Au quotidien

cheap top model

Samedi après midi, après avoir fait un minimum de ménage dans ma pièce mon 15m², je suis partie toute gaillarde à une rencontre photographique. Rencontre photographique, mais kessecé ? En résumé, c’est tout un tas de gens avec des gros appareils photos qui se retrouvent dans un studio pour le lancement d’un concours photo la FNAC.

(aller, hop, les trolls faites votre boulot, trollez moi bouuuuu je me fais inviter à un truc commercial bouuuu saymal)
Photo Benjamin H2

J’avoue être arrivée là,  avec mon Canon G9 (un compact expert, pour ceux qui voient pas trop ce que c’est, cliquez sur le mot), me suis sentie toute petite. Parce que bon, les gens invités, c’est plus ambiance « c’est moi qui ai le plus gros » (objectif, pourquoi, vous avez pensé à quoi.. ?). Mais en fait, il y avait là un photographe qui s’appelle Thomas Lélu et qui fait des trucs que j’aime beaucoup. Thomas Lélu fait des photos foules, des photos pas cadrées, des photos qui n’ont rien de « photographique », du moins dans les règles que l’on connait. Et Thomas Lélu est jury d’un concours organisé par la FNAC sur le thème « Récréations photographiques »: il s’agit de prendre des photos « drôles, amusantes, hors contexte, décalées…« . Et on a même le droit de faire des photos floues !! (j’en connais un à qui ça va plaire)

Nous étions donc tous et toutes là, et il fallait que des gens posent, et il se trouve que (c’est bien connu) les photographes détestent passer devant l’objectif. Le choix a vite été fait. Nous nous sommes retrouvées, Anne Laure, Leslie et moi, modèles d’un jour… Et si d’autres aussi ont posé, c’est vrai que, comme diraient certains, il y a beaucoup de bleu.

Voilà donc comment je me suis retrouvée sur les Flickr de tout le monde (ou presque, hein, c’est comme toujours « tout le monde » ça fait beaucoup), avec ma combi short EDF et mes escarpins cheap à 10€. Oui, encore une fois j’assume ma cheap attitude, je donne le prix de mes chaussures. Pour l’adresse, c’est n’importe quel magasin cheap Rue de Rome à Marseille, ou si vous êtes parisien, chez n’importe quel chinois.

Sur ce, ayant tout un tas d’autres trucs à faire, voici les liens des oeuvres des photographes. Merci à eux pour les fous rires et ces photos très drôles 🙂

Viinz

Franck Lassagne

H2 (Benjamin)

Shamir

Titlap

Pour plus d’infos sur le concours (jusqu’au 21 juillet) : www.concours-photo-fnac.com

Au quotidien

camelia-jordana sors de ce corps !

Il y a des choses qui deviennent à la mode, et on se dit « jamais je ne porterai ça« . Parce que quand c’est le début de la mode, on trouve ça ridicule, question d’habitude (enfin surtout quand on vit en province et qu’on est au courant des tendances 116 ans plus tard). Et puis qu’après, tout le monde le porte, et c’est tout aussi ridicule.

Par exemple, il y a un truc que je me suis jurée ne jamais acheter/porter : les Converses. Oué, ok, j’ai jamais vu une mode se répandre aussi rapidement, toucher autant de monde (filles, mecs, roots, fashion, jeunes, vieux…), et durer aussi longtemps. Je me souviens encore, cette étudiante américaine dans ma classe en Première, avec ses Converses roses, que tout le monde trouvaient ridicules. Et six mois plus tard, 98% de la population de mon lycée avait des Converses aux pieds (oui j’exagère, je suis née dans le Sud, on a oublié ?). Six ans plus tard, je n’ai jamais acheté de Converses, en ai porté une fois « pour essayer » dans un magasin (à Berlin, histoire que personne ne soit témoin). Je tiens. J’en suis fière. J’ai acheté des sneakers Nike Blazer WNS Mid à la place. Je les ai défoncées (dans la boue) en week end d’inté. Et puis c’est devenu à la mode aussi, mais je les aime d’amour, alors je les porte. Quand même.

(ça c’est un peu mes baskets avant. maintenant elles sont toutes déchirées, grisâtres, et j’ai honte de les montrer ici. un jour, peut être…)

Enfin.

Il y a une tendance qui m’a fait juste halluciner quand elle a commencé. Le revival eighties, avec accessoires adaptés. Parmi ces accessoires, il y a les Wayfarer. Vous savez, ces lunettes à monture noire bien large, le truc hyper parisien en terrasse, en mode lunettes de soleil, mèche et clope au bec. Ou encore la version lycéenne, grosse frange, t shirt loose/chemise, bottes et sac informe. Camélia Jordana quoi.

(Pour mes lecteurs étrangers et/ou sans télé: Camélia Jordana est une candidate de la Nouvelle Star 2009. Pour le reste, voir la photo)

Il parait que les Wayfarer c’est plus du tout in (forcément c’est sorti l’été dernier, quatre péquins les portaient, maintenant que tout le monde a adopté le truc, c’est pluis du tout hype). Et sur Camélia Jordana c’est hyper moche. Mais voilà,je devais refaire faire mes lunettes (travailler 10 heures/jour sur un ordi, ça agresse), et après avoir essayé un tas de paires sans grand coup de foudre, j’ai finalement craqué.

wayfarer

(ou comment perdre 5 ans grâce à une monture noire)

Voilà. J’assume mon côté cheap. Je porte des lunettes de lycéenne déjà dépassées.

Culture

la Force de l’Art, Kandinski, Calder, Terzieff, et…

Le week end qui s’est achevé dimanche soir (oui c’est un pléonasme ET ALORS?) fût pour moi très culturel. Ma mère avait décidé de venir en mode squat pour quelques jours chez moi, nous avons donc écumé musées, expos, salles de théâtres, cinémas, et même église… (cherchez l’erreur)

Oui, parce que ma maman est artiste. Plasticienne, c’est à dire qu’elle travaille la matière. Du genre contemporain, sculptures, installations, bébés blancs, etc etc. Ceci explique notre goût commun pour l’Art, et que j’ai été plongée dedans depuis un bout de temps. Et puis Paris, c’est quand même la ville des musées. Donc, nous avons fait ce fameux week end culturel. CQFD

Expo – La Force de l’Art, au Grand Palais

La Force de l’Art c’est la Triennale de l’Art Contemporain en France. L’idée, c’est de présenter au (grand) public l’actualité de l’Art en France en 2009. Installée dans la nef du Grand Palais, mais aussi dans des lieux tels que la Tour Eiffel,  le Palais de la Découverte ou encore le Musée Grévin, la Force de l’Art présente des oeuvres d’artistes français ou travaillant en France.

Au Grand Palais, installées dans un ensembla architectural appellé la Géologie Blanche, les oeuvres proposées montrent un visage très varié de l’Art contemporain. La plupart des oeuvres sont des installations, éphémères comme le kebab d’images géant du Chinois Wang Du ou les jeux alimentaires de Michel Blazy (qui avait exposé au Palais de Tokyo il ya deux ans); ou plus massives, telles la  trace préhistorique de Virginie Yassef.  On y trouve aussi des tableaux et photographies. J’ai beaucoup aimé le travail de Butz&Fouque, deux jeunes artistes lilloises qui jouent sur la gémélléité et le corps féminin, en se mettant en scène de manière très drôle.

Mon avis sur cette expo ? Pour les néophytes, c’est l’occasion de voir un peu ce qui se fait aujourd’hui en Art contemporain. Les oeuvres présentées sont assez accessibles, même si les concepts et réflexions des artistes sont peu explicitées. D’un point de vue plus averti, l’expo nous a semblée très « supermarché ». Il n’y a en effet aucun lien entre les oeuvres, qui sont présentées côte à côté dans cette « vitrine » blanche qui n’occupe qu’une mini partie du Grand Palais. On passe de l’une à l’autre sans réellement entrer dans le sujet, avec trop peu d’explications. C’est dommage…

A noter, il n’y a pas de tarif réduit étudiant ou jeune.

Musée – Kandinski et Calder, Beaubourg

Il y az souvent des retrospectives à Beaubourg, et c’est ce que j’apprécie. Si on met de côté le prix (9€ en tarif réduit, et la gratuité des moins de 26 ans ne concerne que les expos permanentes) et la foule, c’est un lieu que j’aime beaucoup.

Alexander Calder est un artiste du XXe siècle, ingénieur, qui s’est mis à fabriquer des petits jouets à mécanique, en utlisant fils de fer, câbles téléphoniques, chutes de tissu… L’expo présente sa période « parisienne », de 1926 à 1933. Ses premières « oeuvres » font penser à ces jouets faits mains des enfants pauvres.

Plus tard, il se met à réaliser des sculptures, toujours en n’utilisant que des câbles téléphoniques. Ces sculptures, visages, hommes ou animaux, sont vraiment un travail extraordinaire. La légèreté du « trait » et la finesse du détail sont impressionnantes. Avec beaucoup d’humour, ses « dessins dans l’espace » pourraient rappeller des caricatures de l’époque (années 20). Enfin, l’expo termine sur ses mobiles, inspirés par Paul Klee dont il a l’idée de « mettre ses tableaux en mouvement ». Le travail de Calder mérite d’être vu en « vrai », car aucune photo ne rend de la légèreté et de la beauté de ses oeuvres. De plus, c’est très accessible et très « joli ».

Je ne présenterai pas Kandinski. L’expo est intéressante, notamment dans le parcours de l’artiste vers l’abstraction. Si j’ai aimé certains de ses tableaux je rest assez hermétique à son travail, très conceptuel. Intéressant à voir, donc, mais mieux vaut ne pas y aller exprès si on est pas un public averti.

Théâtre de la Gaîté – L’Habilleur, de Ronald Harwood, mise en scène Laurent Terzieff

Longtemps que je n’avais pas été au théâtre (wouhuuu souvenirs de prépa, et des tragédies grecques), et jusqu’à quelques heures avant la pièce, je ne savais même pas ce que j’allais voir (merci Maman pour tes explications « Terzieff tu connais c’est un des grands acteurs de théâtre français« ). Mais très bonne surprise.

Janvier 1942, L’Angleterre est en proie aux bombardements nazis ; les acteurs valides sont sous les drapeaux, les théâtres brûlent. Dans ce chaos, une troupe de province s’apprête à jouer le Roi Lear. Le « maître » qui dirige la troupe et joue chaque soir les rôles titres des pièces de Shakespeare, se prépare, mais son esprit s’échappe, son corps à bout de nerfs, le trahit. Incapable de se résoudre à l’annulation de la représentation, Norman, l’ombre du maître, son « habilleur », à son service depuis 16 ans, le réconforte, l’encourage et se démène contre l’avis des autres comédiens, pour qu’il assure la représentation…

Une pièce étonnante, ou alternent rire et émotion. Le rôle du « Maitre » colle à la peau de Terzieff, on l’imagine tout à fait dans cet acteur vieillissant, malade, mais esclave de son métier. L’habilleur, joué par Claude Aufaure, réussit à imposer sa présence aux côtés de cet acteur impressionnant. Etant assez nulle en critique pour le coup, je terminerai donc par « j’ai aimé« , ainsi que le public, qui a offert une standing ovation à la troupe.

(à suivre…)

Culture

amalia, julia, georges, anna, thomas

Ann est pianiste. Un soir pluvieux à Choisy le Roi, Thomas embrasse une autre, et Ann recroise le chemin de Georges, l’ami d’enfance. Alors Ann décide de quitter Thomas, de quitter le piano, de quitter Paris, de quitter sa vie. Ann s’appelle Eliane, en fait. Elle a aussi changé de nom.

Mais tout ça n’a pas d’importance.

Noyée ans une musique qui se fait de plus en plus présente – jusqu’à l’oppression – Ann abandonne petit à petit les morceaux de sa vie, et part. Pourquoi, lui demande-t-on souvent. Et elle ne répond rien. Elle part seule, change de sacs et de trains, jusqu’à se poser sur une île, où elle rencontrera Amalia, Carlo, Julia. Julia.

Il y a dans Villa Amalia des silences qui disent beaucoup de choses. Il y a cette musique -piano, opéra- qui emplit l’espace. Les crissements des grillons, et la mer qui se fond avec le ciel au bout. Il n’y a pas d’explications. Pas de conclusion. C’est lent. C’est vide. Mais c’est beau.

Il y a peu à raconter sur ce film, la musique et le visage d’Isabelle Huppert suffisent -lorsque Julia l’observe et lui demande où as tu attrapé ce visage là ?. J’ai aimé. Aimé cette distance qu’Ann prend soudain avec sa vie. Aimé cette rupture nette. Aimé ce lien étrange avec Georges. Aimé ces paysages, l’émotion de la musique, le regard de Julia.

Il y a des films où on tente de remplir la solitude du personnage par des actions intenses. Dans Villa Amalia ce vide se suffit à lui même, et étrangement, si on voit passer le temps, on n’a pas tellement envie que ce soit fini…

Chroniques

de l’exhibitionnisme assumé du bloggeur hype et VIP

(ou: Faut-il montrer ses seins/son cul/sa chatte/autre pour être lu)

Pardon pardon pardon, je n’ai pas bloggué depuis dimanche soir… Ah non, je vais pas m’excuser, je suis SURE que vous étiez super contents de rien avoir à lire (ça repose), et puis de toute façon ma première fan était en mode squat dans mon lit, tandis que la deuxième n’avait plus d’ordi (pardon les filles, première ou deuxième je ne fais pas de favoritisme c’est inversible*). De plus, j’ai décidé de faire le deuil de mes deux lectrices Californiennes qui sont rentrées en France… si quelqu’un veut se dévouer pour rajouter un petit « 1 » dans mon Google Analytics sur les Stazunis ?

Enfin toussa pour dire. Depuis ces quelques mois de blogging et de fréquentation plus ou moins assidue de bloggeurs hypes et moins hypes, j’ai ou observer certaines tendances qui émergent dans la blogophère. Il est assez logique en effet que pour être bloggeur il faut posséder un certain égo (pour supputer que des gens vont être intéressés par ce qu’on raconte) et être un peu (beaucoup) exhib (pour oser se dévoiler sur un espace public).

Il existe donc une forte propension du bloggeur à se montrer, et certains l’ont bien compris. Ainsi, la mode a été (est toujours?) de se soumettre à l‘interview nu chez Pingoo (attention âmes sensibles s’abstenir), ou bien pour certain(e)s de lancer un défi sur Twitter: à partir de XXX followers, je montre mes seins (réelle tentative de célébrité, ou simple maladresse ?), enfin, d’autres utilisent leurs atouts pour récolter des dons pour une oeuvre caritative.

Je n’irai pas jusqu’à faire une analyse psycho-sociologique des raisons X ou Y qui poussent ces âmes à dévoiler leurs corps (et inversement). Mais quid du résultat de ces tentatives (des)espérées d’attirer l’oeil pervers des lecteurs ? Quid de ces bloggeurs qui restent habillés ? Quid de ces rumeurs plus ou moins avérées d’exhibition de chairs dans des moments intimes (de la coucherie inter-bloggeurs, quoi) ?

J’avoue, j’hésite à prendre ce thème comme sujet de mémoire de fin d’études. Dommage, j’ai déjà choisi un truc de bloggeurs, certes, mais sans poils et sans bonnets B. Pourtant, peut être que mon tuteur, ce cher Marcel (sissi, c’est son vrai prénom – ne riez pas, il est plutôt BoGoss !) aurait apprécié l’attention faite au côté expérientiel de la chose. Mais bon, je doute que mon école dans le top 10 accepte (malgré la propension des étudiants en école de commerce à s’exhiber, eux aussi) (d’ailleurs il faudra qu’un de ces jours j’écrive un post sur les paralèlles flagrants entre blogo et écoles).

Ayant écarté la nécessité de prouver un quelconque résultat (càd que non, je ne me mettrai pas à poil pour justifier ou non d’un éventuel retour sur investissement), je me pose cependant une question existentielle: faut-il montrer ses seins pour être un(e) bloggeur(se) Hype et VIP ? En tant que bloggeuse Cheap assumée, cela veut-il dire que ma photo (floue) où je ne montre rien mais quand même (dixit un mec qui trouve que je sens bon mais qui a des goûts littéraires criticables) est limite ?

Ma capacité de réflexion étant fortement limitée par mes origines blondes (de naissance), je m’arrêterai là sur la recherche de réponse. Je vous laisse donc, chers lecteurs/trices/autres (rayez la mention inutiles) débattre sur ce sujet épineux (juste après une photo pour se mettre dans l’ambiance)

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*Comme les matrices (pardon)
Au quotidien · Intime & Réflexions

train à grande vitesse

Les TGV passent, rugissent sous la charpente de verre et d’acier de la gare. Avec ma mère, j’attends mon train. Pour rentrer. Ou partir. Je ne sais plus tellement. Que définir comme « chez moi » ? Mon 15m² à Paris ? Ma Provence natale ?

Wagon 7, ou plutôt voiture, c’est comme ça qu’on dit. Place 51. Dans le « bon » sens, de la marche. Dehors les dernières lueurs du soleil s’éteignent sous quelques nuages. Au revoir…

*

Quatre jours.

Mercredi soir. Gare de Lyon, mon sac, dernier appel du chef de gare. Sifflet. Voiture 7, place 41, dans le « mauvais » sens. Je regarde s’éloigner les lumières de Paris. Je regarde les champs défiler. Je rentre chez moi. Trois heures quinze de TGV comme une coupure, l’ouverture d’une parenthèse, d’une bulle. Un exil de quelques jours. Un répis. Je ne sais plus. La dernière fois -il y a deux mois- la coupure si nette avec les kilomètres. C’est moins évident cette fois. Je me débats avec des textos parisiens, je n’arrive pas à me laisser emporter par l’intrigue de Millénium, et des gamins qui hurlent derrière. Pourtant, je suis déjà chez moi. Les gens, ce côté Sud typique, l’accent, la famille aux gosses intenables, les lunettes de soleil Dolce&Gabanna.

Marseille. Ma ville. Fée Lait qui devait m’attendre n’est pas là. Plus de batterie sur mon portable. Je sors sur l’esplanade de la gare Saint Charles, il est 23h30, le ciel est couvert d’étoiles, la Bonne Mère éclairée. Il souffle un vent tiède chargé d’iode. Je respire. Je suis chez moi.

st-charles

Quelques pas en descendant les escaliers de Saint Charles, Boulevard d’Athènes, quelques bars ouverts, des kékés me proposent de m’aider à porter mon sac, m’appellent Princesse car je ne réponds rien. Canebière. Au tournant face au commissariat, rien n’a changé. Un fou grelotte en comptant je ne sais quoi sur un panneau, on voit les mâts sur le Vieux Port qui se balancent doucement pendant que la ville dort.

*

Il y a cette atmosphère particulière à Marseille. Cité populaire, cité fière, un port chargé d’histoire. Quand le lendemain je m’arrête rue de Rome dans un magasin avant de remonter chez mes parents, le vendeur me demande d’où j’arrive.

– Paris.
– C’est beau, Paris. C’est mieux qu’ici. Il y a plus de choses à faire.

Je ne réponds pas vraiment. Il y a à Marseille le temps de ne rien faire. L’envie de flâner. Il y a ce ciel immense dont j’avais oublié comme il pouvait être bleu. Il y a ces odeurs, ces gens, la mer. Il y a à Marseille une richesse rare et unique qu’il faut savoir apprivoiser.

*

Aix en Provence. J’ai laissé mon sac dans la maison de mon enfance, pris la navette de la RN8. Le chauffeur conduisait le bus scolaire quand j’allais au lycée. Je croise quelques visages familiers. A Aix, les platanes sur le Cours Mirabeau sont verts et les filles commencent à porter jupes et sandales. De nouveaux magasins ont ouvert, la Poste de la Rotonde a enfin fini d’être rénovée, mais au fond rien n’a changé. Les mêmes filles trop jeunes et trop maquillées. Les mêmes prix excessifs pour un cocktail à la BE. Les mêmes pavés pas droits pour aller jusqu’à chez MonFrère.

Un autre soir, j’irais au restaurant -un italien- et puis boire un verre à la Suite -le bar branché. Les gens sont jeunes. Les prix prétentieux. Les garçons sont des clones. Le rosé mauvais, et servi avec des glaçons. Il fait bon dehors, et je sais que lorsqu’on vit ici on adhère aux coutumes – se promener sur le Cours mirabeau le soir, payer trop cher un verre, attendre pour entrer au Mistral, où il faut payer 20€ en liquide pour de la mauvaise house et un plafond trop bas, mais où la moitié des clients sont des habitués qui tapent la bise au videur et ne payent pas l’entrée. Après quoi on ressort, puant la clope et la transpiration, pour rentrer en zig zag jusqu’à chez soi. La nuit est calme, les rues étroites, il y a encore du monde sur le Cours Mirabeau.

mars-06-024

*

Lorsque je rentre, après cette dernière journée passée entre les pins et les collines, presqu’au pied de la Sainte Victoire, il y a en moi quelque chose d’appaisé. Le TGV vient de Nice, je serais bientôt à Paris. J’ai attrapé des tâches de rousseurs et quelques couleurs, j’ai mal au ventre, un peu, d’avoir trop mangé, trop bu. Décrochage. J’ai traversé avant de partir le village où j’ai grandit – rien n’a changé, ou des détails, nouvelles maisons, façades rénovées, arbre coupé. Les souvenirs restent les mêmes.

Passé Valence, le TGV roule désormais dans l’obscurité. Je repense à une histoire de trente minutes gagnées sur ce trajet – est ce que la coupure aurait le temps de se faire ? Dans le train, les gens sont bronzés, mais c’est déjà Paris. Je referme la parenthèse…


Au quotidien

sushis time

Ce soir, j’ai mangé des sushis avec mon Troll du jour et UnBlog. Une histoire de Twitter et d’Hippopotamus, il ne manquait plus que Woumpah, mais il était déjà occupé ailleurs (je ne sais pas où, UnBlog ne nous a malheureusement rien dit).

Certains dirons sûrement que c’est bizarre, de manger avec le Troll qui m’a agressée si violemment il y quelques heures à peine, et UnBlog qui, il va sans dire, est aussi un con. Mais c’est peut être là toute la complexité de l’être humain (ou du moins de moi), tenter de comprendre certains mystères de la vie tels que « mais pourquoi Malau vient il me troller ? » ou encore « UnBlog est il vraiment ce qu’il reflète dans ses posts ?« .

Je vais tout d’abord faire une petite parenthèse à l’attention de mes lecteurs non geeks. Un Troll, c’est Malau, ou ce Fab’ passé sur mon post sur Victorinox il y a quelques temps. Le Troll est un emmerdeur, un empêcheur de tourner en rond, un fouteur de merde, un déclencheur de polémiques, un mec qui vient donner un coup de pied dans la fourmilière et aime à observer le résultat, envenimer les choses, asséner des vérités gratuites et relancer des vieux débats plus ou moins oubliés. Le Troll aime particulièrement les billets sponsos, car bien souvent le Troll, loin d’être étranger à ce monde, porte un regard acerbe sur ces pratiques, et là où d’autres observent et se taisent, il aime à s’exprimer, en n’ayant pas toujours toutes les cartes en main.

Ma rencontre avec UnBlog avait déjà eu lieu il y a quelques semaines, et ne m’avait pas laissé sur un bon sentiment.  Pourtant, je ne suis pas rancunière, ou susceptible, et je suis très curieuse. C’est pourquoi j’ai ré-accepté cette proposition (un peu à l’arrache) de manger ensemble ce soir, et parce que c’était juste à côté (aussi) (et syrtout) (j’avais la flemme de cuisiner).

Que retirer de cette soirée… Je crois que ce resto de sushis est le lieu des  conversations. J’y vais manger parfois avec le BCBG, pour écouter ses monologues éclairés (qu’il croit). Ce soir encore, le pauvre chinois/japonais a subit nos discussions véhémentes.

Le Troll, t-shirt rebelle, s’avère un défenseur de la créativité et de l’innovation dans la publicité. Un puriste, un parallèle à faire avec Woumpah peut être (Gobelins oblige), ou d’autres anti publi rédactionnel qui se reconnaitront. Des idées que je rejoins, mais une certaine blase en moi qui se permet d’accepter. Quant à UnBlog, toujours force d’idées, extrême, radical, des discours pas inintéressants et des théories pas infondées, mais l’absence de démagogie dans la façon de dire qui rend chaque mot dérangeant.

De débats d’idées en échanges de points de vue, je ne sais pas vraiment si tout ceci a mené quelque part. Je soutiens toujours ma cause. Le Troll continuera de troller. UnBlog, malgré toute l’intelligence dont il est capable, restera un con, de part ses difficultés à communiquer, et ses idées toutes prêtes sur le monde et les gens (oui j’assume, je lui ai dit en face). Et il mange ses sushis avec les doigts, tandis que Malau mélange le wasabi à la sauce soja. Il n’empêche, ce fût agréable. Même si décidémment, la bière japonaise est dégueulasse.

Et, chers Troll et UnBlog, voilà, je ne fais pour une fois pas dans le conciliant.