Voyages

Corse #2: Bastia et le Cap Corse

Une semaine que je suis rentrée de Corse… déjà ! Et je n’ai même pas commencé à vous raconter mon séjour. Fail, non ?

Nous sommes donc arrivés à l’aéroport de Bastia-Poretta (après quelques péripéties à Paris avec les Cars AirFrance qui sont que des gros cons débiles…) en milieu de matinée. Le temps de récupérer notre voiture de location et nous voici partis vers Bastia (l’aéroport est à une vingtaine de kilomètres au sud).

Arrivés à Bastia, nous trouvons très rapidement une place (je précise que ce n’est pas possible en pleine saison – en fait on va partir du principe que tout ce que nous avons fait en voiture est beaucoup plus galère en été…). Direction le port pour déjeuner, en passant par les petites rues de la vieille ville. Très vite, le style architectural Corse s’impose: de grandes maisons à cinq voire huit étages, petites fenêtres et persiennes, bars qu’on dirait tout droit sortis des années 70, grands platanes. Les bâtisses rénovées et colorées côtoient des murs décrépis où poussent des plantes. Entre deux toits, un clocher aux formes inhabituelles.

Sur le port, après avoir tourné pendant 15 minutes à la recherche d’un resto conseillé par Gazelle, nous abandonnons la quête pour un espèce de truc à touristes dont je tairai le nom pour le bien être collectif. Quant aux « Terrasses du Port », pas moyen de mettre la main/l’oeil dessus. Tant pis. Après une salade loin d’être top, direction la Citadelle où nous dégustons une (bonne glace) pour rattraper la catastrophe du midi.

14h30 retour à la voiture. Nous devons rejoindre l’Ile Rousse où est notre hôtel, et avons décidé de faire un détour par le Cap Corse – un coin que je ne connais absolument pas. Dès la sortie de Bastia vers le Nord, l’ambiance change. Entre la mer bleue turquoise et la route on entrevoit d’énormes propriétés – portail en bois, interphone, piscines. Le Routard nous raconte que le Cap Corse est une contrée de marins, qui après avoir voyagé et s’être expatriés dans le monde entier sont revenus construire des petits « palais » dans leur région d’origine. Nous croisons en effet quelques maisons aux allures de résidences secondaires du début du XXe siècle, qui dénotent avec l’architecture Corse.

Après quelques kilomètres, les constructions se raréfient. On attaque une zone plus sauvage, en contrebas de la route ce sont des rochers plongeant dans une mer turquoise, tandis que se dessinent, dans l’intérieur des terres, quelques montagnes (le point culminant du Cap Corse est à 1300m…). Au détour d’un virage, une vallée au fond de laquelle se cache un petit village, une plage de sable gris: cela s’appelle une « marine », ces plages formées par l’arrivée d’une rivière dans la mer. Enfin, à l’Est, on aperçoit l’Ile d’Elbe et d’autres îles italiennes.

Santa Severa, c’est le moment de quitter la côté pour nous enfoncer dans les terres. Très vite, nous nous retrouvons dans une zone très boisée, très verte. Au fond de la vallée des oliviers millénaires (je n’exagère pas ils étaient énormes) côtoient des chênes lièges. La route monte ensuite dans une forêt plus dense, direction la Bocca (col) de Santa Lucia où nous nous arrêtons pour une petite promenade improvisée.

De l’autre côté, le relief est beaucoup plus accidenté. L’Ouest du Cap Corse est une zone abrupte, là où la route de l’Est se promenait tranquillement – et largement au bord de l’eau, la route Ouest est d’un autre niveau. Virages serrés, route étroite perchée au dessus des chênes, on espère à certains endroits ne pas y croiser de voiture en face. Après un passage imprévu (merci la copilote) par une départementale à peine carrossable nous voici au dessus de la mer, et tout à coup le paysage qui s’étale sous nos yeux est sublime. Des roches qui tombent, abruptes, dans la mer – en bas des falaises, l’écume et l’eau bleu marine. Cette route qui serpente entre l’eau et la terre, et au détour d’une courbe, un village, accroché on ne sait comment à la paroi montagneuse. En contrebas, une immense plage de galets, et lorsque le regard porte vers le Sud, le reste de l’île dont on perçoit les reliefs – les montagnes et sommets.

Nous nous sommes arrêtés dans ce village, Nonza, un de ceux qui font se demander ce qui a poussé des hommes à s’installer là, dans cet endroit hostile si loin de tout – et l’évidence de la réponse, le paysage sublime, le calme – un bout de paradis. Sur une petite place, un bar à ciel ouvert, une glycine énorme. Un vieil homme se fait photographier par une anglaise – je peux vous prendre en photo ? moi ? ah ? son chien à côté, et l’église colorée qui regarde la mer.

Il y a aussi cette immense mine d’amiante, abandonnée, dont les résidus laissent une large blessure dans le flanc de la montagne. On la voit encore des kilomètres plus tard, fente argentée dans le vert du maquis, coulée grise sur les rochers. Et ces rochers étranges, qu’on croise au bord de la route, comme des formes trouées, fantomatiques. On devine à nos pieds d’autres roches du même acabit, sortes de grottes étranges et déformées par le ressac et les courants.

Encore quelques kilomètres, quelques marines aux plages de galets gris, et nous atteignons l’Ile, la vraie, et la civilisation. Saint Florent, et les domaines de Patrimonio, avant de réattaquer la zone pas si aride du Désert des Agriates. Au loin on devine la route empruntée sur le Cap Corse, et on voit même nettement la plaie béante de la mine d’amiante. L’Ile Rousse, nous voilà…

Mon post a du vous le faire sentir, je suis tombée sous le charme – ou plutôt j’ai pris une claque – de la beauté du Cap Corse, et plus particulièrement cette côte Ouest.

Cela fait partie des choses que j’aime particulièrement à propos de la Corse. Rien n’est « à moitié ». Rien n’est modéré. Même la nature – qui a forgé le caractère des habitants – fait preuve d’extrême, dans sa beauté, sa dureté aussi, sans pourtant être extravagante. Il y a une sorte de sécheresse dans les reliefs Corses, quelque chose de brutal et pourtant de sublime. Des roches aux couleurs changeantes, un maquis sec et pourtant très riche – fleuri de mille couleurs au moment où nous y étions. Une montagne parfois plus dangereuse que nos Alpes, moins accessible aussi. Et puis au milieu, une plage de sable fin, des couleurs, des odeurs.

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6 Comments

  1. Purée c’est beau c’est beau, je veux y revenir! Tu n’as pas trouvé les Terrasses du vieux port? Pourtant j’aurais juré que la photo du port de Bastia avec la pointe du bateau, je connais (y’avait pas des bancs en pierre juste derrière), parce que t’étais pas loin (ou tu crois qu’ils ont disparus? Pouf comme ça?!).

    la suite la suite 🙂 🙂 🙂

    (Saint Florent, Patrimonio ahhhhhhhhh) (Quoi que j’ai pas trop profité de ces deux derniers, j’étais maladeuhhhh, mais c’est chouette quand même). Bon la suite j’ai dit :p

  2. EN lisant ton post, j’ai cru revivre ma propre découverte de ce cap Corse tan nos sentiments et impressions sont similaires. Au fait, je n’avais pas souvenir que l’on apercevait l’île d’Elbe au loin…

  3. @Gazelle non mais ce resto est un mystère, sur Google Map il était bien indiqué en face de ces bateaux et auxune trace… en plus Emmanuel m’a aussi donné cette adresse, alors qu’il y est retourné après. trop bizarre !

    @LadyMilonguera pour l’Ile d’Elbe et les autres en fait j’ai été très étonnée en voyant ces îles en arrivant je pensais pas que c’était si près (j’étais jamais arrivée en avion) du coup j’ai regardé sur google map pour savoir de quelles îles il s’agissait, puis du Cap Corse… pour être honnête j’ai rarement été côté Est en Corse. et on avait un temps très dégagé, ceci explique peut être cela !

  4. Je vais me répéter mais elles sont chouettes tes photos 😉
    C’est impressionnant de voir ces plages aussi vides.
    Pour le reste comme tu nous en a parlé la semaine dernière…

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