Au quotidien

la maladresse

jean coutu

Ya des gens dans la vie, qui sont doués de leurs mains.

Spoiler : c’est pas mon cas.

Comme le disait si bien la grande philosophe Florence Foresti, « dans la vie, on peut pas être doué en tout : ya des gens qui sont doués en amour, moi je suis douée en orthographe ». Je sais pas en quoi je suis douée (je veux dire, à part pour corriger les fautes d’orthographe des autres, procrastiner, adopter des chats et avoir des emmerdes de visa), mais je sais pour sûr que je suis pas douée avec mes dix doigts (et les autres extrémités qui viennent avec mon corps) (dit comme ça, j’ai de la chance de pas être un mec…). Je suis ce qu’on appelle maladroite. Dans d’autres termes, mon père parle plutôt de ma « délicatesse légendaire », référence à ma façon (délicate, donc) de servir un plat ou de l’eau ou autre truc relativement lourd qui me donne l’air d’une une vache en train d’essayer de se servir de couverts. Je casse rien, notez, je suis plutôt bonne à ça, ma spécialité à moi, c’est les (faux) mouvements, et me blesser sans faire exprès.

Je suis le genre qui se penche pour attraper un truc de l’autre côté de la table et paf, le mug de thé et la tasse de café ont repeint la cuisine (encore une fois, pas de casse). Le genre qui essaye de changer de position dans un câlin qui a un peu dérapé et merde, l’autre se retrouve avec un oeil en moins (j’ai encore émasculé personne, mais c’est parfois pas passé loin). Le genre qui a régulièrement des bleus sortis de nulle part, des égratignures, griffures, blessures, hématomes, et autres joyeusetés dont je suis bien souvent incapable d’expliquer comment elles sont arrivées là.

Cette semaine, j’étais pas mal dans mon genre. Je sais plus exactement comment j’en suis arrivée là, mais je me suis retrouvée vendredi avec quelques bleus sur les jambes (mon vélo), des égratignures (porter des briques ça grafigne), deux pansements au pied (je me suis ouvert un orteil en me cognant contre une valise – ça coupe ces bêtes là, et j’ai marché sur un marteau – merci mon chum bricoleur), une coupure à la main (les barbecues, c’est chiant à monter), une brûlure sur le poignet (l’huile chaude, ça saute), un hématome au creux du coude (pas ma faute celui ci, je réagis mal aux prises de sang) et une belle bosse sur le front (c’est à dire que la porte du placard au dessus de la laveuse était ouverte, et ça fait mal).

bleu

Je trouvais ça drôle. Je faisais des petites jokes sur Twitter, et sur Facebook je m’amusais à faire la liste de tous les trucs qui s’étaient passés dans les jours précédents.

fb

Mon chum m’a dit que je m’étais jinxée moi-même, pis je crois qu’il a raison. Samedi soir, je rentre et je me mets à cuisiner (rappelez vous, j’ai un blog cuisine – quand je prends le temps d’y poster mes recettes). Un filet mignon de porc, grillé à la poêle, puis finir la cuisson au four. Je grille, j’enfourne, je ressors la poêle. Je gère. Je prépare une planche à découper, un couteau, je me retourne et j’attrape la poêle pour sortir la viande.

J’attrape la poêle. Qui sort du four. À main nue.

Voilà.

Trois minutes plus tard Dany entre dans la cuisine et me voit la main sous le robinet, comprend pas (j’ai pas crié ni rien tsé, les soirs où t’as juste envie de pleurer tellement tu te sens ridicule et nulle et pas douée), et se fait envoyer chier (le pauvre) (je suis horrible dans la douleur) (pas seulement dans la douleur, en fait, c’est un garçon courageux) (sûrement une qualité qui se développe après avoir survécu à 28 hivers québécois). Une heure trente plus tard j’ai toujours ma main dans un saladier d’eau, mon chum adorable et pas rancunier est allé jusqu’à une pharmacie d’urgence me chercher des bandes spéciales brûlures, et on improvise un bandage de fortune.

Faque. Pour la fin de semaine, j’ai gagné une main de Mickey.

main bandage

(note : le bandage sur la photo a été réalisé par une professionnelle. ne tentez pas de reproduire ça chez vous)

Ça s’arrêterait là si ça pouvait. Sauf que non. L’ironie dans l’histoire, c’est que le lundi matin, je commençais une formation. En massothérapie.

(note : si tu comprends rien c’est normal, j’ai beaucoup trop d’articles en retard, je sais.)

Bah tu sais quoi ? Je me suis pas pire débrouillée avec une seule main pendant trois jours. Mais masser avec un gant, c’est VRAIMENT pas pratique.

Au quotidien

home sweet home

Pour changer un peu de mes posts psycho sociologiques de ces derniers temps, j’avais envie de vous proposer un petit tour du propriétaire: mon chez moi (enfin le chez nous, puisqu’on partage le loyer avec le Garçon ;))

Au passage, je fais mumuse avec de nouvelles applis de « retouche » photo, j’avais une appli simple et gratuite qui faisait des Polaroids (Polarize) qui refuse de fonctionner, j’ai donc cherché d’autres solutions et atterris sur Hipstamatic… j’avoue ne pas être encore très convaincue (rien que le fait de ne pas pouvoir retoucher des photos déjà prises, c’est nul), mais bon. Si vous avez d’autres propositions, je prends !

Chroniques

femme d’intérieur

Depuis quelques semaines, il m’arrive un truc assez flippant. Enfin, je dis assez, c’est un euphémisme (mot qui m’aura demandé 32 minutes de réflexion pour le retrouver, NDLA). C’est à dire que c’est vraiment flippant. Comme quand j’ai réalisé que j’étais devenue un couple, tu vois. Le genre de prise de conscience qui te fait bloquer 10 minutes sur ta condition de fille qui s’était pourtant toujours dit que non, elle serait pas une vraie fille.

Oui petit lecteur. Je t’ai parlé de mes exploits en cuisine. De mon emménagement. Et de mon évier d’angle. Et bien ceci n’étaient que les prémices de cette évolution, dont il a bien fallu que j’assume les conséquences.

Depuis que j’habite dans mon nouvel appart, je suis devenue une femme d’intérieur.

femme-dinterieurfaudrait que je change de coiffure, cela dit…

Femme d’intérieur, oui oui. Ambiance maniaco compulsive, cuisine, tablier à carreaux et éponge à portée de bras. C’est que (je l’ai déjà dit), ma cuisine donnerait envie à n’importe qui de cuisiner. Mais pas seulement. Elle est grande. Elle est belle. Elle est lumineuse. Et rien que pour ça, j’ai envie d’y passer du temps. Alors je trouve des excuses.

Quand je ne cuisine pas, je la nettoie. Je passe avec amour et tendresse un coup de pschitt sur les plaques vitro céramique. Je range les fruits dans une corbeille à fruits et le thé dans des boites à thé. Et puis je répartis les aliments dans mon frigo. Histoire que ça ait l’air plus rempli (j’ai un super grand frigo, ça fait tout vide si on range ça version mini frigo d’étudiante Tétris tout esquiché, vois tu). Je prépare de la ratatouille. Et c’est limite si j’ai pas envie d’aider le Garçon dans la préparation de la compote.

C’est dire que j’y passe du temps.

Heureusement que c’est une cuisine ouverte (Américaine, on dit), sinon je te raconte pas, vive la vie de couple et la communication. Là, c’est top, je peux discuter avec lui depuis mon antre, pendant qu’il fixe les tableaux au mur et joue à Mario. Un tableau idyllique de petit couple modèle, isn’t it ? J’en viens même à préparer des petits plateaux apéro, avec tartines grillées/Saint Môret et radis.

Ca pourrait sembler idéal, mais la réalité c’est que plus le temps passe, moins je me lasse. Et ça devient grave. Après le cuit vapeur, j’ai acheté un tablier. J’ai décidé de dévaliser Picard et de me mettre à faire la cuisine pour de bon. Après la quiche lorraine, c’est un filet mignon qui attend son tour dans le congélo. Et je cherche à tout prix à inviter des gens pour trouver l’excuse de cuisiner.

Résultat: en parlant du Garçon,  c’est comme si il n’osait plus mettre les pieds dans la cuisine. J’ai beau justifier sa non présence derrière les fourneaux par l’abus d’oignons* dans ses recettes fétiches, l’illusion ne tient plus. C’est que c’est lui qui avait vu le potentiel du lieu. Et c’est moi qui y ait installé mes quartiers (à ma hauteur dans les placards, qui plus est).

Je crois que j’ai besoin d’aide. La monomanie compulsive a beau être de famille, ma mère n’a jamais montré d’obsession pour sa cuisine. Et ça ne justifie pas tout. Le Garçon commence à rager de devoir garder le canapé pendant que je noie d’ail et d’herbes de Provence mes courgettes et aubergines fraichement découpées. Je crains qu’il ne montre les dents, un de ces jours, à force de se contenter du découpage d’oignons et de charcuterie (les trucs avec des couteaux très pointus, je lui laisse).

Il faut une solution. Car ça commence à s’étendre dans le salon. Depuis quelques jours, je me mets à faire la poussière. Et arranger les coussins sur le canapé.

Il faut que je m’inscrive aux FIA. Les Femmes d’Intérieur Anonymes. Avant que ça ne devienne incontrôlable… Et si ce n’est pas pour moi… soyons solidaires ! Il faut sauver le Garçon de l’invasion !

Sinon, il reste une dernière solution pour sauver mon couple…

soubretteça.
*L’oignon est un ingrédient qui devrait ne pas exister dans la nourriture humaine. Je veux dire, ça pique les yeux, ça pue et c’est pas bon. Après quoi tu digères ça pendant trois jours. Gros fail de l’omnivore que nous sommes, donc.
Au quotidien

jf ch. cusin. bg contre h. repass.

Soir de semaine, je rentre de MonJob. Arrivée dans mon 15m², il est l’heure de manger (oui il parait que ça se fait, de manger le soir), et là, c’est le drame, la question existentielle quotidienne (ou du moins occasionnelle): que manger ?

Resituons l’action. Je ne rentre plus très souvent manger chez moi. Un coup c’est un verre avec des coupains, un coup un resto avec d’autres, un ciné, du shopping, une soirée. Et tout ça sans préavis, sans agenda. Je limite donc les courses à des denrées non périssables, et le strict minimum vital du petit dej (pain de mie, beurre, confiture). Sauf que voilà, un frigo vide avec au choix des pâtes, des oeufs et du fromage, ça inspire moyen pour trouver quoi manger. Surtout que les beaux jours revenant, il fait bof de manger des pâtes et du riz tous les soirs.

Mes repas du soir se terminent donc invariablement par un assortiment radis/tartine de fromage/yaourt, ou pâtes/oeufs brouillés/parmesan/compote.

Voilà donc mon dilemme. D’un côté, cette absence de vrais repas qui me permet d’économiser sur mon budget bouffe, (mais je compense en restos…) et  de suivre un « régime » (car il est bien connu que manger light le soir, c’est mieux). De l’autre, un monorégime pas dissocié, des trucs périmés dans mon frigo (je viens de manger un yaourt du 28 mai, si je ne blogue plus dans les jours à venir ne vous étonnez pas, c’est que la salmonelle aura eu raison de moi), et une flemme aigue de cuisiner.

Il FAUT faire quelque chose.

J’ai donc réfléchi à une solution.

Premier constat: j’ai la flemme de cuisiner parce que je mange toute seule. Il me faut donc quelqu’un avec qui manger.

Deuxième constat: je n’ai pas l’inspiration/la motivation pour cuisiner. Il me faut donc quelqu’un qui cuisine à ma place.

Résumé: je dois trouver un(e) cuisinièr(e) qui me tienne compagnie.

Problème: il faut monnayer ce genre de « service », et je suis une stagiaire fauchée.Je dois donc trouver une monnaie d’échange de service à service.

Analyse: qu’est ce que je sais faire qui puisse être échangé contre de la cuisine et de la compagnie ?

(je vous vois déjà venir avec vos idées tordues… mais non)

Première idée: des trucs de filles, ménage, repassage, vaisselle.

Sauf que ménage berk, et vaisselle, ça abîme ma manucure. Reste donc le repassage (si ma mère lisait mon blog… ). Sauf que les autres filles savent faire ce genre de choses.

Solution finale: JF (moi) cherche cuisinier (pour la cuisine) BoGoss (pour la compagnie) contre heures de repassage (c’est bien connu que les certains mecs ne savent pas repasser)

CQFD