Intime & Réflexions

indélébile

Parmi les décisions que j’ai prises ces derniers mois, et qui ont (entre autres) été motivées par ma rupture, je me suis faite tatouer. Je ne pensais pas en parler ici, mais avec le recul (et les 12 000 questions auxquelles j’ai eu droit sur le sujet), je me suis dit que ça pouvait peut être intéresser certain(e)s de connaitre ma démarche. Et vu que le tatouage est devenu un truc « facheune », il y a peut être certaines choses qui me semblent juste ultra importantes quand on prend ce genre de décision et que j’aimerais partager ici…

Je précise par avance que tout ce que je raconterai ici est mon point de vue, qu’on peut ne pas partager, mais je vous invite à venir en discuter ce sera toujours l’occasion d’échanger sur le sujet !

NB: Pardon pour l’article de plus de 2000 mots.

Un tatouage, c’est pour la vie

La première des choses auxquelles il faut penser, c’est qu’un tatouage, c’est pour la vie. Contrairement à un piercing, une coupe/couleur de cheveux, ou la plupart des transformations physiques qu’on peut faire pour des raisons esthétiques, il est très difficile d’enlever un tatouage. Les méthodes actuelles de retrait au laser sont extrêmement chères, relativement douloureuses, et surtout laissent des cicatrices. Visibles. Le tatouage vieillit avec vous, avec votre peau, votre personnalité, comme une cicatrice, on vit avec toute sa vie. Alors on peut toujours le faire recouvrir, mais c’est une autre démarche – et ça rajoute encore une couche de tatouage au lieu de tout effacer.

La décision de se faire tatouer n’est donc pas à prendre à la légère. Le coup de se faire un tatouage sur un coup de tête est une stupidité sans nom. En bref, il faut y réfléchir, au dessin comme à l’endroit où on le fera, et bien sûr aux conséquences éventuelles du tatouage.

C’est sur cette première base qu’il faut – je crois – partir pour parler de tatouage. Car celui ci fait partie de soi, complètement. Il faut l’apprivoiser, l’aimer, l’absorber, l’assumer et ne pas regretter.

Un tatouage, pourquoi ?

A mon sens, un tatouage n’est pas une chose « purement » esthétique. Il est très possible qu’il y ait des désaccords sur ce point, mais c’est mon point de vue. L’origine du tatouage est tribale. Chez certaines ethnies on tatoue lors du passage à l’âge adulte, lors d’un évènement marquant, pour des « rites de passages ». Il y a bien sûr un aspect esthétique, mais tout a un sens. Dans certains pays, le tatouage symbolise l’appartenance à un gang. Chez les Japonais, les tatouages renvoient à l’univers des yakuza, la mafia japonaise.

En 2013, le tatouage s’est démocratisé (du moins en Occident), et j’ai l’impression qu’on a oublié l’origine du tatouage pour n’en faire qu’un simple « ornement » branchouille. Il y a eu la mode des tribals, la mode des tatouages au bas des reins, les étoiles dans la nuque/sur les poignets, les oiseaux… Bref, on se tatoue parce que la copine l’a fait, que Rihanna aussi, que c’est trop bien wéé. Je trouve cette approche un peu triste, même si je suis ravie que les gens tatoués ne soient plus (moins) perçus (du moins par notre génération) comme des marginaux, obligés de vivre hors de la société « classique ».

Le tatouage est donc pour moi toujours lié à cette idée de « rite de passage », d’évènement marquant, de symbolique. Un tatouage, c’est une cicatrice. La trace visible d’une marque intérieure, une blessure, un évènement important, une part de nous, quelque chose qu’on veut marquer pour se rappeler être et avoir vécu. Parce que ces choses intérieures, ces évènements de nos vies nous marquent autant – sinon plus – qu’un accident physique qui laisserait une trace sur notre peau.

J’ai fait mon premier tatouage à 18 ans. J’en rêvais depuis des années, je savais exactement ce que je voulais, où et pourquoi. Ce premier tatouage a été le moyen pour moi de marquer le passage à autre chose, sans oublier ce que j’avais été, ce que j’avais vécu. Alors ça peut sembler ridicule de dire ça à 18 ans, mais c’était comme ça et je n’ai jamais eu de regret. Ce tatouage est devenu une partie de moi, comme une tâche de naissance ou un grain de beauté. J’ai mis 8 ans à faire le deuxième. Non pas que je n’ai pas eu envie d’en refaire un avant, mais je n’avais pas ressenti le besoin de marquer ma peau. J’ai vécu des choses importantes, oui, mais rien qui ne me fasse dire « c’est le moment, je sais ce que je veux, pourquoi, comment ». Alors j’attendais l’évidence, ce moment où je saurais.

Lorsque le Garçon et moi nous sommes séparés, j’ai pris de nombreuses décisions. Toutes semblaient guidées par une urgence nécessaire, celle d’aller de l’avant. Partir à Montréal, et me faire tatouer sont les plus importantes. Il a soudain été clair pour moi que c’était maintenant, pas pour marquer cette rupture, non, mais pour marquer ce que j’étais, pour inscrire ce quelque chose en moi qui avait évolué depuis ce premier tatouage, pour dessiner sur ma peau cet avenir, aussi.

Le dessin…

Mon premier tatouage avait été le fruit d’une évidence. Un surnom donné au lycée par mes amis, une double signification, et tout ce que ça amenait derrière. J’ai trouvé d’autres symboles plus tard, comme le temps passait, comme si en devenant mien mon tatouage continuait à s’exprimer.

Ce deuxième tatouage devait aussi avoir sa symbolique, mais je le voulais plus esthétique, et pas un simple dessin. Lorsque j’ai pris rendez vous pour la première fois, je n’avais pas vraiment d’idée. J’ai échangé, discuté avec ma tatoueuse, pour essayer de définir ce que je voulais. Peu de choses m’importaient, une phrase qui trouvait sens à être inscrite sur ma peau, que ce soit sur le dos, et éventuellement qu’il intègre mon ancien tatouage sans le recouvrir, comme une évolution.

Un peu plus d’un mois a passé entre ce premier rendez vous et le jour du tatouage. Entre temps, j’ai voyagé à Montréal, j’ai fouillé un peu internet à la recherche d’autres styles de tatouages qui me plaisaient, et échangé avec ma tatoueuse. Très vite nous sommes toutes les deux parties sur une idée assez semblable, et en quelques échanges, la base était fixée. Durant ce mois, j’avais aussi pris conscience de plusieurs choses: je voulais quelque chose d’étendu, pas un simple dessin dans un coin, et je voulais quelque chose de visible, tout en étant discret, doux, léger. Je voulais que ça se voie, contrairement au premier qui relevait de l’intime, je voulais dire au monde « oui, j’ai un tatouage, ça fait partie de moi », et surtout j’étais prête à l’assumer.

A ce stade je fais une petite parenthèse pour revenir sur la question du tatouage visible. Si le tattoo est devenu mainstream, il est sûr que c’est compliqué – voire impossible – d’afficher des avant bras ou un cou tatoué dans certains métiers. J’ai la chance de travailler dans un domaine assez ouvert sur le sujet de l’apparence (je crois), dans lequel je ne suis pas en contact direct avec la clientèle, du moins pas que ce soit gênant. Il est évident que si j’avais travaillé (par exemple) en banque j’aurais limité la surface du tatouage à des zones facilement « habillées ». C’est un vrai point à prendre en compte pour le choix de l’endroit où on se fait tatouer, même si on peut se dire « fuck le système », on ne peut pas se permettre de dire ça dans une société où pointent 6 millions de chômeurs. Dans le cas où on choisirait la voie du tatouage intégral, il faut pouvoir assumer derrière la vie et les regards qui vont avec…

Nous avons validé le dessin définitif le jour du tatouage, en dessinant directement sur moi, et en adaptant au feeling, en fonction de l’inspiration. Je suis vraiment contente du résultat. J’ai aimé ce principe d’improvisation aussi, car ça a permis d’apporter une touche « vivante », d’adapter le dessin à mon corps directement.

Je vous « rassure » tout de suite, à me lire comme ça on dirait que j’ai fait un truc énorme. C’est étendu, mais ce n’est pas « gros », loin de là. Je ne mettrai pas ici de photo « intégrale » de mon tatouage d’abord parce qu’il est impossible à prendre en photo dans son intégralité, et aussi parce que c’est intime. Il est visible, oui, mais pour le voir « en entier » il faut que je sois nue, c’est donc relativement personnel – et ce fait est voulu. J’aime le principe qu’il ne soit pas visible en entier par tout le monde, qu’on devine des parties lorsque je suis habillée sans pouvoir voir l’ensemble.

A ce sujet encore une chose. Les gens, c’est pas parce qu’on a fait un tatouage et qu’on en parle que c’est public. Beaucoup de gens m’ont demandé de voir, je trouve ça limite déplacé. Quelques personnes de mon entourage l’ont vu, parce que ce sont des personnes proches, mais je ne comprends pas ce principe de curiosité maladive des gens lorsqu’on leur parle d’un tatouage. C’est intime, on choisit ou non de le montrer, même si on en parle librement !

Ca fait un mois et demi. J’ai apprivoisé, doucement mais sûrement ce dessin sur ma peau. Je ne peux pas le voir en entier, mais ça me va, au contraire. On m’a souvent demandé la signification, le pourquoi du comment, et comme pour le premier, il semble qu’il y ait des choses nouvelles qui s’en dégagent au fur et à mesure qu’il s’intègre à moi, et que ce dessin fasse toujours plus sens chaque jour qui passe. J’avoue, je pense déjà au prochain, mais comme pour celui ci, j’attendrais le bon moment.

Pour les aspects pratiques…

Je me suis faite tatouer à Bordeaux, chez Bodyfikation. La Gueuse, la tatoueuse qui s’est occupée de moi est très pro, et vraiment cool, s’est adaptée à mes obligations (je quittais Bordeaux fin Novembre). Il y a eu un mois et demi entre le premier RDV et le jour du tatouage, mais ça peut être entre 2 et 3 mois, voire plus selon le tatoueur et la demande. C’est bien je trouve, ça laisse le temps de réfléchir au dessin, de le travailler ensemble (le métier du tatoueur est aussi de dessiner), de mieux définir ce qu’on veut. Un tatoueur qui accepterait de tatouer sur le moment (genre tu rentres dans sa boutique « bonjour je veux un dragon sur le pied ») n’est à mon sens pas pro. C’est un peu ce que j’avais eu la première fois, et le dessin est franchement bâclé.

Concernant les prix, c’est difficile de dire. Certains tatoueurs sont hors de prix, et ce n’est pas forcément les meilleurs. J’ai pour ma part payé 250€ pour 2h30 de tatouage + le dessin, au total un RDV de 3h30 à quoi s’ajoute le temps passé en amont sur le dessin (pas trop long dans mon cas). Le tarif est en général lié au temps de travail, et donc forcément à la surface à tatouer et à la complexité du dessin. La couleur n’est pas un facteur qui doit changer le prix par exemple.

Est ce que ça fait mal ? Oui. J’avais pratiquement rien senti pour le premier (20 minutes à l’arrache, tout s’explique), j’ai vraiment morflé sur celui là. Il y a bien sûr des zones plus sensibles que d’autres, et la résistance à la douleur baisse avec le temps passé sur le tatouage, mais c’est une chose à prendre en compte. Pas pour vous dégoûter d’en faire un, mais plus comme faisant partie intégrante du rite de passage (ou j’insiste avec mes symboliques). Je crois aussi que cette douleur est importante, et permet de prendre le tatouage pour ce qu’il est, une blessure de la peau, une marque indélébile.

Pour décrire la douleur… Imaginez que vous vous égratignez sur une ronce, ou que vous êtes (bien) griffé par un chat. Imaginez maintenant que le chat griffe plusieurs fois au même endroit, exactement, et repasse encore et encore. Voilà. C’est pas « profond » mais c’est très vite assez insupportable. Et très fatiguant pour le corps qui subit cette douleur et la tension qui en découle pendant un certain temps, même si la zone tatouée est large et que l’aiguille (et la douleur) se déplacent. Le lendemain, on est courbaturé, fatigué. J’avais l’impression d’avoir traversé un buisson d’épines. Heureusement, si on fait attention ça cicatrise vite (la cicatrisation dure entre une et deux semaines), et au bout de 3 jours on ne sent plus grand chose.

Que dire d’autre… Je crois que j’ai fait le tour. J’espère que mon expérience aura été intéressante et vous aura donné quelques informations sur le tatouage (et satisfait la curiosité éventuelle). J’aimerais terminer sur une phrase de Rodin, un ami tatoué (genre vraiment très tatoué), qui a posé pour le très chouette projet The Tattoorialist et qui a expliqué que « les tatouages l’ont aidé à devenir lui même. Il se sent protégé, car les dessins le cachent et protègent aux yeux des curieux » (traduction approximative, pardon). Je suis loin d’être à son stade de tatouage (et je pense que je n’irai jamais jusque là même si je trouve ça magnifique), mais je comprends un peu sa démarche et son ressenti.

Et puisqu’on en parle, si vous aimez les tatouages, je vous (sur)conseille d’aller faire un tour sur The Tattoorialist, et de suivre son Instagram. C’est le projet d’un ami, qui a pris une très belle ampleur et qui j’espère va continuer sur cette voie ! (et puis qui sait si dans quelques mois on ne verra pas mon dos dessus… ;))

Edit: Vous pouvez aussi lire un article chez Siri qui partage sa réflexion sur le tatouage ici: sirisafari.fr/pensees/moi-et-le-tatouage/

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42 Comments

  1. Merci pour ton retour, cela me permet de me projeter car j’ai un projet de tatouage en tête, mais du mal à le concrétiser… le temps viendra.

  2. Amusant. J’ai fait mon 1er tatouage à 18 piges, dans un truc un peu foireux, en me disant que ce serait un genre de promesse de souvenir de ce que j’avais dans la tête à ce moment-là. J’ai fait le 2ème 8 ans plus tard, y’a 2 mois, parce que je sentais que c’était le moment. Ca accompagne une rupture et une installation à Londres. Et je voulais également que celui-ci soit visible.

    Bref, on doit être un certain nombre à se faire tatouer pour des raisons peu ou prou similaires 🙂

    1. Je pense qu’on est en effet nombreux à se faire tatouer à des périodes importantes de nos vies. J’espère que t’as pas regretté ton premier tattoo…

      1. Je ne peux pas le regretter, c’est un témoignage d’une époque, ça fait partie de moi. Et ça ne me rappelle rien de particulièrement douloureux que je pourrais éventuellement vouloir oublier un jour. C’est là, et puis c’est tout 🙂

  3. La mini photo de toi est géniale ! Concernant les tatouages, je suis un peu « sans opinion » pour les autres (je trouve quand même que ce faire tatouer parce que c’est « fashion » vraiment idiot…), mais sur moi, sur ma peau, je pense que je ne le ferais jamais (enfin, on sait jamais), car je trouve justement que ce n’est pas « moi ». Et puis aussi parce que… ça fait mal !

    1. La mini photo est issue d’un shooting tout récent 😉
      Mais comme tu dis c’est un truc vraiment personnel et il y a en effet des gens qui ne se sentent pas à l’aise avec le principe de transformation physique aussi

  4. Je me souviens de la première photo que tu as mise sur ton tatouage, une partie, une ligne, rouge car venant d’être tracée… Les réactions ont fusé et pas très positives car malheureusement, il n’y a pas eu de réflexion de la part des commentateurs…

    Mais je me souviens aussi avoir pensé « elle passe une étape ». C’est bizarre de se dire que je te connais (fréquente) vraiment depuis quoi, + de 2 ans et que pourtant, je peux comprendre cette envie, ce besoin comme tu dis.

    Moi j’ai eu la chance d’en voir un peu plus sur ton tatouage, même si pas tout (non les pervers, je ne l’ai pas vue nue !) et j’avoue que j’aime beaucoup. Je trouve effectivement que c’est toi, que c’est CETTE partie de toi que j’aime bien, plus cachée, plus complexe, et qui a pris un peu de coups ces derniers mois.

    Alors j’approuve miss ! Même si ce n’est pas l’objet de l’article (tu ne demandes pas notre consentement, manquerait plus que ça) 😉

    Bisou !
    Céline

    PS/ Si longtemps que j’ai envie de faire le mien mais pas passé à l’acte car j’attends aussi ce déclic… mais je pense qu’ayant récemment passé 2 étapes majeures dans ma vie, je le ferais quand je serais fier de ce corps, ce qui, j’espère, ne tardera plus ! <3

  5. Je rêve de me faire fair eun tatouage depuis 8 ans maintenant. J’avais même pris rendez vous et puis le jour J je me suis dégonflée par peur de la douleur. Peut être que maintenant que j’ai connu deux fois la douleur pendant l’accouchement, je pourrai y retourner

    1. Je pense que la douleur n’a rien à voir 🙂 Et puis une fois que c’est passé on oublie très vite et on a qu’une envie: y retourner. Comme un bébé tiens !

  6. Je suis vraiment d’accord avec tout ce que tu as dit et je trouve ta façon de le dire très jolie.
    J’ai fais le mien sur le poignet pour commémorer une perte, parce que j’avais peur qu’un jour j’oublie la personne. Alors du coup, j’ai eu ce besoin, comme tu dis de le marquer. Comme ça, quand je regarde, je n’oublie pas et ça me rappelle toutes les bonnes choses.
    Et je dois avouer que je pense déjà au deuxième, même si je pense que je vais attendre un peu.

    Le tien a Vraiment l’air joli, j’aime énormément l’association du bleu et du noir. 🙂

    1. Merci !
      Pour le bleu, à la base je voulais pas de couleur, c’est ma tatoueuse qui a proposé ça et je l’adore aussi. J’espère juste que ça vieillira bien car les couleurs ont tendance à se « diluer » plus facilement de ce qu’on m’a dit.

  7. Dommage , on ne voit pas bien le dessin qui a l’air très fin !
    J’ai souvent hésité à me faire un tout petit tatouage dans le bas du dos …
    2013 étant une année ou le changement de vie va être important , je vais peut être me lancer histoire de marquer cette nouvelle vie !

  8. Je pense que la curiosité est là parce que justement c’est quelque chose de fort, de « privé » 😉
    Pour ma part c’est pareil, je sais le motif que je veux, je sais ou, j’avais pris le rdv, j’ai annulé la veille, ce n’était pas encore le moment. J’espère qu’un jour, je sentirai que ce sera le moment et je me déciderai !

  9. J’y pense depuis longtemps mais j’hésite tellement que je me dis que cette hésitation mérite que je prolonge encore ma réflexion 🙂 en tous cas, très joli post qui me donne encore envie d’attendre pour faire le bon tattoo au bon moment!

  10. Je viens tout juste de me faire tatouer pour la premiere fois, il y a trois semaines aujourd’hui. Un oiseau-lyre a la Prevert au creux du poignet gauche, tatoue en Nlle Zelande par un tatoueur maori qui a ajoute sa patte a mon idee de base. J’ai attendu tres longtemps pour sauter ce pas, j’ai verse beaucoup de symboles, beaucoup de souvenirs dans ce petit bout de peau qui restera peint ma vie entiere. Et je sais que je recommencerai, quand ce sera le moment, oui, exactement. Et je sais que je ne regretterai ni celui-ci ni les prochains. Ils sont moi.
    Un truc qui me chiffonne par contre, tout comme toi, c’est ce besoin qu’ont les gens de « savoir ». Le mien se voit (surtout qu’avec les chaleurs qu’on subit en ce moment, il est difficile de porter des manches longues…) et je n’essaie pas de le cacher. Poour autant, sa signification est tres intime et je n’ai pas envie d’expliquer a chacun le pourquoi du comment…
    Ton tatouage a l’air magnifique, j’aime ces jeux de lignes et de couleurs qu’on devine.

    1. Ton tatouage a l’air très beau aussi, et l’avoir fait en Nouvelle Zélande doit aussi avoir une signification particulière 🙂
      On ne me demande pas trop la signification, mais c’est souvent le risque…

  11. Je suis d’accord avec toi dans l’ensemble, sauf pour l’idée du coup de tête… Tous mes tatouages ont été faits sur un coup de tête et je n’en regrette aucun, je crois que je les aime encore plus de jours en jours. D’ailleurs, quand je commence à trop réfléchir à un dessin/un endroit/une signification, je me mets à douter et à ne plus avoir envie de le faire. Mais c’est comme le tatouage en lui-même, c’est subjectif.

    1. C’est bien d’avoir un autre avis aussi ! Tant que tu l’assumes, c’est l’essentiel…et c’est que le « coup de tête » n’en est peut être pas un tant que ça , 😉

  12. Ce que tu aimes à 25 ans n’est pas forcement la même chose à 35 ou 40 ans. C’est pour cette raison que je ne me suis jamais fait tatouer. Et heureusement, je me souviens très bien de ce que je voulais faire quand j’en ai eu envie….

  13. Titulaire (euh, on va dire que ça se dit, ok?) de plusieurs tattoos, je ne peux qu’adhérer à ton article ! J’aime particulièrement cette notion de « marquer ce que je suis », et non pas marquer un évènement (dans ton cas, la rupture). Je compte écrire sur ce sujet sous peu, ça me trottais déjà dans la tête et tu m’as motivée :). Bon à présent j’arrête de flooder chaque article, promis, et je t’ajoutes dans mes favoris. J’adore ton blog.

  14. Ton article est très intéressant, pour l’avoir lu dans son intégralité je comprends tout à fait ta manière de voir les choses, je trouve dommage que le tatouage soit devenu si anodin. Je ne pense pas me faire tatouer un jour mais j’ai une idée de tatouage qui trotte dans ma tête depuis bien des mois, il se ferait à un endroit non visible (sur la taille en dessous de la poitrine mais sur le côte (je m’exprime mal haha) et se ferait à l’encre blanche pour donner un effet cicatrice que j’affectionne particulièrement). Je comprends le côté très intime du tatouage et cela me frustre un peu quand les gens exhibent leur énième triangle, ou leur énième fleur de coton qui s’envole pour faire des oiseaux (il est joli ce tatouage mais voilà trop vu, trop impersonnel surtout quand c’est à vie je trouve cela dommage).

    Je me ferais peut-être tatouer un jour qui sait mais tout comme toi j’attendrais un évènement précis, marquant et signifiant même si je sais très bien ce qu’il y aura écrit sur mon corps, peut-être j’attends aussi que cela passe de mode ! à voir 🙂 Je me sens originale à ne pas être tatouée haha !

  15. Haaa, quel bel article ! Je suis vraiment ravie de trouver quelqu’un qui parle de symbole et de cicatrice car c’est pour moi exactement ce que c’est.

    J’ai 2 tatouages qui sont la marque indélibile d’un sentiment, moment, évènement de ma vie.
    2 ans après le décès de ma mère, j’ai eu besoin de graver ma peau de peur d’oublier un jour (bien que ce ne soit pas possible on est d’accord…). C’est un petit coeur noir au creux du poignet. Après quelques années, j’ai eu besoin, envie aussi que ce petit coeur ne soit plus seul et j’ai fait mon second tatouage autour.
    Je suis telement d’accord avec toi lorsque tu parles de rites de passage, c’est après coup ce que je resens pour ma part.

    Je pense également que ce n’est pas la peur de la douleur qui fait hésiter les gens mais le fait de se marquer ad vitam aeternam. La douleur est loin d’être insurmontable mais le choix de son dessin et de son emplacement lui est primordial. Il faut du temps pour faire un bon tatouage.

    Merci encore pour cet atricle

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