Intime & Réflexions

moi, féministe

mustache

Il y a quelques années, j’ai écrit sur ce blog un post intitulé « pourquoi je ne suis pas féministe« . Je parle rarement de mes engagements et valeurs socio-politiques ici, pourtant ces dernières années – et particulièrement ces deux dernières à Montréal – m’ont permis de réaliser à quel point certaines choses m’importent.
Je disais il y a 4 ans « je ne me sens pas féministe parce que« . Aujourd’hui, j’ai envie de l’assumer enfin, de le dire non plus comme un secret honteux mais comme une fierté : je suis féministe. Parce qu’il ne peut en être autrement.

Mon féminisme est né il y a longtemps, mais je n’avais pas conscience de cette réalité à cette époque. Ma vision de ces valeurs était étriquée et biaisée par les quelques personnes et mouvements qui prenaient le devant de la scène, j’avais des idées préconçues du féminisme faute d’avoir lu/vu autre chose.

Mon féminisme est né de lectures, de rencontres, de débats d’idées. Je n’ai jamais considéré être le genre de personne qui a besoin du féminisme, faisant partie de cette catégorie de femmes relativement « aidées », née dans un corps qui me convenait, qu’on m’a appris à aimer ; blanche, mince, avec les capacités de faire des études et travailler dans un milieu relativement peu macho. J’ai réalisé il y a peu à quel point j’ai grandi dans un contexte qui ne m’a que très peu bridée, avec la chance d’avoir un frère avec qui j’ai autant joué aux Barbies qu’aux Lego ou Action Man, des parents qui m’ont appris le respect, de moi et des autres. Je ne me souviens pas avoir eu de tabou, on m’a laissé explorer et découvrir sans honte, sans culpabilisation.

Mon féminisme est né de cette liberté, cette ouverture d’esprit qu’on m’a donné l’opportunité de développer. J’ai fait mes expériences, mes découvertes, eu des réflexions, des prises de conscience. Un jour j’ai réalisé que je ne me reconnaissais pas (plus ?) dans ce moule, dans ces cases, dans cette « norme » et ce chemin que la société avait tracé pour moi. Faire des études pour avoir un bon travail, rencontrer un gentil garçon, me marier, jurer fidélité devant un Dieu qui ne me parle pas pour se tromper dans quelques années, divorcer, pourquoi pas. Être jolie, épilée, bien habillée, sexuellement disponible, mais surtout pas avec quelqu’un d’autre que mon copain. Vivre dans la contrainte d’un modèle de couple dans lequel je me sentais à l’étroit, et qui ne me proposait que peu d’alternatives. Je voulais faire mon propre cheminement, avoir le choix de ma sexualité, mes pratiques, mon ouverture sentimentale. J’ai rencontré des gens, j’ai lu, j’ai échangé, j’ai expérimenté. Et j’ai construit mon modèle, selon mes envies, mes valeurs, mes besoins. Ce modèle ne m’a été imposé par personne, il est souple, en constante évolution, parfois difficile à comprendre pour les autres. Je le construis encore, au quotidien, avec celui que j’aime, avec ceux qui m’entourent, avec ce que la vie m’apporte.

Mon féminisme est né d’une prise de conscience. Mon corps m’appartient, j’en fais ce que je veux. Je me fais tatouer, et oui ce sera visible, et étendu, et je l’assume. Je fais des photos nue, parce que je trouve ça beau, parce que je n’ai pas de tabou concernant ma nudité et qu’il n’appartient qu’à moi de décider à qui je montre mes fesses et mes seins, parce que je considère que l’intime, c’est bien plus qu’un bout de peau. Je porte des jupes et des talons si ça me chante, et tant pis pour ceux qui trouvent que c’est provocant. Je porte des jeans, et des chemises, et je coupe mes cheveux, et tant pis pour ceux qui trouvent que c’est pas assez « féminin ». Je parle de cul parfois trop fort, je bois, je couche avec des gens que je ne rappelle pas le lendemain, j’expose mes idées même si tout le monde n’est pas d’accord, je suis incapable me contenter d’être « jolie et tais-toi ».

femmes-beauvoir_nobs2008

Mon féminisme est né d’un départ à l’étranger, et de la découverte d’une réalité différente. Parce qu’à Montréal, c’est rare qu’on vienne t’aborder dans la rue parce que « t’es bonne salope« , qu’on n’a pas peur de rentrer seule le soir, qu’ici l’égalité entre hommes et femmes est beaucoup plus concrète qu’en France, que l’apparence a moins d’importance. Que ce sont plutôt les filles qui draguent, qui mènent la danse. Qu’on ne se sent pas autant jugé sur ses choix de vie, son look, sa sexualité. Que j’ai pris conscience de ce qui se passe en France, que même si tout n’est pas parfait ici, il y a quand même un grand pas à faire.

Mon féminisme est né de nombreuses prises de conscience. Comprendre ce qu’est la construction du genre, comment on nous inculque une notion de ce qui est plus « féminin » ou « masculin », alors que ça n’a que peu de valeur réelle – que l’impact qui en découle sur les relations interpersonnelles et la société ; comment on nous impose une « norme » qui n’est qu’une construction sociale, issue d’une évolution de plusieurs centaines d’années certes, mais que rien ne nous oblige aujourd’hui à accepter. Découvrir comment la société/l’Église ont doucement « imposé » la norme du mariage hétérosexuel romantique et exclusif  pour (entre autres) contrôler la sexualité des populations et brider la liberté des femmes. Expliquer la colère qui me rongeait doucement lorsque j’étais ado et que je me faisais mater par des « vieux » de 40 ans – d’où venait ce « droit de regard » sur mon corps ? Accepter qu’un homme puisse aussi être « faible », décrocher de ses responsabilités d’homme et délaisser sa « virilité » – parce qu’homme ou femme, on est tous faits pareils, nous sommes des êtres humains aux personnalités diverses. Avoir honte de cette France conservatrice, de ceux (même des gens proches) qui refusent de reconnaître le droit à TOUS d’être parents.

La chose la plus importante que j’ai comprise, c’est qu’il n’y a pas UN féminisme. Et qu’on n’a pas besoin d’avoir besoin du féminisme pour partager ses valeurs. Les combats et les sujets de réflexion ont évolué avec la société, et continueront d’évoluer en fonction de ceux qui relaient ces idées. À mon sens, le féminisme devrait être l’affaire de tous, et pas seulement d’une poignée de militantes qui l’incarnent à leur façon.

Je suis féministe. Je suis pour la liberté de choix, l’égalité des chances, l’apprentissage du respect de l’autre et de soi-même. Je suis contre le sexisme, la soumission à la « norme », la loi d’un modèle patriarcal sans fondement. J’aimerais que tout le monde, hommes et femmes, filles et garçons, aient la liberté d’être et de grandir comme bon leur semble, avec la possibilité et la capacité de faire ce choix en conscience, en sachant respecter ceux qui les entourent en tant que personnes. Je crois qu’il ya encore beaucoup de chemin à faire même dans nos sociétés occidentales, que le féminisme n’est pas réservé aux femmes, et ne concerne pas que le droit de celles-ci, mais bien la liberté de tout le monde.

Voilà pourquoi je suis fière aujourd’hui de dire « je suis féministe ».

Photo moustache par Oognip
Photo de Simone de Beauvoir nue, par Arthur Shay
Au quotidien · Chroniques

babyfoot

babyfoot
Chères toutes-les-agences-de-comm-cool-de-Montréal,

Je vous écris aujourd’hui dans le cadre de ma recherche de job. En effet, tu le sais peut être (ou pas), mais voilà, ça fait environ depuis fin Août que je n’ai plus de vraie job à temps plein pour payer mon loyer. Alors on est pas là pour faire pleurer dans les chaumières, t’inquiètes pas, je le vis pas trop mal, et puis ça m’a donné du temps pour plein d’affaires que je laissais traîner, comme me racheter des bas en laine, réparer trois fois un flat sur le pneu arrière de mon vélo, et apprendre le CSS. C’est pas si pire comme bilan.

Quand on cherche une job, généralement, les journées se ressemblent pas mal toutes. D’abord je me lève (tard), en pensant que bah anyways à quoi bon mettre le réveil puisqu’on a rien de super excitant à faire. Puis je m’installe devant mon laptop. Chez moi mon bureau c’est dans la cuisine, derrière ma fenêtre, au soleil. Je mets de l’eau à chauffer pour mon thé, je fais griller du pain de chez Mamie Clafoutis parce que ma coloc travaille là-bas et que leur pain au kamut est simplement merveilleux, je prépare mes oeufs brouillés (la vie), et je commence à geeker.

À chaque jour, la même aventure : Vais-je trouver une offre un peu plus le fun qu’hier ? Va-t-on m’appeler pour cette job trop excitante à laquelle j’ai postulé ? Les écureuils de l’arbre en face vont-ils venir faire un coucou sur mon balcon ? À quelle heure vais-je me décider à prendre une douche ?

La vie de chercheuse d’emploi est trop fascinante.

chaton-keyboardmoi et mon laptop – allégorie

Bref. Je m’attelle à la tâche, checker les sites d’emploi, mon Linkedin, envoyer mon CV, renvoyer mon CV, rédiger (parfois) des lettres de présentation. Ça aussi, c’est un peu la loterie. Je crois que très rarement avoir été appelée pour des postes où je m’étais fadé une lettre de motivation motivée, un truc où j’essaye d’adapter mon blabla au super employeur parce que oui, parfois, il y a des offres qui te font plus vibrer que d’autres, des postes où on pense être THE ONE, où on aimerait bien sortir du lot. Mais non, en fait, ça a l’air qu’envoyer juste un CV ça suffit parfois. Alors j’y vais selon l’inspiration.

Puis ya les relances. Aaaaahh les relances. La joie d’envoyer une énième candidature à cette agence avec qui j’ai pourtant travaillé dans une précédente job, dont je connais quelques employés, et qui n’a jamais pris la peine de répondre à mes courriels remplis d’amour et de désespoir. Ya un moment, on a plus de fierté, on se mettrait presque à harceler le monde. Puis vient la phase blasée, et on arrête d’attendre des réponses. On imagine les employeurs débordés par les milliers de courriels, et des tas de CVs partout dans leur cubicule. On rêve d’avoir des amis dans chaque compagnie pour poser le CV juste sous le nez du dude qui fait passer les entretiens pour que ça valide notre profil comme étant intéressant.

Ah oui, parce que c’est une économie parallèle, un vrai marché invisible, les offres de job en agence à Montréal. Si tu connais pas quelqu’un qui connait quelqu’un qui a entendu parler de toi, y a peu de chance d’atterrir sur le haut de la pile, et encore moins de chance qu’untel cherche précisément une Française spécialisée en média sociaux et autres communications sur les Internet et qu’il m’attende, moi. Faque des amis bien avisés me disent : il faut que tu te fasses un réseau ! Et je suis bien d’accord. Le problème c’est que j’ai beau être ubersociable si on me lâche dans une soirée festive, je perds tout mon mojo relationnel lorsqu’il s’agit de réseautage en 5à7. Aller serrer des mains et grignoter des bouchées pour faire genre ami-ami avec la crème des gens de la comm (et tout ceux qui comme moi cherchent à trouver du boulot), je sais pas faire. M’en voulez pas.

fenetre-neigevue de mon bureau – pas rapport

Faque voilà, j’en suis là, à envoyer mes CVs et mes courriels de présentation pour attirer l’attention des recruteurs, sauter sur mon cell quand je vois un numéro inconnu s’afficher, hésiter sur la tenue à porter pour une entrevue et finalement m’habiller toujours pareil (note : un jour on parlera de la difficulté de bien présenter lorsqu’il fait -15 fucking degrés et qu’il neige dehors et qu’on peut seulement porter des bottes moches). C’est la routine de la recherche d’emploi, la galère d’un marché saturé, une réalité que j’accepte et contre laquelle je vais pas chialer.

Mais ces derniers temps, il y a un truc qui me chiffonne vraiment. Parce que c’est bien beau de nous demander à nous, chercheurs de job, d’être créatif, proactifs, talentueux, sociables et parfaitement bilingues. C’est correct qu’on attende de nous de savoir manier Power Point, Excel, WordPress, comprendre les algorithmes de Facebook et être calés sur les trucs qui font le buzz. Qu’on doive savoir coder, travailler sous environnement Mac, être multitâches et taper à plus de trois doigts sur un clavier QWERTY en partageant les valeurs de l’entreprise. Jusqu’ici ok.

Non, je voudrais vous parler d’un truc qui commence un peu à m’énerver, un truc qui est pour moi, clairement, de la discrimination à l’embauche, et qui me donne juste envie de tout arrêter et d’aller vendre des citrouilles au Marché Jean-Talon parce que clairement je serai jamais au niveau. Ce genre de mention là:

atout : aptitudes au babyfoot

Alors voilà. Chères toutes-les-agences-de-comm-de-Montréal. J’ai plein de talents, plein de qualités, je suis sympa, sociable, Française et pratiquement parfaite. Je sais skier, écrire super vite un courriel avec seulement trois doigts, je fais de très bons massages, et je sais même cuisiner. Mais je sais PAS jouer au soccer de table. Je suis même complètement NULLE, pour tout t’avouer.

Chères toutes-les-agences-de-comm-de-Montréal, je te promets je sais faire plein d’autres choses. Je suis sûre que malgré ce handicap, on a des choses à se dire. Je te jure qu’on peut s’entendre si tu acceptes ma différence, peut être même qu’on pourra apprendre d’autres activités ensemble, qui sait.

S’il te plait, agence-de-comm-cool-de-Montréal. Ne t’arrête pas aux apparences. Rappelle-moi.

PS: mon CV

PPS : je ne cherche pas absolument un poste en agence, mon intitulé m’a juste été inspiré par les offres desdites agences. je suis ouverte à toute opportunité de poste à temps plein qui correspondrait à mon profil ! 🙂

Intime & Réflexions

être loin.

  montreal-neige-molson

Alors qu’on se retrouve catapultés en plein hiver en 48 heures à base de neige et de ressenti -12°C, je réalise le temps qui passe, doucement, mais sûrement, et au delà du temps, la distance qui me sépare de « chez moi ». Chez moi. Cette expression prend un sens étrange lorsqu’on vit à 6000km de là où on est née, séparée d’un océan. Jusqu’ici, je crois que je n’avais pas complètement pris la mesure de ce qu’implique l’expatriation, mais ces derniers mois m’ont fait réaliser à quel point je suis loin. Pourtant, chez moi, c’est ici, et chaque jour plus que jamais.

Être loin, c’est une notion du temps toute particulière. J’ai parfois l’impression que si les jours s’écoulent pour moi ici, il n’en est rien là-bas, qu’on va se retrouver comme si on s’était quittés hier, que rien n’aura changé. Et puis on se retourne sur un souvenir et on réalise que ça fait six mois (déjà !) qu’on a pas vu sa famille, serré certaines personnes dans ses bras. Les gens continuent à vivre de l’autre côté de l’Atlantique, et ici le temps avance aussi. On s’appelle et cette histoire dont on a discuté hier est déjà enterrée, pour une autre, qui passera sûrement d’ici le prochain coup de fil. C’est étrange de regarder ces gens qu’on a présentés l’hiver dernier devenir amis, se fréquenter ; se dire qu’on aimerait aussi être là, partager ces soirées avec eux, voir leur relation évoluer indépendamment de nous. C’est aussi voir certaines personnes s’éloigner – ou peut être que c’est moi qui ai doucement pris mes distances. Un jour on se texte chaque semaine, et puis soudain, ça fait deux mois qu’on a pas vraiment parlé. Les départs et la distance brisent des amitiés, c’est un fait. Pourtant, il y a celles et ceux dont on s’est rapprochés, ceux qui sont venus voir, ceux qu’on aimerait voir venir s’installer ici, pour vrai.

montreal-pluie

Être loin, c’est cette distance physique, aussi. Je rêve beaucoup de la France, en ce moment, je rêve que je rentre, que je vois certaines personnes, mes amis, ma famille, que j’emmène un barbu Québécois découvrir mon pays. Je rêve que j’ai pas le temps de voir tout le monde, que je dois sélectionner. Je me mets à devoir choisir ceux qui comptent vraiment, et il suffit de quelques doigts. Le réveil sonne, je suis toujours à Montréal et je n’ai pas encore de date pour mon prochain séjour. J’ai des envies qui fourmillent mais l’incertitude qui m’accompagne depuis des mois retient toute décision. J’espère secrètement avoir de la visite cet hiver, parce que je voudrais partager comment c’est beau sous la neige, et les convaincre que le froid c’est pas si pire.

Être loin, c’est pas pouvoir être là – physiquement – pour ceux qui passent des périodes difficiles et leur dire d’appeler quand même, à n’importe quelle heure, même pour des conneries – on essayera d’être là. C’est penser que mes deux grand-pères vieillissent, que pour la première fois de ma vie, je ne passerai pas Noël avec ma famille, qu’on ouvrira pas les cadeaux autour d’une coup de champagne après un ciné – que peut être j’aurais pas de cadeau, parce que la Poste c’est pas le Père Noël. Être loin, c’est ces soirs où on irait bien faire un câlin à sa meilleure amie, préparer des madeleines au chocolat, boire du thé-hippie et s’endormir dans la chaleur d’un petit appart parisien – comme avant.

Sauf que c’est plus comme avant. Pour rien au monde je ne rentrerai vivre en France, mais à l’arrivée de l’hiver, il y a comme un doux parfum de mélancolie. Comme la prise de conscience que c’est pas si facile, qu’on sera peut être séparés pour toujours par un océan et 6 heures de décalage horaire. Qu’on vit dans des réalités parallèles, des quotidiens plus si semblables, qu’on évolue aussi.

Je n’ai aucun regret, aucune envie que ce soit autrement. J’ai fait mon choix, en conscience, en écoutant mon coeur. Faque cette année, alors que je fêterai Noël ici avec mes amis, alors qu’on sera en famille – cette famille recomposée, parce qu’on a tous choisi Montréal, parce que ma famille, ici, c’est eux – j’aurais une pensée particulière pour tous ceux que j’aime et qui sont loin.

Parce qu’après tout, être loin, c’est juste une question de perspective…montreal-parc

les jolies photos viennent du instagram du barbu Québécois qui partage mes nuits : http://instagram.com/dany.prend.des.photos

Intime & Réflexions

avec des si

couleurs-montreal-squqre-st-louisIl est doux, ce début d’automne. Doux comme un déjeuner sur le balcon au soleil, comme porter une jupe qui vole pour aller magasiner sur Sainte Cath, doux comme me réveiller beaucoup trop souvent le nez dans son odeur, et y prendre goût. Ya les hauts, et les bas, pourtant. Les matins sourires et les après-midi qui sans raison donnent soudainement l’envie de se rouler en boule sous la couette, protection pour pas mordre les mains qui se tendent vers vous, attendre, en silence, que ça passe. Le moral aussi fluctuant que les températures, les 25°C soleil ressenti 30 qui se transforment en pluie vent 8°C bonnet gant et manteau à la fin de la semaine. C’est les tas des feuilles dans les rues qui grincent sous les pneus du vélo qui grince. Les soirées à découvrir de nouveaux bars dans le coin, boire pour rire, sourire, pour oublier demain, puisqu’on peut pas faire de plan. Les journées pour prendre l’air, respirer loin de la ville, regarder les arbres se teindre doucement.

Octobre. J’écrivais il y a quelques mois à quel point je t’aimais, Montréal, à quel point cette ville me fait sentir at home, au bon endroit, au bon moment. 9 mois et la situation, malgré les joies, les espoirs et les tentatives, n’a finalement pas évolué. Je suis à nouveau à la recherche d’une job, à temps plein, pour pouvoir lancer enfin ma demande de résidence permanente. L’évidence Montréal reste la même, si ce n’est encore plus appuyée par ces derniers mois, par cet été trop long et pourtant, par cet automne sublime, par ce Québécois barbu qui accompagne mes jours et mes nuits.

dejeuner-balconJe me dis parfois, « et si ». Et si j’avais cherché, à l’époque, si j’avais su qu’il restait des JP, si j’avais trouvé une autre job. Avec des si, je pourrais avoir lancé ma RP, on pourrait avoir un pont Champlain qui ne s’effondrera pas et des arbres qui restent rouges même en hiver. Qui sait, ce serait beau le mélange des couleurs et du blanc. J’ai pas hâte, un peu, peut être, j’espère que l’hiver sera doux, très neigeux, mais pas trop long.

Je me dis parfois « et si », mais si j’avais, j’aurais pas traîné sur les internets tard le soir et parlé jusqu’à pas d’heure de reptile en slip rouge avec ce joli garçon. Mais si j’avais, je serais sûrement pas sortie le rejoindre à minuit passé pour une bière, ni la suivante, ni. Mais si j’avais, j’aurais pas profité autant de mes amis cet été, pas visité le Saguenay et Charlevoix, et pas vécu ces nuits à rêver aux étoiles sans se poser de questions. Si j’avais, j’aurais peut être pas le même regard sur le monde, pas tracé ce tattoo sur mon épaule, pas passé autant d’heures à rouler dans les rues de Montréal le nez en l’air, pas eu toutes ces découvertes, ces envies, ces idées, ces projets que j’attends juste de pouvoir éventuellement lancer.

On y croit, maintenant, que tout ça n’était pas inutile, que ces mois passés n’ont fait que repousser l’échéance, que je vais trouver une job pour de bon, y arriver à avoir cette foutue RP, et pouvoir enfin faire des projets, savoir où je serais dans quelques mois, respirer un peu.oka

 

Montréal, Québec · Voyages

De Rosemont à Jarry

adresses-villeray-rosemont

Voilà bientôt 2 ans que je vis dans ce quartier (oui,ça fera 2 ans en Février, laissez moi les quelques mois qui manquent…), d’abord côté Rosemont-Petite Patrie, puis j’ai emménagé dans la Coloc’ Bien, deux blocs plus au Nord, et je suis passée du côté Villeray de la Force. Ce quartier, c’est mon quartier. Arrivée là par hasard (je voulais vivre sur le Plateau – comme tous les Français – j’ai finalement trouvé une chouette coloc rue Bélanger où j’ai passé 6 mois), je suis tombée sous le charme, et lorsqu’il a fallu déménager je n’ai pas voulu m’éloigner. Alors oui, on me dira « Jean-Talon ? c’est loiiiinnn ». Mais loin de quoi ? D’Hochelag’ ? De St Henri ? J’y vais très rarement…

Non, Villeray ce n’est PAS loin. Je suis environ à 30 min de à peu près partout où je vais régulièrement. En vélo c’est encore plus rapide. Et surtout, j’ai une vraie vie de quartier, comme il me semble qu’on ne trouve plus sur le Plateau ou dans le Mile End, parce que well, c’est rendu super fancy-touristique-hipster. C’est clair que Petite Patrie / Villeray a bien changé en quelques années. Je ne connais pas ce coin depuis un bout mais en 2 ans (ok, 20 mois) ça a déjà pas mal évolué, et plein de commerces, bars, restos et cafés sur sympas se sont ouverts.

Je voulais donc partager ici quelques bonnes adresses et places que j’apprécie et qui font à mon sens le charme du coin, et valent presque le coup de prendre le métro pour dépasser Laurier. Je vous jure, il y a de la vie au Nord de la voie ferrée. Tu peux passer le pont, même que le métro se rend au delà, et que le soir ya le 361 pour rentrer. Promis, on mord pas.

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Au Nord de Laurier, on peut boire du bon (du très bon) café. Et des chaïs, aussi. Parce que le chaï latte, c’est la vie. Ya même des cafés avec wi-fi pour venir travailler avec ton laptop – trop MODERNE. Ça commence sur Beaubien avec le Moustache Café (1). Juste à côté, le café Odessa (2) – plus pour emporter – à mon goût un peu moins bon et je préfère la déco et le service du Moustache. En remontant un peu, RDV chez Larue & Fils (3), un petit café au coin de Castelnau et Henri Julien (NDLR : ils viennent d’ouvrir une succursale sur Jarry /St Denis!), et encore un peu plus haut sur Villeray, le Café Vito (4) propose des cafés à emporter (ou à siroter sur une chaise à l’ombre des arbres…) de 6am à 11pm. Toujours sur Jarry, le OUI MAIS NON (5) a ouvert il y a peu – je n’ai pas encore testé mais on en dit du bien sur À la Mode Montréal.

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Au Nord de Laurier, on peut aussi boire de la bonne bière. Et d’autres choses. Pour commencer par les microbrasseries, mon bar chouchou est bien sûr le Vices et Versa (1), sur Saint Laurent (juste en face du parc de la Petite Italie). Le choix de bières est assez fou, la bouffe correcte, et il y a une super terrasse ben cute et ombragée à l’arrière. Je n’ai pas eu l’occasion de tester le petit dernier, l’Isle de Garde (2) (Beaubien et Christophe Colomb) mais ils semblent avoir une très belle sélection de bières locales. Je n’ai pas non plus encore été à la Brasserie EToH (3), sur Jarry et Saint Denis, qui propose aussi une belle carte de bières locales et d’ailleurs.

Côté apéro, entre bar et resto, le Huis Clos (4) (St Denis / Villeray) est un bon endroit pour un plateau de fromages – un peu cher mais la qualité est là. De retour sur Beaubien, je décerne une mention spéciale au Nacho Libre (5), pour sa communication Facebook complètement WTF et ses soirées à thème. Pas de la grande cocktaillerie, mais on y mange bien pour de la bouffe de bar à partager (tacos), et il y a des balançoires ! Le soir, j’ai passé quelques soirées sympas au « NDQ », le Notre Dame des Quilles (6) (Beaubien et St Laurent, en face du Café Moustache) qui comme son nom l’indique a une piste de bowling en dedans. Les cocktails sont à des prix très corrects, l’ambiance est hipster-gaie (gaie comme dans LGBT) et la musique plutôt bonne. Le Pub Saint-Édouard (7), sur Rosemont, a été notre QG pendant un temps avec la copine Maryne. Enfin, pour une ambiance plus décalée, le Miss Villeray (8) est un bar de quartier ben le fun.

Je mentionne ici au passage la SAQ Sélection (9) sur Beaubien et Boyer, qui est une des plus grandes SAQ de Montréal et qui propose un très beau choix avec un étage entier dédié aux vins de « cave » pas toujours plus chers que ceux d’en bas.

bottega-montreal-pizza

Voilà pour le boire ! Et pour le manger ?

C’est important le manger. Et on a de la chance : ya de très bons restos dans mon quartier. Je vais cependant limiter ma sélection à ceux que j’ai testés (et ceux qui sont pas trop chers). Burgers, brunch, asiatique ou italien… Il y en a pour tous les goûts et j’adore sortir manger pas loin de chez moi.

Le coup de coeur burger : La Boulette (1), sur Beaubien et de Lorimier. Ok, c’est un peu loin mais ça vaut le coup. Et c’est juste en face du Cinéma Beaubien – parfait pour une 2e partie de soirée. J’avais déjà parlé de la Boulette ici -> à la recherche du burger presque parfait

Le coup de coeur italien / pizza : À mon goût de Sudiste élevée à la pizza maison et aux camions de pizza (les foodtrucks n’ont rien inventé), je trouve que les pizzas sont généralement dégueulasses à Montréal. C’est là que j’ai atterri un jour à la Bottega (2). Pizzas au feu de bois à un prix « raisonnable », le resto est toujours bondé même si les vins, quoi qu’excellents, sont chers. Tant pis, on se fait plaisir !

Le sushi pas cher quand on a la flemme de cuisiner : Sushi Futago (3) sur Bélanger / de Normanville. Ils livrent dans le quartier, la madame au téléphone est adorable mais parle un français mitigé et comprend pas grand chose, mais c’est toujours bon, pas cher, et livré rapidement.

regine-pain-dorele pain doré du Régine Café – photo blog.artv

Le(s) brunch(s) qui font du bien par où ça passe : trois adresses.

Pour la version pas chère mais vraiment bonne : le Vieux Vélo (4) (Beaubien / St Dominique) . On mange pour 10-12$ une belle assiette de deux oeufs bénédictines sur muffins anglais. Le café est à éviter (jus de chaussette) mais les jus (de fruits) se défendent bien.

Le Régine Café (5) (Beaubien et Papineau), mon chouchou, là où je vais pour m’exploser le ventre, où j’emmène les amis de passage. Un beau choix d’assiettes plus ou moins classiques, de la gaufre aux tartines salées, la carte s’adapte à la saison. On se régale, et OUI ça vaut le coup d’attendre 30 minutes pour entrer.

Le Santa Barbara (6) (St Zotique et St Vallier). Un resto semi-végé qui mélange la cuisine Nord et Sud-Américaine. La carte évolue régulièrement, c’est pas donné mais ça vaut le détour. Ils font aussi resto « normal » les soirs de semaine.

Enfin, une petite note pour faire son épicerie. ÉVIDEMMENT le Marché Jean-Talon, mais aussi cette épicerie bio et pas chère : Mondiana. On y trouve à peu près les mêmes produits que Rachelle Bery ou Aliments Tau, mais en moins cher (et plus bordélique). Je fais pratiquement toutes mes courses là bas.

Alors non j’ai pas fait le tour. Je vous ai pas parlé de la Plaza St Hubert qui est pleine de magasins bien surprenants et pas si quétaine, ni de mon nouveau coiffeur trop bien où on se fait laver et masser la tête allongé sur un matelas, ni du Pourvoyeur (10) ou du Café Beaufort. Mais bon cet article fait déjà 1200 mots alors on va arrêter là pour cette fois !

 

Intime & Réflexions

les cicatrices invisibles

tatouage-la-gueuseJ’avais dix-huit ans, la première fois. J’avais dix-huit ans, et en moi comme un besoin, une évidence, marquer ma peau pour tracer cette cicatrice invisible, dessiner la trace d’une blessure intérieure, un secret bien enfoui. J’avais dix-huit ans, et c’était un oiseau, pas parce que c’est joli, non, parce que Swallow. Parce qu’Ello, avec deux ailes, parce que je voulais jamais oublier, pour cautériser enfin la plaie de cette adolescence brûlante et douloureuse.

Une hirondelle.

J’ai mis huit ans, pour la seconde fois. Huit ans pour savoir qui j’étais. Huit ans pour ressentir à nouveau l’évidence, le besoin, et savoir, précisément, ce que je voulais. C’était en Septembre et on venait de se dire au revoir, et j’avais décidé de tout quitter pour revivre ailleurs. Ça faisait mal, peut être un peu moins que toutes ces fois où on s’était blessés toutes ces années, plus ou moins sans le vouloir, lorsque j’ai soudain pris conscience. Depuis toute petite, cette phrase qui tourne et vire dans ma tête, depuis toute petite cette histoire si belle, si poétique, et ce passage – peut être pas le plus connu, peut être pas celui que tout le monde aurait choisi. La citation n’est pas exacte, mais c’était comme ça qu’elle était gravée en moi, avec la voix de Gérard Philippe et ce petit garçon. Et puis des lignes. Des lignes pour marquer l’évolution, de cette adolescente torturée, blessée, de ce que j’étais, à ce que je suis, à ce que je serai. Des lignes, parce que huit ans pour m’épanouir, parce l’hirondelle avait pris son envol, parce que, enfin, je décidais d’être libre.

Et les épines, à quoi servent-elles ?

Montréal. Des rencontres. La liberté. L’équilibre. Montréal, ces personnes dont on croise le chemin et qui nous font prendre conscience de ce qu’on est au fond, ce dont on a besoin, ce qu’on cherche au mauvais endroit depuis si longtemps. Une évidence à nouveau, une ligne, pour la continuité, droite pour l’équilibre, graduée car on continue, toujours, à grandir, et surtout, près du coeur.

#26

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Et puis le dernier. Je ne voulais représenter que l’abstrait, un concept, un flirt avec quelque chose d’extrêmement intime. Expliquer ce sens là, c’est difficile, dire que oui, c’est du bonheur, c’est cesser de se poser des questions, se sentir libre, exister dans l’abandon. Des lignes griffonnées, un enchevêtrement de fils qui se délient, la nuque – je ne me suis plus cachée.

Lâcher-prise.

C’est des rencontres. Celle qui à Bordeaux m’a comprise, et a mis sur ma peau la couleur qui m’imprime, les gribouillis qu’on prend pour ce qu’on veut, les lignes. Le dessin s’est créé de lui même, sur les formes de mon corps, la courbe d’une épaule. C’est cette autre, qui a trouvé comment intégrer un nombre pour ne le rendre visible qu’à ceux qui savent lire au travers. C’est ce récent coup de coeur pour une artiste au trait si délicat, la légèreté de ses dessins pourtant si complexes. Porter une pièce d’art, au delà du symbole.

J’ai eu mal, parfois plus que d’autres, à me demander pourquoi je faisais ça – à nouveau. J’ai eu mal, mais une blessure ne s’appellerait pas comme ça si elle faisait du bien, j’ai souffert comme un rite de passage, le temps d’y penser, de me remémorer pourquoi, que la douleur imprègne ma peau et et que mon corps l’accepte, l’accueille, l’absorbe.tatouage-nuqueTout doucement ces cicatrices sont devenues miennes. À chaque fois plus rapidement, oubliées dans les quelques heures qui suivent, simplement rappelées à mon souvenir par le grain de la peau, différent, et ces regards qui m’arrêtent parfois – c’est un vrai ? J’ai absorbé ces cicatrices, tracées entre mes grains de beauté, j’ai fait mienne les dessins sur ma peau comme on enfile son jean fétiche. Je ne suis plus surprise, chaque matin, de me trouver ainsi, nue, mais habillée. C’est tribal, c’est symbolique, c’est esthétique, c’est ma peau, ça fait partie de moi. Mon identité illustrée graphique, on aime ou on n’aime pas, ça n’a pas d’importance, et je n’ai pas souvent de réponse à la question « c’est quoi ».

Des cicatrices invisibles. Une trace de mon histoire. Des morceaux de moi.

Je suis tatouée. Je suis marquée, par la vie, par le temps qui passe, par l’expérience, les découvertes, les voyages, par ce que j’ai vécu et qui font ce que je suis. Désormais, ces cicatrices ne sont plus invisibles. Et au travers d’elles, je respire un peu mieux.

 

 photos: Oognip, LDumasV, Dany. 
Intime & Réflexions · Voyages

le vent nous portera (encore)

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Cet été aura duré deux ans, up and downs, les amis, les soirées, le soleil, les chalets, et aussi la pluie, cette semaine d’automne en avance qui plombe le moral et renfile jeans et bottes. Les soucis, parce qu’on réalise qu’il faut repartir à nouveau en recherche de boulot, parce que le compte en banque se vide plus vite qu’il ne se remplit. Et le manque, implacable, celui qu’on a pas vu venir, celui qui te coupe les jambes et te bouffe toute envie de bouger, manger, dormir. Les nuits à tourner. Les larmes qui montent parfois. Le goût de rien.

Et puis on y est. On a beau en avoir parlé, avoir imaginé ce moment, 10 fois, 100 fois, on sait pas trop bien ce qui va se passer, finalement. Ya cette jolie robe qu’on porte pratiquement jamais, même s’il fait bien trop froid pour la saison. Ya un hall d’aéroport, rempli de monde qui se retrouve, qui attend aussi, beaucoup, fucking série noire ou retour de vacances, la moitié des vols est annoncée comme retardé. Ya ces pas qu’on fait d’un bout à l’autre, le ventre qui se serre, le coeur qui bat trop vite, l’ascenseur émotionnel qui appuie sur tous les boutons, ça monte et ça descend, on sait plus trop où se poser. Les minutes trop longues, les messages, et puis.

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Ya plus de mots, à un moment, on a juste nos yeux et nos bouches et nos mains, et le goût que ça s’arrête plus jamais. Ya rien à dire, on a trop parlé, il faut vivre. Alors on est partis, un peu plus loin au Nord, pour retrouver le goût du sel et du vent dans nos cheveux. Quelques jours pour oublier, oublier cet été trop long, oublier l’automne qui s’en vient avec ses obligations, ses responsabilités, son stress. On y pensera plus tard. Là, on veut du présent. On veut être seuls au monde parce que c’est comme ça. Loin pour faire chier personne avec des sourires niais sur nos faces et le besoin constant de se toucher pour se dire c’est bon, t’es là, pour vrai, on se sépare plus, promis. Avoir à nouveau 17 ans.

C’était beau, le Saint-Laurent. On dirait presque la mer, tu sais, l’odeur de l’iode, je t’en avais parlé. On se croirait un peu en Bretagne, sur cette île venteuse, de gros cailloux d’ardoise qui descendent jusque dans l’eau. On a chevauché sur la plage entre les rochers ronds et sur les galets. On a grimpé cette montagne pour voir de loin, tout en haut la crête râpée par le vent et le froid, et cette nature. On s’est assis autour d’un feu de camp immense, écouté la musique jam, discuté avec des matantes en goguette dans un Westfalia. On a marché, les pieds dans le sable, jusqu’à quelque part à mi-chemin de l’horizon, et nos Vans pleines de la vase qui fait comme des limaces entre les orteils ; on a mangé beaucoup trop de fromage, de burgers et de saucisson et bu de la bière IPA ; on pris des covoitureurs – encore des Français, partout ; on a roulé roulé roulé jusqu’à rentrer sur l’île. Montréal. Retour à la réalité.

J’ai pas vraiment les mots pour raconter, et puis ya pas besoin, ya juste des sourires et le vent qui fait qu’on se sent étrangement libres. Libres et heureux.

Dis, on repart quand ?

 

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