid pour acheter une nouvelle paire d’escarpins. Ce dont j’ai envie, je l’achète, et la liste des cadeaux demandés à mon anniversaire a bien rétrécie.

On pourrait dire « elle se plaint mais elle a tout ! », peut être. La vérité c’est que si je devais faire ma liste au Père Noël cette année, ce serait…

Cher Père Noël,

Je doute que tu existes, même si un jour ou l’autre je ferai croire à mes enfants que si. Cette année j’ai été sage, peut être plus que d’autres années, ou pas vraiment. Ce qui me ferait vraiment plaisir ne s’achète pas. Quelques heures de libre par jour pour pouvoir trainer, dormir un peu plus, voir le ciel lorsqu’il fait encore jour, blogger autre chose que des conneries. Un endroit où je me sente bien, un appart avec du soleil qui rentre par les fenêtres et des murs à repeindre, pour y accrocher les tableaux de ma mère. Un projet qui me tienne à coeur, et me motive plus que rédiger mon mémoire et me lever pour aller bosser tous les matins. Passer plus de temps avec les gens que j’aime et qui sont loin…

Voilà, ce que je voudrais. Du temps pour moi. Quelques murs à décorer. Un rayon de Soleil par ma fenêtre le matin. Du temps…