Développement(s) personnel(s)

polyamour 101

Alors voilà, je suis polyamoureuse. C’est plus vraiment un secret aujourd’hui et j’en parle facilement, mais la vérité c’est que la plupart des personnes ne comprennent pas exactement ce que ça signifie. Pour être honnête, j’ai été la première à avoir des a priori sur ce qu’est le polyamour, et à ne pas me reconnaître immédiatement dans cette vision des relations.

À force d’en parler autour de moi, il m’a semblé que ce serait une bonne idée d’en parler plus ouvertement sur mon blogue, et pourquoi pas de faire une petite série d’articles sur le sujet, en fonction des questions et commentaires. Le terme est aussi de plus en plus utilisé, et autour de moi nombreu.ses.x sont les personnes à se questionner sur le modèle de couple hétéro-normatif exclusif/monogame.

**À noter** Je souhaite préciser que l’avis exprimé ici reste le mien : ma vision de ce qu’est le polyamour, comment je l’interprète, via mon expérience personnelle de cisfille bie à tendance hétéro. Il est évident que certain.e.s ne se reconnaîtront pas dans là-dedans, même si je souhaite définir et reconnaître un polyamour inclusif et fluide. Aussi je vais m’efforcer d’utiliser le plus possible l’écriture inclusive. 

Polyamour, donc.

La première chose que je souhaite mentionner, c’est qu’être polyamoureux, n’est pas une orientation sexuelle (homo-bie-asexuel etc), mais un choix. À mon sens, le polyamour est une vision des relations suivant plusieurs valeurs, à savoir : la liberté, l’honnêteté, la  bienveillance, le respect, et l’équité. Tout ceci concerne tou.te.s les partenaires impliqué.e.s, et se passe idéalement dans un cadre de communication authentique.  Je reviendrais plus tard sur ces valeurs et ce que ça signifie pour moi. Comme pour le féminisme*, une fois qu’on a ouvert son esprit à certaines (remises en) questions, on réalise à quel point notre vie amoureuse et nos relations en général sont impactées et contraintes par des constructions sociales, une éducation, un modèle imposé par la société. Être polyamoureux, c’est reconnaître et partager ces valeurs, et les appliquer au sein de sa/ses relations.

Être polyamoureux, ce n’est pas forcément avoir plusieurs relations, coucher avec plein de gens, ni être en amour avec tout le monde.

Être polyamoureux, ce n’est pas tromper saon partenaire.

Être polyamoureux, ce n’est pas être libertin, échangiste, polygame, … même si, en quelque sorte, ces modes relationnels peuvent être inclus dans le polyamour sous réserve de respecter certaines valeurs (c’est là que ma vision est assez large et risque de choquer certain.e.s poly)

Être polyamoureux, ce n’est pas forcément être en triade femme-homme-femme, malgré les nombreuses représentations de ce type d’arrangement relationnel.

Être polyamoureux, ce n’est pas « ne pas être jaloux ». La jalousie, comme de nombreux sentiments s’ils sont exprimés et gérés correctement, a sa place dans une relation polyamoureuse.

Enfin, être polyamoureux « actif » ce n’est pas pour tout le monde, mais je crois que n’importe qui pourrait trouver de merveilleux outils de gestion relationnelle et sujets de réflexion en se penchant un peu sur la question.

Fred Gingras

Alors, comment on devient polyamoureux ? 

 

Pour moi, le premier pas vers le polyamour serait de reconnaître et admettre quelques points concernant nos relations modernes, à savoir :

– Nous ne sommes pas exactement des animaux monogames (ou bien plutôt des monogames en série pour notre nouvelle génération) : l’Amour-passion exclusif à long terme dans le cadre du mariage est le fruit d’une construction sociale, mais aussi et surtout, qu’il est naturel, et pas malsain, d’avoir une attirance sexuelle (et pourquoi pas amoureuse) envers quelqu’un d’autre que notre partenaire principal.e. (Olala, les gros mots.)

– On ne possède pas une personne. Malgré ce que la culture populaire (sexiste, ajouterais-je) nous inculque, les désirs et actions de l’être aimé ne nous appartiennent pas, et ce quelle que soit la puissance des sentiments partagés.

– Il est difficile voire impossible de satisfaire tous ses besoins et désirs, qu’ils soient affectifs, sexuels ou autres, avec une seule personne.

De mon point de vue, la monogamie et les relations exclusives ne sont qu’une forme d’ententes relationnelles parmi d’autres. Je ne pose pas ici de jugement contre celleux qui choisissent ce type de relations, qui le respectent, et sont heureu.x.ses là-dedans. Il y en a, j’en ai fait partie, et j’ai beaucoup d’estime pour celleux qui s’y épanouissent. Il est certain qu’être en relation non exclusive amène son lot d’insécurités, de remises en question, de doutes, de problématiques diverses, et je respecte infiniment celleux qui reconnaissent ne pas pouvoir faire face à ces vagues là.

Je critique simplement l’illusion que nous donne notre éducation, de penser qu’il n’y a qu’un seul modèle viable et valide, et la construction sociale qui nous a appris que coucher avec un.e autre, ou même fantasmer sur un.e autre va amener un désastre et mérite un cruel châtiment.

Je crois alors que le polyamour est une façon de sortir de la boite, de voir plus large, de ré-envisager les relations, d’apprendre à gérer des émotions complexes telles que la jalousie, et surtout l’occasion d’amener des changements profonds dans nos relations aux autres et à nous-même.

Je m’arrête ici pour ce premier volet. Dans le prochain article, on entrera un peu plus dans le vif du sujet : comment ça marche, concrètement ?

Lire le post suivant : polyamour 102 – polycule & adaptations

 

En attendant, voici quelques liens pour approfondir le sujet :

Un super podcast très court sur le polyamour (France Culture) https://www.franceculture.fr/conferences/quest-ce-que-le-polyamour

Les Tedtalk d’Esther Perel sur le désir dans le couple moderne, qui ont grandement influencé mon cheminement vers le polyamour (on peut mettre les sous-titres en français)

*Je mentionne le féminisme, car je crois que le modèle normatif exclusif est très sexiste. En ce qui me concerne, être polyamoureuse est un choix politique et féministe (je reviendrais éventuellement sur ce point).

Chroniques

une rencontre

premiere-fois-ldumasv

Est-ce que tu te souviens ?

C’était en Décembre. C’était un jour d’août. C’était un soir de mai. Un samedi en février. Un mardi, début juin. On avait 15, 18, 22, 26, 27 ans – presque 28. C’était à Barcelone, à la montagne, à Paris, à Montréal. En vacances, en voyage scolaire, chez des amis communs, dans un parte, sur le bord d’un trottoir.

Te souviens-tu, des premiers mots ? C’est souvent des banalités, parfois une phrase se grave à jamais dans notre esprit. Tu chantais avec tes potes pour mendier quelques euros et acheter des sandwiches moins dégueus que ceux que votre auberge vous avait préparé. J’ai ri, mon sandwich était pas pire, et on a engagé la conversation. C’était « I feel it in my fingers, I feel it in my toes… » de Love Actually, j’avais pas vu le film, tu m’as dit que c’était un de tes préférés. J’ai sorti cette phrase un peu con, alors que j’avais même pas en tête de te draguer « on s’est pas déjà vu quelque part ? ». Tu es rentré dans la pièce et tu t’es assis sur l’accoudoir du canapé, juste à côté de moi. « Je préfère l’autre fesse », j’ai dit. Plus tard on a parlé du Petit Prince et fait des jokes poches en marchant vers cette soirée. J’ai toujours le canapé. Je repense parfois à ta fesse – gauche. Je portais une combi-short bleue ce soir là. J’étais arrivée un peu hagarde dans une soirée de gens que je connaissais pas, emmenée par un « ami » que je croyais me vouloir du bien. Je me souviens plus de l’accroche, mais y avait une histoire de mamans artistes – comme quoi toi et moi, on se comprenait.

Et puis la fois où j’étais en retard et pas moyen de te joindre alors j’envoyais des texts à ton ami que je connaissais même pas sans vraiment être sûre qu’il puisse te prévenir. Celle où je suis arrivée déjà un peu saoule sur mon vélo qui grince, et que j’ai vu se dessiner un sourire sur ta face parce qu’on se plaisait pour vrai. Le soir où je t’ai attrapé dans le couloir d’un appartement parce que bon, toi et ton coloc vous étiez un peu canons (et ostensiblement costumés). Toutes ces soirées sous alcool où je me souviens pas vraiment du premier pas, des premiers mots, de la première accroche, juste d’une soirée floue et de quelques moments, après.

Parfois, les jours entre les premiers mots et le premier baiser sont seulement des heures – ça a tendance à se raccourcir, avec le temps, avec l’âge, l’alcool et la précipitation. Il y a pourtant toujours cette première fois, ce moment où tout bascule. Lorsque plus tard on y repense, lorsqu’on réalise que cet inconnu est devenu quelqu’un d’important, on aimerait se souvenir. Avoir gravé ces premières danses, comme on relit de vieux mails, retrouver ce goût d’inattendu, de surprise, de découverte. On ne sait pas alors où tout ça nous emmènera – ces quelques mots échangés, un numéro enregistré dans un téléphone ou un ajout sur Facebook dans la promesse d’une prochaine soirée. Après une heure, une nuit, qui sait.

J’aime à me souvenir. Retrouver ces images et les faire rouler comme une jolie pierre dans mon esprit, pour les réanimer un peu. J’ai une mémoire très visuelle alors je visualise, parfois très précisément, des bribes – flashs si vivants, la position d’une main, le cadre, les gens. On était dans ce bar quand tu m’as embrassée, sur le chemin des toilettes – je revenais, les mains encore mouillées, moment improbable qui te ressemble tellement. On était sur cette place d’Aix-en-Provence, engoncés dans nos manteaux d’hiver, c’était maladroit, c’était doux, c’était évident. On redescendait de la Butte, sous la fenêtre de mon studio un baiser volé que j’attendais plus – je savais pas – est-ce que je te plaisais vraiment ?. Au milieu de la rue Ste Catherine. Sur le canapé d’une soirée. Debout, dans la foule packée d’un festival. Tant d’autres.

Je ne sais plus toujours, les premières fois. Qui a fait le premier geste, qui a déshabillé l’autre, les choses qu’on s’est dites, les mots qu’on a prononcés. Parfois j’ai écrit, parfois pas – je voudrais, toujours, me souvenir. Parce que quoi qu’il se passe par la suite, c’est beau. On se connait à peine, on a pas encore parcouru nos corps et caressé nos peaux jusqu’à en connaitre chaque recoin, chaque frisson, chaque aspérité. On est juste deux inconnus qui se plaisent, deux inconnus qui ne s’attendent à rien, deux âmes qui se trouvent un jour par le hasard des rencontres et des algorithmes du web. On sait pas encore qu’on va avoir du bon sexe, tomber amoureux (parfois), se déchirer (parfois aussi), avoir un peu mal (souvent), que tout ça aura une fin. On sait pas combien de temps on va être là, à se toucher, on sait pas les petits gestes qui, par la suite, vont rapprocher doucement pas vite, ces petits gestes cons qui font qu’on s’attache, qu’un truc existe, se construit. On sait parfois que ça n’a pas d’avenir, mais on est quand même là. Parce qu’on a envie de vivre, de ressentir, de s’essayer, de partager, de se découvrir.

Parce qu’on est bien, dans ce présent.

Photo LDumasV 

Intime & Réflexions

l’amoureuse

Parfois, on tombe sur un post ou un texte, un truc qu’une copine a partagé sur Twitter, un passage dans un bouquin, et on se dit « merde, j’aurais pu l’écrire« . Alors on le poste sur Tumblr, ou sur Pinterest, on le fav, ou tout à la fois, et parfois ça donne envie d’écrire.

Je sais plus où j’ai entendu/lu cette phrase « elle tombait amoureuse comme on tombe d’une chaise« . Je sais pas pourquoi, cette phrase, elle me parle. C’est pas que j’ai un si mauvais équilibre, non, mais plus parce qu’il y a cette notion de soudaineté dans le quotidien. Tomber de sa chaise c’est un truc qui peut arriver à n’importe qui, n’importe comment, et au moment où on s’y attend le moins.

Alors voilà, j’ai une confession à vous faire: je tombe souvent de ma chaise.

J’ai pris conscience de ça y a pas si longtemps – en relisant des vieux trucs. De combien de personnes sont passées dans ma vie – plus ou moins longtemps, plus ou moins fort, plus ou moins intensément, et qu’il y en a pas mal qui ont compté (au moins sur le moment). J’ai cru pendant un temps que j’étais rodée, blindée, qu’à force d’avoir connu des chagrins d’amour ça m’arriverait plus, pas à moi, que seul LE grand amour frapperait à ma porte, et que les autres, bah, je m’amuserai, des petits jeux sans conséquences.

Sauf que ça marche pas comme ça.

Ca te tombe dessus, ce genre de choses, on a beau se le dire, ça se contrôle pas. Le qui, le comment, le pourquoi, ça a rarement du sens et ça rentre rarement dans une case prédéfinie. Le seul truc que tu contrôles – à peu près – c’est si tu prends ta chance, ou pas. J’ai souvent joué le rôle de la fille à qui on le fait pas – par peur de souffrir, et aussi/surtout parce que je cherchais (bêtement) l’amour de ma vie. Tu sais, le Prince avec un grand P et l’Amour avec un grand A, celui qui va t’emporter sur son cheval blanc et te faire plein de bébés et ils vécurent heureux jusqu’à ce qu’on ait acheté un labrador et remboursé l’emprunt de la maison (je te raconte pas la fin parce que c’est vachement glauque dans ma version). Enfin, mon prince à moi il ressemblait pas vraiment à ça – jusqu’au jour où j’ai rencontré ce mec là, qu’on s’est aimé très fort (vraiment) et que j’ai fini par réaliser que non, en fait, c’est génial mais c’était pas pour moi – l’Amour de la vie, donc, le seul et l’unique à qui je ferai des serments, à qui je dirai un tas de choses dans le noir et que tout ce qu’on pourrait se dire aurait valeur de contrat pour l’éternité, bah… j’y crois pas.

(là t’as pas tout compris mais en gros, avant, je pensais qu’à chaque fois que je disais je t’aime etc ça sous entendait un tas de conséquences et d’engagement moral à plus ou moins long terme et que fallait garder tous ça pour The One – mais tu peux pas savoir à l’avance…)

Puis voilà, comme j’ai dit, j’ai fini par regarder l’histoire de ma vie amoureuse/sexuelle (c’est parfois intimement lié) et réaliser que j’ai aimé. Souvent. Et plus ou moins longtemps. Plus ou moins intensément. Plus ou moins passionnément. A chaque fois différemment. Mais que c’était toujours sincère, et vrai, au moment où je le vivais. Alors oui, il y a des amours qui sortent du lot – de belles, grandes histoires, des plus ou moins engagées, des plus ou moins approfondies, des pour qui il y a eu des cris et des larmes, des gens qui marquent pour toujours. Mais est-ce que ça signifie que les autres ne valaient rien ? Que mes sentiments étaient moins réels ?

Je ne crois pas.

Ce qui a changé depuis, avec les années, c’est que je n’ai plus peur. Plus peur de souffrir. Des claques, j’en ai pris, des ruptures, j’en ai vécu, pas toujours aussi « faciles », mais je suis toujours là. Debout. Vivante. Heureuse. Et que malgré mes déconvenues j’ai à nouveau envie d’aimer. De vivre un truc parce qu’il est là, qu’il est réel, que j’ai des papillons dans le ventre, ou juste prendre les choses comme elles viennent parce que je suis bien. Sans me sentir obligée de promettre la lune – sans rien attendre en retour forcément (même si bon, parfois, c’est bien que ce soit partagé).

Y a pas de règle en amour. On peut vivre une nuit – une seule – délicieuse. Ou s’aimer une vie entière (j’ai beau être cynique sur le sujet en ce qui me concerne, je suis sûre que ça existe). Tomber amoureuse en trois jours, trois mois, ou mettre des années à le réaliser. Aimer pendant un temps et puis un jour, plus. Parfois, je sais d’avance que ça ne mènera nulle part. Parce qu’on est trop différents. Parce qu’il n’y a pas de bases pour construire, ou qu’on en a juste pas envie, ou que c’est pas le moment. Alors on vit au présent, on profite, sans se poser de questions, juste parce que c’est doux et rempli de sexe et de sourires. D’autres fois, une rencontre hasardeuse, quelques heures, quelques mots échangés un peu tard dans la nuit, une histoire de phrases qui s’enchaînent, et on se surprend à vouloir passer le reste de sa vie au milieu de cette conversation, à y croire – for real – à voir dans cet autre un futur possible. Malgré les barrières et les complications. Alors on décide de se jeter dedans quitte à en souffrir, parce que c’est là, et que c’est bon.

J’ai pas de leçon à donner, pas de morale à tirer. C’est ma propre expérience, c’est ce que je suis – j’ai eu de la chance d’avoir aimé, de la chance d’avoir été aimée aussi fort, aussi. Peut être que je vais finir vieille et frustrée parce que j’aurais pas croisé le One True Love, ou que je l’aurais pas reconnu. Ce que j’ai juste envie de dire, c’est qu’il faut saisir l’instant. Qu’on s’en fout de demain, des apparences, de se planter. Et puis si ça marche pas, ne pas avoir de regrets. Parce que cette personne nous aura fait sourire, un jour. Et que même si ça ne dure pas, c’est déjà bien que ce soit arrivé.

Chroniques

les Sexpertes

NB: Ce post est légèrement NSFW. Aucun acteur porno n’a été maltraité pour la rédaction de cet article.

Ce week end, j’ai regardé un porno.

Non, ne fuis pas tout de suite, je t’explique. Je ne suis pas une adepte cachée des films frivoles à base de french manucure, de pipes et d’anus dilatés. Il se trouve juste que depuis quelques mois le Garçon a pris un abonnement à Canal +. Pas pour le Journal du Hard, mais pour le foot, le rugby, et d’autres activités à base de testostérone et de mecs en short. Et bon,vous le savez ou pas, mais sur Canal il y a chaque mois un porno diffusé et rediffusé, pour le plaisir et l’initiation sexuelle de tous les adolescents de France et de Navarre (depuis il y a eu Internet mais voilà quoi).

Ce week end donc, en zappant d’une chaîne à l’autre après que les Experts aient résolu une sombre histoire de pompier podophile, je suis tombée sur ce film au titre plus long que tous les Katherine Pancol mis bout à bout: Les avocates du diable grimpent au barreau (oui, rien que ça, et ne rigole pas, je t’ai entendu reprendre ta respiration).

S’il n’y avait que le titre je me serai arrêtée là, car comme je l’ai dit plus haut, non franchement les films de cul c’est loin d’être mon délire. Outre les couinements féminins qui sonnent beaucoup trop faux (et autres grognements pseudos virils), les gorges profondes qui me donnent des hauts le coeur à imaginer ce qu’elles s’enfilent et les sodomies « tout à fait normales » (mais oui bien sûr, et sans lubrifiant qui plus est), j’ai vraiment du mal à trouver excitant le fait de prendre les femmes pour des trous (oui pardon mais c’est bien rare que le scénario donne le pouvoir – et le plaisir – aux femmes).

Chroniques · Culture

appelons un chat « un chat »

J’aurais pu titrer ce post « chatte, bite, couilles », mais je me suis retenue, l’objet de mon article n’étant pas la vulgarité, et je ne tiens pas à attirer tous les pervers du Web (quoi qu’avec le contenu, ça risque. bienvenue à toi, pervers. Google est ton ami).

(au passage: Maman si tu lis ce post, tu peux t’arrêter là) (ce message s’adresse aussi à mes beaux parents, mon boss, et tout autre personne qui ne souhaiterait pas découvrir ma nature profonde de fille vulgaire) (merci)

(aller revenons à nos moutons chats)

L’origine de ce post, c’est un tweet.

Comme on dit sur l’internet mondial deux point zéro, j’ai envie de répondre

+1

(la demoiselle ayant ajouté « garage à bites, c’est plus explicite« , à quoi j’ai répondu « ou chatte. parce qu’il faut appeler un chat un chat« )

(CQFD)

Assumons le fait que vous puissiez être  choqués de ma vulgarité (et j’ai pu en choquer plus d’un, pardon), et soyons réalistes un instant. Mettez de côté votre éducation catho et bien pensante. Oui, toi aussi, la trop polie, tu laisses ton élégance et ta pudibonderie au placard, ou tu t’arrêtes là. C’est bon ? On peut entrer dans le vif du sujet.

Syndromes

le syndrome du sextoy

J’ai eu envie d’écrire ce post suite à un article sur le blog Ra7or, que je vous laisse tout simplement découvrir par vous même comme des grands (clique ici avec un doigt, ou deux, ou trois, ou ta main, c’est selon). Car en effet, si beaucoup de choses ont été dites dans ce post, ce n’est que la vision mâle de la chose. Du point de vue d’une fille, il y a aussi quelques règles à respecter, et quelques points à vérifier pour une optimisation totale de la relation.

D’abord, posons la définition. Qu’est ce qu’un Plan Cul (PC)? Pour certain(e)s, le PC, ou PCR pour les réguliers, c’est quelqu’un avec qui on ne sort pas, mais avec qui on partage quelques autres bons moments (sexe, drogue et rock’n’roll, mais pas seulement). Les raisons qui poussent en général les deux parties à se fréquenter de la sorte sont diverses, et viennent bien souvent de l’initiative du mâle de ne pas vouloir s’engager et d’éviter tous sentiments mielleux et inutiles pour arriver à ses fins (les sentiments et l’officialisation amenant à une relation d’exclusivité, de jalousie, et d’obligations, chose que le mec qui ne cherche que du sexe refuse).

A ce niveau, j’aimerai mettre les choses au clair: mesdemoiselles, ce genre de situation n’est pas un PC. R ou pas R, un PC doit rester un PC. Et comme il est si bien souligné dans l’article de Ra7or, toute dérive de la ligne directrice pousse inévitablement (ou presque) à un attachement d’une des parties (et bien trop souvent le côté femelle, cause que nous autres avons du mal à séparer sexe et psyco – donc sentiments). Un vrai PC doit se contenter de C. Sinon, on est borderline, et même si les choses sont claires, on s’expose à de terribles poursuites (voire même à des douleurs difficiles à surmonter lorsque l’affaire s’arrête).

Il y a donc quelques règles à respecter, pour que la relation de PC(R) se passe bien. Car le PC doit, sur tous les plans, être comparable à un Sextoy. Efficace, discret, là quand on en a besoin. Et c’est tout ce qu’on lui demande.

D’abord, la première fois. Il n’est pas question qu’un futur Sextoy vous fasse la cour. Non, allons en à l’essentiel. Deux personnes majeures et consentantes ont une envie commune: dites le ! Et qu’on évite de faire semblant, pas besoin de long discours pour savoir si le feeling passe. Une nuit suffit (voire moins que ça !).

A ce stade, il est essentiel que le Sextoy remplisse sa fonction première: vous satisfaire. Si le Sextoy n’est pas efficace dès la première nuit (ou jour, c’est vous qui voyez), pas besoin  d’insister (aller, soyons gentille, s’il est super top canon, et qu’il était bourré ce soir là, on lui laisse le bénéfice du doute et on s’en fait une deuxième, au moins pour être sûre). De votre côté, évitez de laisser s’épancher votre besoin de tendresse. Le Sextoy n’est pas là pour ça. Si vous voulez du C, assumez. Si c’est pour combler autre chose, changez de cible !

On en vient donc à LA règle. Pas de câlins. « Les câlins, ça fait s’attacher » disait un Sextoy. Et il avait raison. Attention, pas de câlins, ça ne veut pas dire que le Sextoy doit être une brute sauvage ! Non, un mélange de fermeté et de respect suffit.

De même, je suis pour que le Sextoy dorme dans votre lit. Tant qu’il s’en va au petit matin, et qu’il ne prend pas trop de place (ne ronfle pas, ne laisse pas de poils…), c’est quand même plus agréable de s’endormir à côté de l’objet de votre plaisir après l’amour. De même, le Sextoy idéal ne s’endort pas juste après le C. En bon gentleman (et en plus de vous faire jouir), il tiendra éveillé jusqu’à votre endormissement, prêt éventuellement à discuter un peu de tout et de rien. Surtout de rien: le Sextoy n’est pas votre psy, et inversement. Contentez vous de conversations du type potins (idéal si vous avez du monde en commun) et partage d’expériences persos passées.

Pas de câlins, donc. Et pas de sorties, pas de resto, pas d’effusions de sentiments en public, non, lorsque vous croiserez le Sextoy dans les couloirs de votre école/fac/entreprise/rue/soirée bloggeur/autre (rayez la mention inutile), vous lui tapez gentillement la bise. Aucun besoin de cacher que vous vous connaissez: ce serait stupide, puisque tout le monde – ou presque – vous a vu vous pourlécher la bouille à la dernière soirée, ou discuter à côté de la machine à café du 3e. Toute négation d’une relation quelconque serait donc un aveu transcendant de l’existence d’un quelque chose de louche entre vos deux êtres. Le Sextoy s’assume, donc. Et selon le milieu, il est même de bon ton que d’annoncer (plus ou moins) la couleur. C’est assez louche si vous vous tapez la bise comme deux potes la journée, et qu’une fois en soirée (alcoolisée) on vous retrouve sa main sur vos fesses, et on vous voit repartir bras dessus bras dessous.

Le Sextoy doit bien évidemment aussi vous assumer. Un mec qui vous cache, c’est louche. Alors ok, on ne crie pas sous les toits que oui effectivement ce mec est une bombe au lit (même s’il ne paye pas de mine comme ça, pas envie de partager) et que c’est la rumba dans votre chambre un soir sur deux (jamais tous les soirs !!), mais bon, il ne faut pas avoir honte. Cherchez à comprendre le pourquoi il refuse de le dire: copine officielle ? il vous trouve trop moche pour lui ? ses potes vous trouvent conne ? Virez le ! Il ne vous respecte pas. Si c’est une question de milieu et de ragotages, ça se comprend déjà mieux: autant éviter de passer pour une trainée qui s’envoie en l’air juste pour le plaisir.

Le Sextoy doit être disponible. Pas à chaque fois que vous lui envoyez un SMS, non, mais au moins quelques soirs par semaine, ou du moins suffisemment pour contenter votre (et sa) libido et entretenir une certaine hygiène de vie. S’il vous oppose plusieurs refus, inquiétez vous. A l’inverse, vous devez vous aussi pouvoir répondre à ses demandes. Apprenez à reconnaitre le fameux signe du texto « kess’tuf ? » ou en français -presque- correct: « tu fais quoi ce soir ?« , qui annonce l’envie du Sextoy de finir sa soirée (vers 23 heures minuit)  dans votre lit.

Dernier point: le Sextoy a une durée de vie limitée. Il y a un jour, en effet, où l’intérêt s’étiole. Baser une relation juste sur du C, c’est assez difficile. On finit par se lasser, même si le Sextoy, à force de nuits passées, est devenu un bon copain, on reste limité. Il est donc temps, à un moment où à un autre, d’arrêter. L’impulsion peut venir du Sextoy, qui décide qu’il a envie d’un truc « sérieux », ou de vous, qui rencontrez quelqu’un d’intéressant.

Quelque soit la raison, il ne faut pas pleurer. Le Sextoy est là, on se recroise, on se dit bonjour ça va, et il reste le souvenir de bons moments partagés. Si le Sextoy a bien rempli son rôle, il nous aura aidé à traverser une période de vide, à passer à autre chose après une relation, voire à découvrir des nouveaux aspects de votre sexualité. Il devrait aussi conserver le respect qu’il a eu pour vous jusque là (càd ne pas aller vous trasher et répandre vos désirs sexuels les plus intimes parmi votre entourage commun – ou non).

Alors evidemment, il y a parfois quelques écarts à ces bons fondements. Oui, le Sextoy peut venir seulement dormir chez vous. Oui, un soir où, complètement bourré, il vous appelle pour vous demander asile (chez lui c’est à l’autre bout de la ville, et non il n’est pas en état), vous pouvez l’héberger, même si il n’y a plus rien de sexuel entre vous depuis un mois, et qu’il décide soudainement d’aller vomir en reveillant toute la coloc (à ce point vous le laissez se démerder, hin, on offre déjà le lit, faut pas pousser non plus). Vous pourrez, au réveil, lui rappeler pourquoi il s’est reveillé dans votre lit, et que non, il ne s’est rien passé à part son tapage nocturne. Vous avez au passage un petit rappel de sa tête du réveil, et un tas de raisons de ne plus le trouver sexy du tout.

Voilà. Je termine ici ce post, en rappelant à toutes les demoiselles qui me liront les mots clés d’un bon Sextoy: efficacité, discrétion, disponibilité, respect. Tant que vous modérez vos ardeurs sentimentales, vous éviterez toutes prises de tête inutiles et pourrez continuer à profiter de ses compétences.